Dans cet article, j’explore ce qui constitue un projet non capitalisable et certaines des caractéristiques uniques qui distinguent les projets capitalisables des projets non capitalisables.
Je m'appelle Mark Machin et je dirige une pratique de conseil au sein d’un grand cabinet canadien de services professionnels, conseillant des organisations et des collectivités sur des initiatives stratégiques et des projets.
Bien que mon travail porte principalement sur des projets d’investissement (projets capitalisables), il m’arrive d’apporter ma contribution à un plus large éventail de sujets, allant de la planification des infrastructures informatiques aux examens organisationnels et à la stratégie des effectifs.
Qu’est-ce qu’un projet capitalisable ?
Les projets capitalisables portent sur des éléments physiques — de la gestion de projets immobiliers et la transformation d’espaces communautaires, à la plantation de forêts ou la restauration de zones humides, ou à la création d’infrastructures dans le secteur pétrolier et gazier comme des pipelines, plateformes de forage ou raffineries. La grande majorité sont généralement des projets de construction.
Habituellement, ces types de projets s’étendent sur plusieurs années et les coûts sont capitalisés en actifs immobilisés corporels (les produits résultants) avec une durée de vie utile de plusieurs années. Consultez cet article sur la gestion des projets d’investissement pour approfondir le sujet !
Qu’est-ce qu’un projet non capitalisable ?
Dans le domaine de la gestion de projet, il existe une distinction nette entre les projets capitalisables et non capitalisables. Tandis que les premiers concernent principalement les activités de construction, les projets non capitalisables font référence à des projets dont les coûts ne sont pas capitalisés : ils ne sont pas traités comme des actifs immobilisés dans les états financiers.
Les projets non capitalisables couvrent un large éventail d’initiatives dans de nombreux secteurs, mettant l'accent sur l’efficacité, l'amélioration opérationnelle et le développement organisationnel sans nécessiter d’investissements en capital importants.
Ils visent généralement à rationaliser et améliorer les flux de travail, mettre en œuvre de nouvelles technologies (plutôt que de créer un nouveau produit technologique tangible), mener des activités de recherche et développement ou introduire des améliorations organisationnelles.
Les projets non capitalisables ont généralement pour objectif d’augmenter la productivité, de réduire les coûts, d’améliorer la satisfaction client ou de développer des solutions innovantes.
L’un des atouts des projets non capitalisables est leur capacité à apporter une valeur ajoutée importante sans nécessiter de lourds investissements financiers. Au lieu d’allouer des fonds à de nouvelles infrastructures ou équipements, les projets non capitalisables privilégient les ressources pour l’amélioration des processus, la formation des employés, les mises à niveau des systèmes ou l’étude de marché.
Néanmoins, les projets non capitalisables nécessitent aussi une bonne planification et une gestion de projet efficace. Et bien sûr, une excellente collaboration. Une compréhension fine des objectifs stratégiques de l’organisation est indispensable. Une analyse minutieuse et un engagement fort des parties prenantes sont également essentiels dans ces projets.
L’un des avantages majeurs des projets non capitalisables est leur flexibilité et leur capacité à s’adapter. Là où les projets capitalisables exigent une planification approfondie et des délais de déploiement longs, les projets non capitalisables peuvent être planifiés et réalisés rapidement et itérativement, souvent en adoptant des méthodologies alternatives telles qu’agile ou Scrum. Les dépenses associées aux projets non capitalisables sont généralement bien inférieures à celles des projets capitalisables.
Les projets non capitalisables offrent aussi aux organisations l’opportunité de favoriser une culture d’amélioration continue. En optimisant les ressources, processus et systèmes existants, les organisations développent un état d’esprit orienté vers l’innovation, l’efficacité et l’excellence opérationnelle.
Cette attention portée aux progrès incrémentaux et aux solutions rentables contribue à une stratégie de croissance durable et au succès à long terme.
Exemples de projets non capitalisables
Les projets d’investissement sont généralement bien compris. Cependant, les projets non capitalisables couvrent un éventail aussi large qu’intéressant. Voici des exemples concrets :
- Une campagne de marketing pour votre entreprise
- Amélioration d’un système de paiement des fournisseurs pour réduire les erreurs humaines, la perte de temps et les retards de paiement
- Un programme d’apprentissage et de développement pour les employés
- Une initiative d’engagement des bénévoles
- Un projet de transformation numérique
- Un projet d’amélioration de l’expérience client
Les projets non capitalisables forment un ensemble très diversifié. Ce que j’aime dans ces types de projets, c’est la variété de méthodologies de gestion de projet innovantes qui peuvent être employées pour leur planification et leur exécution. Voici d’autres particularités à connaître.
Vous trouverez quelques exemples de projets capitalisables ici.
5 différences clés entre projets capitalisables et non capitalisables

Les projets d’investissement et les projets non capitalisables diffèrent par leurs objectifs, leur coût, leur approche et leur « ressenti ». Bien que tous relèvent de la « gestion de projet », les chefs de projet en charge des projets non capitalisables ont besoin de compétences assez différentes, et peuvent éprouver une satisfaction professionnelle très différente avec ce type de missions. Découvrez-en plus sur les chefs de projet capital ici.
1. Focalisation financière
Les projets d’investissement mettent souvent l’accent avant tout sur l’investissement financier et le retour sur investissement.
Ces projets impliquent des budgets d’investissement conséquents et des dépenses en capital pour la construction, la rénovation et l’agrandissement (projets d’amélioration du capital, pour lesquels vous pouvez utiliser un logiciel de gestion de projet de restauration), ou pour l’acquisition d’actifs et de nouvelles infrastructures (bâtiments, infrastructures, machines ou équipements). Et il s’avère que tout cela coûte cher !
Le succès des projets d’investissement se mesure souvent selon des indicateurs financiers comme le coût total du projet, le retour sur investissement (ROI) et la période d’amortissement, en incluant le budget d’exploitation.
À l’inverse, les projets non capitalisables déplacent le focus de l’investissement financier vers d’autres facteurs comme l’efficacité opérationnelle, l’amélioration des processus et les avancées au sein de l’organisation.
Les projets non capitalisables visent en général à optimiser les ressources, systèmes et processus existants plutôt qu’à investir dans de nouveaux actifs, ce qui engendre donc des coûts beaucoup plus faibles.
Leur succès est évalué sur la base d’indicateurs non financiers, tels que la productivité, la satisfaction client, l’engagement des employés ou la compétitivité sur le marché.
2. Temps et complexité
Les projets d’investissement se caractérisent souvent par leur durée importante, leur complexité et la planification approfondie qu’ils exigent, notamment en matière de construction : études de faisabilité, conception architecturale, permis, approvisionnement et bons outils de gestion de projets de construction.
Par leur dimension physique et leur envergure, ces projets impliquent généralement de nombreux intervenants, des plannings de projet complexes et une coordination accrue.
À l’inverse, les projets non capitalisables ont des délais plus courts et une complexité moindre. Puisqu’ils visent à améliorer les opérations existantes ou mettre en œuvre des changements par petites touches, ils peuvent être lancés, exécutés et achevés relativement rapidement.
Ils impliquent souvent des équipes plus réduites, des prises de décision plus simples et des approches de gestion de projet plus flexibles, permettant aux organisations de répondre rapidement aux besoins évolutifs ou aux nouvelles opportunités.
3. Allocation des ressources
La gestion des ressources dans les projets de construction peut se révéler compliquée. Les projets d’investissement nécessitent généralement d’importantes ressources financières et une identification claire des sources de financement. Cela comprend les coûts d'acquisition de terrain, la gestion des sous-traitants, les matériaux, l’équipement, la main-d'œuvre, et d’autres dépenses importantes.
Ces projets impliquent souvent la recherche de financements externes. Un autre point particulier est la budgétisation des investissements à long terme et la gestion rigoureuse des flux de trésorerie tout au long du cycle de vie du projet, ainsi que la ventilation des coûts d’exploitation.
L’allocation des ressources financières est un aspect fondamental de la gestion des projets d’investissement (ce qui est d’autant plus facile avec un logiciel de gestion des ressources pour la construction ou un logiciel de gestion de projet de construction).
En revanche, les projets non-capitaux se concentrent sur l’optimisation des ressources existantes plutôt que sur des investissements en capital importants. Ces projets peuvent consister à réallouer des budgets de projet existants ou à identifier des solutions économiques pour atteindre les résultats souhaités.
L’allocation des ressources dans les projets non-capitaux tourne généralement autour du capital humain, de l’amélioration des processus, de la formation, des mises à niveau des systèmes ou des études de marché, plutôt que sur des investissements financiers lourds.
4. Profils de risque et de rendement
Les projets capitaux sont souvent associés à des niveaux de risque plus élevés et à des retours financiers potentiels importants, en raison de leur ampleur et de leur durée plus longue. Les écueils peuvent inclure les dépassements de coûts, les retards, les changements réglementaires et les incertitudes du marché.
Cependant, des projets capitaux réussis peuvent générer des retours financiers substantiels : augmentation de la valeur de l’actif, amélioration de l’efficacité opérationnelle ou renforcement du positionnement sur le marché.
Les projets non-capitaux, en revanche, présentent un risque financier relativement plus faible puisqu’ils engagent moins d’investissements en capital. Cela paraît logique ! Cependant, ils comportent tout de même des risques opérationnels inhérents. Les changements de processus, la mise en œuvre de nouvelles technologies ou les perturbations organisationnelles peuvent tous constituer des sources de risque.
Les retours des projets non-capitaux se manifestent souvent par une efficacité accrue, une amélioration de la productivité, une satisfaction client renforcée ou d’autres bénéfices non-financiers qui contribuent au succès et à la pérennité de l’organisation.
5. Méthodologies de gestion de projet
Les projets capitaux utilisent souvent des méthodologies structurées et bien définies de gestion de projet, comme Waterfall. Ces méthodologies insistent sur des plans de projet complets, des estimations de coûts, des structures de découpage du travail détaillées, des cadres de gestion des risques et des processus rigoureux de gestion du changement.
L’accent est mis sur le maintien du périmètre du projet, le respect des normes de qualité, l’adhésion à des calendriers stricts et la gestion des dépassements de coûts — c’est plutôt rigide !
En revanche, les projets non-capitaux peuvent adopter des méthodologies comme Agile ou Scrum. Ces approches sont particulièrement adaptées aux projets nécessitant un développement itératif, des retours réguliers et la capacité de répondre à des exigences évolutives.
Les projets non-capitaux privilégient souvent la flexibilité, la collaboration et l’amélioration continue plutôt que des plans de projet rigides. L’accent est mis sur la livraison de valeur incrémentielle, la mobilisation des parties prenantes et l’adaptation aux circonstances changeantes tout au long du cycle de vie du projet.
Ils tendent également à adopter les principes de la gestion de projet Lean, qui visent à éliminer les gaspillages, à optimiser les processus et à améliorer l’efficacité.
Cette approche met l’accent sur la rationalisation des flux de travail, la réduction des activités inutiles et l’autonomisation des équipes projet pour prendre des décisions fondées sur les données afin d’atteindre efficacement les objectifs du projet.
En outre, les projets non-capitaux peuvent recourir à des méthodes issues de disciplines comme la gestion du changement ou des méthodologies d’amélioration des processus telles que Six Sigma ou Lean Six Sigma.
Cependant, malgré toutes leurs différences, des principes comme ceux que l’on trouve dans la gestion de projet PRiSM sont adoptés par les deux et sont de plus en plus répandus aujourd’hui. Dans l’ensemble, ces méthodologies fournissent des cadres pour conduire le changement organisationnel, optimiser les processus métier et garantir que les résultats des projets sont alignés sur les objectifs stratégiques.
Et ensuite ?
Les projets capitaux et non-capitaux peuvent différer considérablement dans leur nature, leurs objectifs, l’allocation des ressources et leurs méthodologies de gestion de projet.
Les projets capitaux tournent autour d’investissements financiers conséquents, de longues durées et de processus de construction complexes, avec un accent mis sur les retours financiers et la création d’actifs.
À l’inverse, les projets non-capitaux privilégient l’efficacité opérationnelle, l’amélioration des processus et des bénéfices non-financiers, en optimisant les ressources existantes et en atteignant les objectifs organisationnels sans lourds investissements en capital. Un exemple de projets non-capitaux est la rénovation de toitures ou toute autre réparation d’un bâtiment, pour lesquelles un logiciel de gestion de projet pour la couverture ou un autre logiciel PM spécialisé offre de la flexibilité dans la planification des ressources et la supervision financière.
Les différentes méthodologies de gestion de projet utilisées reflètent les besoins spécifiques de chaque type de projet. Les projets capitaux dépendent de cadres structurés pour gérer la complexité, tandis que les projets non-capitaux privilégient la flexibilité, la collaboration et l’amélioration continue.
Comprendre ces différences permet aux organisations de prendre des décisions éclairées et de choisir l’approche la mieux adaptée pour atteindre leurs objectifs de projet, que cela concerne la construction d’une infrastructure physique ou la promotion de progrès opérationnels.
Au final, les projets d’investissement comme les projets hors capital jouent chacun un rôle essentiel dans la valorisation du progrès, de l’innovation et d’une croissance durable, dessinant un avenir qui équilibre réussite financière et bien-être social et organisationnel.
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