Notion est-il adapté à la gestion de projets numériques complexes impliquant de grandes organisations ?
Galen Low reçoit Frances Odera Matthews—fondatrice de The Notion Bar—pour faire la lumière sur certaines des plus grandes erreurs commises lors de la configuration et de l’adoption de Notion et d’autres outils de gestion de projet.
Temps forts de l’entretien
- Comprendre les capacités et les cas d’utilisation de Notion [02:03]
- Frances, auparavant cheffe de projet dans diverses industries créatives, évoque la recherche perpétuelle de l’outil de gestion de projet parfait.
- Elle raconte la difficulté de qualifier un outil et les efforts nécessaires pour comparer les fonctionnalités entre différentes plateformes.
- Frances mentionne l’utilisation de Notion en interne dans une agence Shopify et la prise de conscience de son potentiel pour consolider les tâches et les portails clients.
- En intégrant Notion pour gérer les projets Shopify, elle a considérablement simplifié ses responsabilités en gestion de projet.
- Frances a trouvé une vraie satisfaction à créer des systèmes, mais s’est lassée des tâches administratives et de la relance des membres de l’équipe ou des clients.
- Elle a remarqué l’essor de Notion et a envisagé de proposer son expertise sur des plateformes comme Fiverr dès le début de 2020.
- La puissance de Notion pour rationaliser les flux de travail [04:35]
- Frances partage sa transition vers un travail à temps plein avec Notion en 2021, soulignant son potentiel transformateur.
- Elle décrit Notion comme un « outil de possibilités » plutôt qu’un simple outil de productivité, mettant en valeur sa polyvalence.
- Contrairement à d’autres outils de gestion de projet comme Asana ou Monday.com, Notion permet aux utilisateurs de créer leurs propres récits et de connecter diverses sources de données, offrant ainsi flexibilité et tableaux de bord personnalisables.
- Le rôle de Notion dans la création d’une culture de l’intention [07:41]
- Frances insiste sur l’importance de l’état d’esprit, en comparant l’utilisation de Notion à la confection sur mesure en opposition au prêt-à-porter, suggérant qu’un investissement personnel apporte plus de satisfaction.
- Elle souligne la nécessité d’un changement de mentalité pour examiner son flux de travail et accorder la priorité aux éléments favorisant la productivité, sous-entendant que Notion exige une réflexion approfondie.
- D’un point de vue pragmatique, Frances suggère que ceux qui peinent à organiser leurs feuilles de calcul, cherchant davantage d’intégration et d’automatisation, trouveraient Notion avantageux.
- Elle partage des exemples variés de projets menés avec Notion, tels que la création de bases de données sur mesure pour des fonds d’investissement, la refonte de systèmes pour des marques e-commerce ou encore la résolution de problèmes de transparence en entreprise.
- Frances met en avant l’avantage de Notion à favoriser la transparence et la collaboration en temps réel comparativement aux outils classiques de gestion de projet, tout en soulignant la nécessité de systèmes globalement cohérents dans les flux de travail.
Il faut adopter un état d’esprit qui permet d’examiner son flux de travail : ce qui est utile et ce qui ne l’est pas. Vous pourriez découvrir que certains aspects sont essentiels à suivre, alors que d’autres ne le sont pas. Donc, avant tout, l’état d’esprit est primordial.
Frances Odera Matthews
- Les défis et solutions pour adopter Notion [11:57]
- Frances évoque les bénéfices de Notion, en mettant en lumière ses possibilités de personnalisation et de création d’une identité visuelle propre.
- Elle reconnaît le temps à investir et la courbe d’apprentissage de Notion mais insiste sur ses bénéfices durables et sa capacité à s’adapter à l’évolution des processus.
- Frances met en garde contre la qualité variable des modèles et conseille de ne pas se reposer uniquement sur les templates sans personnalisation.
- Elle explique sa démarche volontairement ascendante pour implémenter Notion, commençant par la découverte et la structure des bases de données avant d’élaborer les vues et tableaux de bord.
- Frances souligne l’efficacité et la mise à jour en temps réel de Notion en comparaison de la saisie manuelle de données dans les feuilles de calcul.
- L’impact de Notion sur la gestion de projet [14:55]
- Frances détaille son rôle de consultante, travaillant principalement avec des chefs de projets et des cadres pour personnaliser Notion selon le flux de travail et la culture de leur organisation.
- Elle donne des exemples de la manière dont Notion peut être adapté au-delà de la gestion de projet pour encourager des comportements comme la valorisation des collègues, reflétant des aspects culturels plus larges.
- Frances évoque l’attrait de Notion pour la communauté neuroatypique grâce à sa flexibilité qui permet d’accommoder différents styles cognitifs et préférences de gestion des tâches.
- Elle mentionne également la flexibilité de Notion pour s’adapter à différentes préférences telles que les vues Kanban ou tableau, offrant ainsi aux utilisateurs la possibilité de personnaliser leur expérience.
- Frances propose des services fractionnés pour la maintenance sur Notion, tout en insistant que, malgré les défis, Notion peut réellement s’adapter à des usages à l’échelle d’une entreprise.
Il ne s’agit pas seulement de gestion de projet ; il s’agit de tous les aspects holistiques du travail qui doivent être suivis, stockés ou partagés.
Frances Odera Matthews
- Explorer les capacités IA de Notion [33:34]
- Frances met en avant la fonctionnalité Q&R dans Notion AI, qui permet aux utilisateurs de poser des questions basées sur leurs processus et données documentés dans le système, faisant fonctionner l’outil comme un second cerveau.
- Frances évoque des applications pratiques de Notion AI, telles que l’automatisation des tâches de mise en forme manuelles et l’amélioration de l’efficacité dans la gestion des flux de travail.
- Elle souligne l’importance de documenter correctement les processus afin de maximiser l’efficacité et de minimiser le chaos au sein des organisations.
Rencontrez notre invitée
Frances Odera Matthews est la fondatrice de The Notion Bar. Ces trois dernières années, en tant que consultante certifiée Notion, elle a accompagné plus de 150 clients afin de « créer des cultures d’intention » grâce à des écosystèmes et modèles Notion sur-mesure, adaptés à leurs flux de travail. Au final, le travail devrait être fonctionnel, esthétique et connecté. Forte de plus de 10 ans d’expérience comme spécialiste de la gestion de projet, des opérations et de la pensée design dans les secteurs créatifs et logistiques, elle considère Notion comme l’unique outil permettant de « raconter l’histoire de votre travail ».

Notion n’est pas un outil de productivité, c’est un outil de possibilités.
Frances Odera Matthews
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Nous testons la transcription de nos podcasts à l’aide d’un programme informatique. Merci d’excuser d’éventuelles fautes de frappe car le robot n’est pas exact à 100 %.
Galen Low : Bonjour à tous, merci de nous écouter. Je m’appelle Galen Low, de The Digital Project Manager. Nous sommes une communauté de professionnels du digital dont la mission est de s’entraider à monter en compétences, à prendre confiance et à se connecter pour amplifier la valeur de la gestion de projet dans un monde numérique. Si vous souhaitez en savoir plus, rendez-vous sur thedigitalprojectmanager.com/membership.
Aujourd’hui, nous allons parler de la célèbre plateforme de productivité Notion et de savoir si elle est à la hauteur pour gérer des projets digitaux complexes impliquant de grandes organisations. Mais même si vous n’utilisez pas Notion, nous allons couvrir certaines des plus grandes erreurs commises lors de la configuration et de l’adoption des outils de gestion de projet, que ce soit Notion ou un autre.
Aujourd’hui avec moi, Frances Odera Matthews, consultante Notion certifiée et fondatrice de The Notion Bar. Depuis trois ans, elle a aidé plus de 150 clients dans le monde à instaurer une culture de l’intention et à raconter l’histoire de leur travail via Notion.
Frances, merci d’être avec moi aujourd’hui !
Frances Odera Matthews : Bonjour, merci de m’accueillir aujourd’hui. Je suis vraiment ravie de discuter avec vous.
Galen Low : Je suis ravi aussi ! Merci de te joindre à moi. Tu es à Londres. C’est la fin d’après-midi pour toi, mais je suis content que tu acceptes de plonger dans les outils avec nous. Comme je le disais en coulisses, on ne parle pas souvent de logiciels sur ce podcast.
C’est donc une nouveauté pour nous, mais je sais que notre communauté compte beaucoup d’utilisateurs Notion, des curieux, des personnes qui l’évitent, et aussi tout simplement des gens en quête perpétuelle de l’outil parfait de gestion. Jamais le bon !
Moi-même, je le cherche, ce graal ultime, et je me suis dit qu’on pouvait y voir plus clair aujourd’hui. Tu es évidemment experte de Notion. Petite disclaimer, pour les auditeurs : je ne connais pas très bien Notion. Je serai donc ce curieux qui n’y connaît rien, et Frances va partager toute sa connaissance, car tu maîtrises vraiment Notion, et j’ai hâte d’entrer dans le vif du sujet.
Frances Odera Matthews : Absolument.
Galen Low : Je pense qu’on va commencer par la base. Pour ceux qui ne connaissent pas, peux-tu expliquer ce qu’est Notion et pourquoi tu as décidé d’en faire le cœur de ton offre de services ?
Frances Odera Matthews : Bien sûr.
Alors, pour rebondir sur ce que tu disais, les chefs de projet cherchent sans cesse l’outil parfait. Un jour, j’étais chef de projet. J’ai été cheffe de projet dans divers secteurs créatifs, notamment le e-commerce et l’UX, et on changeait tout le temps d’outil.
Chaque qualification d’outil était un énorme projet : comparer les fonctionnalités, se demander si tel ou tel point essentiel était couvert… On bricolait tout ensemble.
On utilisait Notion en interne dans la dernière agence Shopify où j’ai travaillé, juste pour organiser la vie interne. Puis un jour, je me suis dit : pourquoi ai-je tous ces portails clients dans Google Sheets ? Des listes de tâches à moitié sur Notion… Pourquoi ne pas tout rassembler au même endroit ?
J’ai littéralement divisé par deux mon travail de cheffe de projet en créant nos portails clients pour gérer une construction Shopify de A à Z. Pour ceux qui connaissent, c’est très complexe et il y a beaucoup d’éléments à gérer. Et après, je me suis ennuyée, car ce qui me passionnait, c’est de créer le système.
Tout ce qui restait, c’était de courir après l’équipe et les clients. Je n’avais plus envie. C’est tombé à point : Notion prenait de l’ampleur. Début 2020, je me suis dit : peut-être que je vais me mettre sur Fiverr ou autre, voir si quelqu’un veut payer pour cette compétence geek dont je suis experte.
En fait, beaucoup de gens le voulaient ! Je me suis lancée à plein temps l’été 2021 et je n’ai pas regardé en arrière. Il y a une phrase dont je parle souvent : Notion n’est pas un outil de productivité, c’est un outil de possibilités. Ce qui me manquait dans d’autres outils comme Asana, Monday.com, ClickUp, Avaaz, etc., c’est qu’ils n’étaient que des systèmes de gestion de projet, point barre.
Alors qu’avec Notion, on peut vraiment raconter l’histoire de son travail, relier la gestion de projet avec cette vieille base Excel qui traîne, et visualiser les données de manière pertinente et engageante. Ça a même de l’allure ! On peut créer des tableaux de bord pour voir immédiatement ce qu’on cherche, où et quand on en a besoin. Cette flexibilité est introuvable ailleurs. C’est un peu un « choisis ta propre aventure ».
Galen Low : J’adore cette genèse ! Beaucoup de gens redoutent de configurer un logiciel, surtout pour des missions complexes. Ce n’est pas fun.
Donc, je ne suis pas surpris qu’il y ait une demande pour quelqu’un comme toi, qui aime ça ! J’adore aussi qu’on vive dans un monde où tu peux dire « voilà, moi, c’est ce que j’adore faire ». Pas forcément toute la gestion de projet, mais préparer le projet au succès.
Et puis, oui, aujourd’hui, les outils font tellement de choses. On a une vision un peu rigide de ce que les logiciels devraient faire ou être. On verra plus tard, mais nombreux sont ceux qui veulent du clé en main.
Ils veulent juste s’identifier et foncer, car il y a des projets à livrer. Personne n’a le temps de configurer, personnaliser, réfléchir à ce dont on a besoin. Donc c’est une belle photographie du contexte logiciel actuel, où chacun travaille différemment : on utilise tous des outils variés dans une agence ou dans des services clients.
Le client a SON outil : « on utilise ceci », « on a ce fichier Excel pour remonter l’info ». Il faut que tout s’imbrique, plus que trouver LA solution universelle, ce fameux graal. Peut-être qu’il s’agit de configuration soignée. En bref, ça parle du vrai vécu et des défis de la gestion de projet, de l’outil, de la collaboration, et des styles de travail.
J’adore ! J’ai mené la conversation avec cet aspect, mais il y a aussi des gens « anti-Notion », ou qui disent que ce n’est pas fait pour eux. Selon toi, qui devrait utiliser Notion, et qui ne devrait pas ? Comment aides-tu tes clients à voir quand Notion est la réponse… et quand ça ne l’est pas ?
Frances Odera Matthews : Alors d’abord, il y a clairement une question d’état d’esprit. Je prends l’analogie du costume sur mesure ou du prêt-à-porter. Le prêt-à-porter, c’est bien, mais si on prend le temps d’aller chez le tailleur, de se faire prendre les mesures, on est vingt fois plus satisfait à l’arrivée.
Surtout si c’est quelque chose qu’on utilise tous les jours, au centre de notre activité, notre organisation. Il faut donc être prêt à s’asseoir et réfléchir : que fais-je vraiment chaque jour ?
Vous seriez surpris du nombre de personnes qui n’ont jamais réfléchi à ce point, et on est dans ce régime de productivité « junk food » où il faut aller vite, sans jamais faire de pause pour comprendre ce qu’on fait. Donc il faut accepter ce temps de réflexion et d’analyse de son flux de travail : est-ce que telle étape me sert vraiment ? Ai-je besoin de suivre ceci ou cela ? L’état d’esprit compte pour tout.
Ensuite, d’un point de vue pragmatique, si vous avez plein de tableurs qui flottent à droite à gauche et que vous rêvez qu’ils communiquent, Notion est pour vous. Vous gagnerez vite un temps fou rien qu’en arrêtant les saisies manuelles entre systèmes ou feuilles de calcul.
J’ai divisé par deux ma charge de travail de cheffe de projet en créant des portails clients sur Notion. J’ai accompagné toutes sortes de secteurs, y compris des fonds d’investissement ; j’ai par exemple créé un mécanisme d’évaluation anonyme où chaque investisseur voyait la base, mais pas les notes des autres. C’était très ingénieux !
J’ai aussi travaillé avec des marques e-commerce de 60 à 70 personnes pour réorganiser tout leur système dans Notion. Là encore, c’était surtout la centralisation de tout ce flou de fichiers Excel afin d’avoir une vraie vision d’ensemble.
Le principal problème que je croise, c’est le manque de transparence. On ignore comment circulent les données en interne. Or, Notion fonctionne à 100% dans le cloud : quand on met à jour une info, elle se synchronise partout en temps réel, sur tout l’écosystème.
Je citais plus haut des noms d’outils de gestion de projet, mais la plupart des clients arrivent de ClickUp ou Monday, car ce sont des outils purement centrés gestion de projet. Ce qu’ils cherchent, ce sont des écosystèmes holistiques où tout est connecté, une vraie page d’accueil pour voir qui fait quoi, les échéances, des annonces sympa, une charte graphique soignée… Si c’est votre besoin, Notion vaut le coup d’œil. Évidemment, il y a des inconvénients : il faut investir du temps. Ce que je disais : il faut être prêt à optimiser sérieusement son flux de travail.
Il y a une courbe d’apprentissage, une phase d’installation, mais honnêtement, c’est pareil pour tout outil.
Galen Low : C’est juste !
Frances Odera Matthews : La différence, c’est que ça paie à long terme, car l’outil grandit avec vous. Si vos process évoluent, vous adaptez Notion, pas obligé de changer d’outil.
Galen Low : J’aime beaucoup cette idée d’assembler le travail. Ce n’est pas forcément de la gestion de projet, surtout que sur la plateforme, les gens ne le vivent pas toujours comme ça. Donc c’est réducteur de parler seulement de gestion de projet, surtout que toutes ces plateformes essaient d’élargir le spectre vers le travail collaboratif au sens large.
Mais j’aime ce principe : les gens veulent juste tout retrouver au même endroit, arrêter de perdre du temps en saisie de données ou à se demander qui va mettre à jour quoi, quand, pour qu’on puisse agir ici. En réalité, le travail est plus fluide que cette vision figée !
Ce n’est pas seulement une histoire de « on fait le point tous les mercredis ». Et si je veux savoir mardi où en est le produit ? Je devrais le savoir. J’aime cette liberté.
Je trouve aussi l’analogie du costume sur mesure très juste ! Sans aller trop loin, c’est comme acheter une robe de mariée : on vient avec son idée, son besoin, on réfléchit, on investit du temps… On veut que ça nous aille parfaitement, que ça dure longtemps. C’est exactement ça pour l’outil de gestion de projet, le centre de la collaboration.
Tout n’a pas besoin d’être parfait (je ne ferai pas retoucher un simple t-shirt…), mais pour ce qui est majeur et structurant, ça fait la différence. Superbe métaphore !
Frances Odera Matthews : Oui, tu as souligné l’essentiel : quand c’est important et complexe, il mérite un sur-mesure. On peut commencer en prêt-à-porter, puis affiner lorsque c’est le cœur de l’activité.
Galen Low : Justement, est-ce que Notion peut d’abord être utilisé en mode « t-shirt prêt-à-porter » ? Quelles sont les limites ou inconvénients de cette approche ? Et que se passe-t-il si on se dit « je personnaliserai plus tard » ?
Frances Odera Matthews : Il existe plusieurs façons de faire du Notion prêt-à-porter. D’abord, il y a une multitude de modèles (templates) sur internet. Tapez « modèle X Notion » sur Google, vous trouverez forcément. Mais attention : tous les modèles ne se valent pas.
Je passe beaucoup de temps à en décortiquer et à les améliorer. Beaucoup sont esthétiques mais galère à utiliser : les bases de données ne sont pas connectées, l’expérience utilisateur n’est pas optimisée… Donc attention à ce que vous choisissez et ne tombez pas dans une diète de modèles inutiles : acheter 20 modèles n’est pas la solution ! Inspirez-vous, mais réfléchissez à comment intégrer cela à votre propre flux de travail.
Notion propose aussi un kit de démarrage pour la gestion de projet (projets et tâches). C’est basique, volontairement, pour que vous construisiez dessus. Ça aide à s’habituer avant de personnaliser. Par la suite, on réalise qu’on veut, par exemple, ajouter des tâches directement depuis un modèle de note de réunion (une fonctionnalité très appréciée !).
Beaucoup de gens s’exclament : « je n’ai plus besoin de recopier et de saisir mes tâches dans monday.com, c’est génial ! ». Donc : prêt-à-porter, OK, mais l’essentiel — dans mon process — est la découverte. Première étape : comprendre ce qu’on fait vraiment.
Beaucoup de monde ne s’est jamais posé la question : quels logiciels utilisons-nous ? Que peut-on remplacer ou connecter avec Notion ? Qu’avons-nous besoin de suivre, stocker, partager ? C’est là que Notion est puissant. Ensuite, comment inverser la réflexion pour bâtir les bases de données ? Les connecter pour éviter la double saisie, gagner en efficacité.
Une fois cette étape franchie, on peut modéliser ses pages. À quoi ressemblerait le tableau de bord parfait ? Veut-on voir les tâches, réunions, infos client ? Fichiers joints — doivent-ils être indépendants ou visibles avec les pièces des autres projets ? Il y a tout un art de la conception de bases de données, mais l’essentiel, c’est d’avoir une bonne base et de la « templater » correctement.
À partir de là, on peut créer ses vues et plugger les tableaux de bord de ses rêves. Exemple : vous avez une grande base de tâches, et des vues « tâches dues » sur la page task home, mais aussi sur la page d’accueil principale, ou dans la section marketing, filtrée pour le marketing. Ainsi, la même base est consultée sous différentes perspectives, toujours synchronisée. Rien à voir avec le tableur où tout est manuel ! Ici, tout se met à jour en temps réel, ce qui est tout simplement inestimable.
Galen Low : Pour moi, et peut-être pour nos auditeurs, le mot « modèle » ne suffit plus. D’entendre que ces modèles sont plus que des simples tableaux de suivi avec des titres de colonnes me bluffe. Il se passe tellement plus en coulisses !
Notion, que j’ai utilisé sur quelques projets (principalement en tant que client), cache sous une interface simple, une vraie puissance d’agrégation et de valorisation des données. Ça donne envie !
Je voulais approfondir la connexion avec d’autres outils, mais une question me vient : concernant cette personnalisation sur mesure, dans ton métier de consultante, à qui parles-tu pour déterminer les besoins ? Est-ce une orchestration de nombreuses personnes ou bien quelques interlocuteurs clés pour décider des tableaux de bord, etc. ?
Frances Odera Matthews : Je travaille principalement avec les chefs de projet et responsables des ressources humaines ou de la culture d’entreprise, car ce sont eux qui portent la culture d’organisation.
Ils me disent ce qui ne fonctionne pas ou ce qu’ils souhaitent améliorer, et je conçois une architecture Notion sur-mesure. Au-delà de la gestion de projet, cela inclut aussi, par exemple, cultiver l’esprit d’équipe. On peut intégrer un bouton de « félicitations » en page d’accueil : toucher à la psychologie comportementale ! C’est la page qui s’ouvre chaque jour, donc on y place un bouton incitant à saluer un collègue dans une base dédiée, visible à tous.
Bref, on peut intégrer beaucoup plus que la gestion de projet : tout ce qui touche à la vie de l’entreprise, tout ce qui doit être suivi, stocké ou partagé.
Galen Low : J’adore cette notion de suivi, stockage, partage.
Et ce que je trouve génial, c’est l’idée que tu vas au-delà du PM et des dirigeants : tu collabores aussi avec les acteurs de la culture d’entreprise. Car la gestion de projet ne s’arrête pas aux tâches : c’est le travail en équipe, la valorisation, le sens, la visibilité de l’activité, la cohérence avec les valeurs. Si la culture veut favoriser la reconnaissance, on peut coder ça dans l’outil !
Pas tous les outils, certes, mais certains dont Notion, permettent un haut niveau de personnalisation et d’incarnation de la culture d’entreprise… C’est raconter l’histoire du travail, ce que tu disais en introduction. Et plus j’y réfléchis, plus je me dis que ce n’est pas juste un slogan ! Quand on passe autant de temps sur un projet, il est naturel d’avoir envie de valoriser cette histoire, plus que d’avoir un indicateur de rentabilité exact !
J’aime aussi ce que tu dis sur le besoin de faire une pause et réfléchir intentionnellement à ce qu’on fait, à la nature et à la culture interne, à l’esprit de l’équipe et aux objectifs qu’on souhaite atteindre. Cela va au-delà du nombre de fonctionnalités ou du coût du produit : la question n’est pas seulement « combien ça coûte » ou « est-ce que ça fait telle fonctionnalité ? »…
Frances Odera Matthews : En effet. Sinon, vous subissez le mode de fonctionnement imposé par le logiciel au lieu de lui imposer votre propre manière de travailler.
La première méthode crée résistance et frustration, tandis que quand c’est adapté à son mode de pensée ou à celui de l’équipe, tout coule de source.
C’est une des raisons pour lesquelles Notion attire la communauté neuroatypique : enfin la possibilité de modéliser les outils à la façon dont le cerveau fonctionne vraiment !
Galen Low : Oui, je pense qu’il y a encore beaucoup de rigidité dans notre vision du logiciel.
Merci de rappeler aussi la dimension neurodiversité : on devrait reconnaître que chacun travaille et pense différemment ! Il n’y a pas de raison de se forcer à rentrer dans un moule alors qu’on peut fabriquer un moule à sa mesure.
Frances Odera Matthews : Exactement. Un exemple que je vois souvent : certains détestent la vue « kanban », d’autres ne jurent que par la vue tableau… dans Notion, pas de problème, on peut proposer les deux sur les mêmes données !
Galen Low : C’est un super exemple, et justement, je voudrais aborder les points durs autour de Notion. Ce qui revient souvent quand j’en parle autour de moi ou que je parcours les forums, c’est ceci : « On va finir par se sentir à l’étroit dans Notion, c’est trop artisanal, trop compliqué à gérer ou pas assez solide ». Surtout à l’échelle de l’entreprise : « OK pour les petites équipes, mais chez nous, 250 personnes, impossible… ». Est-ce vrai ? Est-ce que Notion est un vrai logiciel d’entreprise, ou bien quels sont les vrais défis et points de friction rencontrés à ce niveau ?
Frances Odera Matthews : Plus l’équipe grandit, plus il faut gérer les permissions d’accès. Il faut donc une personne en interne, ou quelqu’un comme moi, pour structurer l’architecture de droits, attribuer les accès aux bons espaces, etc. Cela peut devenir un métier à part entière : administrateur Notion, c’est comme avoir un administrateur Salesforce.
C’est courant d’avoir une telle ressource à mesure que l’outil structure la vie de l’entreprise. Je propose ce service en temps partagé pour les équipes de taille intermédiaire. L’important est d’accorder les niveaux d’accès, soigner la construction et l’apparence – mais oui, Notion s’adapte à l’échelle.
Galen Low : J’ai beaucoup insisté sur la configuration initiale et la mise en place, mais, pour reprendre l’analogie du costume, si votre costume est abîmé ou taché, vous n’allez pas le jeter. Vous l’emmenez chez un professionnel qui vous connaît et saura l’adapter ou le réparer ! Peut-être même que vous prendrez une taille. Il y a donc un besoin d’entretien continu.
Évidemment, certains diront : « Je ne peux pas affecter quelqu’un à plein temps, ou même à temps partiel… » Mais vu la place du digital, des nouveaux outils et la nécessité d’intégrer de nouvelles méthodes, c’est un investissement qui a un réel retour, notamment quand on voit, comme tu l’as dit, que la charge administrative est divisée par deux ! Et ce n’est pas valable que pour le chef de projet : tout gain de double saisie, sur n’importe quelle tâche répétitive, apporte un vrai retour sur investissement.
Frances Odera Matthews : Totalement ! C’est même amusant de voir certaines entreprises investir six chiffres dans la rénovation d’un bureau, une machine à café dernier cri, un babyfoot… en se disant que ça va booster la productivité ! Pourtant, vos équipes passent 1 % de leur temps à la machine à café et 97 % dans leurs outils d’entrée de données. Pourquoi ne pas investir aussi pour que ce temps-là soit efficace ET agréable ?
Personnellement, j’aimerais qu’on accorde autant d’importance au design virtuel qu’au design d’espace physique. Imaginez, en scénarisant votre espace Notion comme vos bureaux, avec des QR codes qui renvoient vers les espaces Notion. Nous entrons réellement dans l’ère hybride, alors soyons-le vraiment !
Galen Low : Oh, ça mériterait un épisode entier ! Je suis aussi passionné par ces enjeux : comment l’environnement virtuel et l’environnement physique vont s’imbriquer. On voit des bureaux flambant neufs pour attirer au présentiel…
Frances Odera Matthews : Mais as-tu un tableur pour ça ?
Galen Low : Excellente idée ! On devrait faire une cuisine sur le thème d’un tableur ! (rires) Mais pour finir, j’aimerais glisser autre chose.
On parle d’un Notion outil de possibilités, qui s’ouvre à l’entreprise, et je pense à une autre tendance : l’IA.
Notion a été l’un des premiers outils à intégrer un ensemble de fonctionnalités d’IA. J’ai vu un gros pic d’intérêt, je crois que c’était l’un des pionniers à sortir une vraie brique IA.
Toi qui fréquentes beaucoup d’utilisateurs Notion, observes-tu un vrai usage de la partie IA ? Est-ce encore un gadget, y a-t-il des réticences ? Ou certains l’utilisent-ils à grande échelle pour automatiser ou gagner du temps ? Où sont les défis et éventuels freins côté adoption ?
Frances Odera Matthews : La fonctionnalité Notion AI qui cartonne, c’est le Q&A. Dès lors que les process sont bien documentés et les données saisies proprement, vous pouvez poser n’importe quelle question à Notion Q&A, par exemple : « Sur quoi travaille-t-on ce mois-ci ? ».
Il va générer une réponse basée sur le contenu du système, du style « À partir des clients traités l’an dernier, que recommandes-tu pour X ou Y ? ». C’est véritablement un « second cerveau », un terme clé chez les utilisateurs passionnés de Notion.
Autre usage pratique, notamment dans les bases de données : moi-même, j’utilise Notion AI comme propriété pour formater les liens de ma newsletter, The Notion Zeitgeist (que tout le monde devrait suivre !).
Galen Low : Je mettrai le lien dans les notes.
Frances Odera Matthews : Je capture des liens dans une base de données, puis j’ai un prompt IA : « Obtiens le titre de la page et lie-le à l’URL, ajoute un emoji selon le titre… ». Ça me fait gagner 30 secondes à chaque fois, ce qui est énorme car sinon je devrais le faire à la main…
Galen Low : Pareil pour moi, même dans des tâches simples : envoyer des emails avec des liens, ça prend du temps. C’est un vrai gain IA !
Frances Odera Matthews : Hors Notion, il y a aussi Magical, un outil magnifique pour les textes récurrents.
Galen Low : Je note !
Frances Odera Matthews : Mais, pour revenir à Notion IA : tout ce qui est manuel, conversion en tableau, mise en forme… C’est fabuleux d’automatiser ! Mon cas préféré, c’est la préparation de formats, bien plus vite fait grâce à l’IA.
Galen Low : Surtout pour les comptes-rendus de réunion, tâches, etc. On dit souvent que les chefs de projet sont ultra-organisés, mais en pratique, gérer la collaboration c’est le chaos : les idées fusent, c’est brouillon, il faut remettre de l’ordre, synthétiser, organiser pour qu’un tiers comprenne en relisant. C’est ça, le vrai métier ! La mise en forme manuelle n’est pas une valeur ajoutée. L’IA oui !
Ce que tu dis sur le « second cerveau » est important : d’autres outils IA, genre ChatGPT, n’ont pas accès à nos données projet tandis qu’ici, le Q&A s’appuie directement sur notre propre base, nos projets. Comme dans GA4 où on pose des questions, on a des analyses immédiates. Mais là, on croise potentiellement toute la base de l’entreprise… D’un prompt, on a l’insight.
Frances Odera Matthews : Effectivement, mais encore faut-il que les process soient bien documentés, sinon pas d’intelligence à en tirer ! Beaucoup d’entreprises n’ont même pas noir sur blanc « voici comment on fait X ou Y », et c’est là qu’on gaspille vraiment du temps.
Galen Low : La machine ne peut rien apprendre si ce n’est pas écrit !
Frances Odera Matthews : Exactement.
Galen Low : C’est d’ailleurs le fil rouge de notre échange : il faut de l’intentionnalité. Beaucoup d’entreprises valorisent le chaos, le « fail fast », l’urgence permanente… Et oui, il y a de la vertu à foncer au gré du vent. Mais il faut aussi cette pause : que faisons-nous vraiment ? Il faut en parler, documenter, organiser les données. Et c’est un investissement qui mérite son prix. Sinon, courir partout, c’est le mème du chien dans une pièce en feu… Prendre le temps et la hauteur, c’est le premier pas vers la sérénité !
Frances Odera Matthews : Oui, et au final, le chaos a un coût : un turnover élevé. Personne ne veut rester dans le chaos plus de quelques mois ! Dans le e-commerce, qui est particulièrement chaotique, je changeais tout le temps d’interlocuteur, car les gens quittaient le poste tous les quelques mois tellement c’était infernal. Frais de recrutement, formation tous les six mois, alors qu’une bonne structuration et documentation en amont éviterait tout ça.
Galen Low : Excellent ! « Le chaos a un coût ». Frances, merci beaucoup d’avoir participé à ce podcast ! Je pense qu’on tient la matière pour trois autres épisodes rien qu’avec ce qu’on vient d’effleurer en dix minutes. À refaire !
D’ici là, où peut-on te retrouver pour s’abonner à ta newsletter ?
Frances Odera Matthews : Vous pouvez me retrouver sur tous les réseaux sous The Notion Bar. Je suis surtout sur LinkedIn ces temps-ci : Frances Odera Matthews. Et abonnez-vous à ma newsletter, The Notion Zeitgeist, pour des actus sur la communauté, des ressources et inspirations de la communauté Notion, chaque semaine !
Galen Low : Liens dans les notes. Encore merci d’avoir partagé ce temps avec moi !
Frances Odera Matthews : Merci beaucoup Galen, c’était super.
Galen Low : Voilà, chers auditeurs. Comme toujours, pour rejoindre plus de mille passionnés de gestion de projet, rendez-vous sur thedigitalprojectmanager.com/membership. Si l’épisode vous a plu, abonnez-vous et restez en contact sur thedigitalprojectmanager.com.
À bientôt, et merci de votre écoute.
