La prise de parole en public est souvent considérée comme une compétence de scène, mais pour les chefs de projet, c’est avant tout une compétence de leadership. Dans cet épisode, Galen Low s’entretient avec Megan Cotterman, cheffe de projet fractionnelle, consultante et Toastmaster primée, pour explorer comment la communication, la conscience de l’auditoire, l’écoute active et l’adaptabilité se manifestent dans le quotidien des projets. Du lancement de projet aux mises à jour des parties prenantes, en passant par les conversations difficiles et l’alignement d’équipe, ils expliquent pourquoi la communication devient encore plus précieuse dans un monde propulsé par l’IA.
Ils abordent également des méthodes concrètes permettant aux chefs de projet introvertis ou ambivertis de renforcer leur confiance, de développer leur résilience et d’accroître leur capacité à réagir sur le vif—sans devenir la personne la plus bruyante de la pièce.
Ce que vous allez apprendre
- Pourquoi parler en public est une question de leadership, et non de simple performance
- Comment les compétences de communication impactent directement la confiance, l’alignement et la dynamique du projet
- Le rôle de l’adaptation au public dans un leadership de projet efficace
- Pourquoi l’écoute active est aussi importante que l’expression orale
- Comment les chefs de projet introvertis peuvent gagner en confiance dans les groupes
- Le lien entre la prise de parole en public, la résilience et la progression professionnelle
- Comment l’IA pourrait accroître—plutôt que diminuer—la valeur des compétences humaines en communication
- Pourquoi une communication concise et intentionnelle devient un avantage concurrentiel
À retenir
- La prise de parole en public ne se limite pas à la scène. Chaque lancement, mise à jour aux parties prenantes, discussion d’équipe ou conversation difficile est une occasion de faire preuve de leadership à travers la communication.
- Sachez quand une réunion doit vraiment avoir lieu. Les bons communicants savent quand un message écrit suffit—et quand une discussion en temps réel est nécessaire pour créer de l’alignement.
- Le lancement du projet vise l’adhésion, pas le transfert d’information. L’objectif n’est pas seulement de partager le plan ; il s’agit de créer une compréhension commune, de la confiance et de la dynamique.
- Les mauvaises nouvelles exigent clarté et empathie. Annoncer des informations délicates avec assurance et transparence aide à préserver la confiance, même si le message est difficile à entendre.
- L’écoute active mène à de meilleurs résultats. La capacité de modifier son message selon la réaction des interlocuteurs est souvent plus précieuse qu’un discours parfaitement préparé.
- Vous n’avez pas besoin de toutes les réponses. Parfois, la meilleure réponse est : « Laissez-moi y réfléchir et je reviens vers vous. »
- La confiance s’acquiert par la répétition. Comme toute compétence en gestion de projet, l’aisance à communiquer s’améliore par la pratique et l’expérience.
- La croissance se situe hors de la zone de confort. Parler en public renforce la résilience—la même qui permet de faire face à l’ambiguïté, au changement et aux défis du leadership.
- L’IA élève le niveau des compétences humaines. À mesure que l’information devient plus facile à générer, la capacité à communiquer clairement, instaurer la confiance et créer des liens devient plus précieuse.
- Un message bien passé n’a pas besoin d’être répété. Les communicants efficaces savent quand le point est fait et quand il faut avancer.
Chapitres
- 00:00 — Pourquoi la prise de parole en public est importante
- 04:09 — Au-delà de la scène
- 06:20 — La communication en action
- 11:07 — L’avantage du lancement
- 15:38 — Conversations difficiles avec les parties prenantes
- 18:31 — Penser sur le vif
- 19:46 — Renforcer sa confiance
- 22:05 — Conseils pour la prise de parole improvisée
- 24:10 — Vous n’avez pas toutes les réponses
- 25:39 — Les introvertis peuvent aussi diriger
- 28:36 — Introduction à Toastmasters
- 31:15 — Les avantages cachés
- 34:57 — IA et compétences humaines
- 39:23 — Prendre la parole tôt
- 42:46 — Où trouver Megan
Faites connaissance avec notre invitée

Megan Cotterman est la consultante principale chez Managed By Megan, où elle aide les organisations à renforcer la gestion de projet, à rationaliser les opérations et à constituer des équipes performantes grâce à des stratégies pratiques de gestion de projet et de leadership. Certifiée Project Management Professional (PMP), Megan possède une vaste expérience dans la conduite d’initiatives transversales, l’amélioration des processus organisationnels et l’accompagnement des entreprises pour transformer des objectifs complexes en résultats atteignables. Connue pour son approche collaborative et centrée sur l’humain, elle est passionnée par l’idée d’autonomiser les équipes avec les outils, les systèmes et la confiance nécessaires pour réussir et obtenir des résultats durables.
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Galen Low : De nos jours, il est à la mode de dire que les chefs de projet sont des leaders qui doivent être les voix audacieuses dans la salle, dire tout haut ce qui se dit tout bas et affronter de front les conversations difficiles. Du coup, les compétences en prise de parole en public semblent une évidence. Mais en réalité, beaucoup d’entre nous sont en fait introvertis.
Moi-même, j’étais quelqu’un qui avait peur de simplement répondre au téléphone, alors organiser une réunion ou faire une présentation… Et franchement, il m’a fallu toute ma carrière pour surmonter ce malaise. Pas le malaise d’être sur scène ou devant un PowerPoint, mais celui de devoir réagir en temps réel aux questions ou attentes d’un groupe.
Le malaise de savoir quand transformer une chaîne d’e-mails sans fin en réunion d’équipe. Le malaise de trouver comment faire passer un message de façon juste et empathique, et celui d’affronter un défi intimidant et de l’accepter malgré tout. Tout cela est-il lié à la prise de parole en public ?
Mon invité d’aujourd’hui vous dirait que oui. J’ai invité une membre très appréciée de notre communauté de la gestion de projet digital, qui est aussi une oratrice reconnue et une Toastmaster récompensée. Ensemble, nous allons décortiquer comment les compétences en prise de parole servent le rôle de chef de projet, comment les développer quand l’idée même vous terrorise, et si devenir un bon orateur aura encore un sens, même à l’heure où nous travaillons de plus en plus avec l’IA plutôt qu’avec des humains.
Bonne écoute !
Bienvenue sur le podcast du Digital Project Manager : l’émission qui aide les responsables de la livraison à travailler plus intelligemment, à fluidifier les process et à diriger leur équipe avec confiance à l’ère de l’IA. Je suis Galen, et chaque semaine, nous plongeons dans des stratégies concrètes, les tendances émergentes, des cadres éprouvés, et parfois des anecdotes de la réalité du terrain. Que vous pilotiez d’énormes projets de transformation, que vous organisiez des flux IA, ou que vous essayiez simplement de gérer le chaos, vous êtes au bon endroit. C’est parti.
Aujourd’hui, nous allons parler de comment la prise de parole en public pourrait être le raccourci pour débloquer des opportunités stratégiques de carrière pour les chefs de projet. Nous verrons des cas de projet où la prise de parole fait la différence, comment l’IA peut améliorer vos communications, et si les bénéfices de la prise de parole dépassent le simple fait de « bien parler ».
Avec moi aujourd’hui, Megan Cotterman, cheffe de projet fractionnée et consultante chez Managed By Megan. Megan intervient à l’intersection de l’exécution et du leadership pour aider les entreprises en croissance à structurer et dynamiser leurs opérations, grâce à la gestion de projet, la stratégie opérationnelle et le coaching d’équipe.
Elle est aussi une oratrice primée et une facilitatrice, qui partage ouvertement son expérience dans l’optimisation des workflows, le management centré sur l’humain, et la conduite du changement complexe, donnant aux leaders les outils pour prendre des décisions en toute confiance.
Merci d’être là aujourd’hui, Megan.
Megan Cotterman : Merci à toi, Galen. Ravie d’être ici.
Galen Low : J’ai hâte de rentrer dans le vif du sujet. C’est un thème qui me tient à cœur. Je le dis souvent, mais celui-ci en particulier. J’espère qu’on va creuser toutes sortes de sujets autour de la prise de parole. Je sais qu’on peut aller loin, et je pense que ce sera intéressant pour nos auditeurs.
Par précaution, voici notre feuille de route du jour. Pour commencer, je vais te poser une grosse question qui taraude mes auditeurs, puis j’aimerais qu’on décortique ensemble trois aspects. D’abord, pourquoi la prise de parole en public devient de plus en plus essentielle pour les chefs de projet avec des exemples concrets. Ensuite, comment les PM introvertis ou ambivertis peuvent améliorer leur aisance, surtout s’ils n’y croyaient pas du tout au départ. Enfin, comment tu vois le futur de la collaboration humaine et le rôle que la prise de parole y jouera.
Ça te va ?
Megan Cotterman : Parfait, c’est parti.
Galen Low : Je voulais ouvrir avec une question un peu difficile qui, je pense, revient souvent à propos de la prise de parole. Je pose le décor : à l’époque où chacun tape dans ses LLM comme Claude ou ChatGPT et préfère les messages Slack ou Outlook au contact direct, pourquoi la prise de parole reste-t-elle cruciale pour un chef de projet ?
Megan Cotterman : Je pense qu’avec la montée des outils d’IA et la préférence pour la communication écrite, la prise de parole devient justement d’autant plus essentielle et vous distingue comme chef de projet. Hors de la gestion de projet, on imagine souvent qu’on se contente de créer des plannings et de caler des réunions.
On nous voit comme des admins. Mais les vrais chefs de projet savent que leur métier, c’est le leadership : créer de la dynamique, de l’alignement et de la confiance à chaque étape. Et ça, c’est quasi impossible à instaurer uniquement par Slack ou email. Quand on entend « prise de parole », on imagine volontiers une scène, un micro, ou Tony Robbins en mode TED. Mais en fait, c’est bien plus : il s’agit de comprendre son audience, d’adapter son message, et de communiquer clairement, ce qui est indispensable pour diriger un projet.
Galen Low : J’adore cette réponse. Et justement, ça me frappe alors que tu le dis, je sais que j’ai présenté ça comme une question d’abstraction entre saisir un texte dans un chatbot ou taper un message et la prise de parole réelle.
Mais tu as raison : prendre la parole en public, ce n’est pas forcément être sur scène avec un micro façon Tony Robbins. Il s’agit beaucoup de savoir formuler ses pensées. Et je trouve ça intéressant (et on pourra y revenir), cette idée que le leadership d’influence est difficile à obtenir par écrit, et que l’interaction humaine reste indispensable, surtout pour un chef de projet.
Mais j’aimerais décortiquer ça plus tard, par exemple comment ça se traduit dans un message Slack, car il y a des bonnes et des mauvaises façons de diriger, quel que soit le canal. Et cela relève aussi de compétences de prise de parole. Commençons par ça.
Tu disais que parler en public, ce n’est pas nécessairement s’adresser à la foule, micro à la main, façon orateur motivant… Si on va plus loin, de quoi parle-t-on vraiment ? Peux-tu donner des exemples concrets où ces compétences sont cruciales pour un chef de projet ?
Megan Cotterman : Oui. Pour vraiment insister sur ce point, ce n’est pas juste tenir un micro sur scène. Pour moi, c’est toute situation où on s’adresse à deux personnes ou plus.
Même ceci, c’est de la prise de parole. C’est utiliser sa voix pour formuler un message, quel qu’il soit. En gestion de projet, ça peut vouloir dire remotiver une équipe à bout de souffle. Difficile à faire par Slack ou en commentaire Asana. Parfois, il faut traiter des problèmes ou tensions qui nécessitent vraiment une discussion de groupe.
Un autre exemple : gérer des tensions entre parties prenantes ou membres d’équipe. Là encore, difficile de mettre tout le monde d’accord à l’écrit. Les messages peuvent être mal compris. Savoir gérer ce genre de dynamique par la communication, c’est transformateur pour le projet : vous fédérez, vous solutionnez.
Galen Low : J’aime bien parce qu’en surface, la prise de parole, c’est parler. C’est dans le nom. Mais certaines choses que tu viens de citer, comme comprendre son audience, savoir quand réunir des gens pour qu’ils soient alignés, cela fait partie intégrante des compétences aussi.
À mes débuts, je me disais « oh, Toastmasters, c’est pour apprendre à parler en public, avoir de la prestance, tenir un pupitre »… Mais en fait, comprendre à qui on s’adresse, c’est aussi ce sixième sens qui permet de savoir quand activer ces compétences-là.
Megan Cotterman : Exactement. Quand j’étais plus junior, j’appelais parfois des réunions pour rien, et tous se demandaient « Pourquoi on est là ? Quel est l’objectif ? ». Il faut être intelligent sur le choix du moment et du but de la réunion. Différencier ce qui relève de l’écrit (et laisser les équipes avancer) et ce qui, au contraire, demande vraiment un échange de groupe où il faudra mettre à l’épreuve vos compétences de communication.
Galen Low : J’aime bien. Savoir choisir son canal, son forum, distinguer quand une réunion aurait suffi à un email, et vice versa. Même mener une discussion dans Slack avec 2+ personnes repose sur ces compétences ; il faut parfois choisir le canal qui aura le plus d’effet. Comme un orateur qui change d’approche sur scène pour mieux transmettre son message. C’est ce que tu essaies de me montrer : même dans Slack, ces compétences s’appliquent, n’est-ce pas ?
Megan Cotterman : Oui, tout à fait.
Une grande partie, ce n’est pas tant ce qu’on dit, mais ce dont l’audience a besoin d’entendre, et par quel canal le faire. La prise de parole irrigue tout ce qu’on fait, ce n’est pas seulement le micro façon Britney Spears.
Galen Low : C’est souvent vu comme une performance, planifiée, et puis c’est fini. Au lieu de ça, est-ce qu’on a vraiment capté l’auditoire, suscité l’engagement ? Prise de parole, c’est participatif. Tu as cité plusieurs exemples, pourrais-tu détailler une situation-type où les choses pourraient mal tourner si on n’a pas ces compétences ?
Megan Cotterman : Je pense à moi-même avant de développer ces aptitudes, prenons un démarrage de projet (kickoff). On pose le cadre, on aligne tout le monde dès le début. Quand j’étais novice, je lisais bêtement les puces de mon document, pas du tout prête à répondre aux questions imprévues, ni confiante pour l’improvisation.
Et sur la question de l’audience, si je me contente de dérouler mon script et termine par « tout le monde est ok ? », chacun répond oui, mais si on observe bien – même en visio – on peut percevoir la confusion d’un Jim, par exemple. Être capable de dire « Jim, je te sens perplexe, qu’en penses-tu ? » – admettre qu’on n’a pas toutes les réponses mais que chacun peut être force de proposition, c’est capital. Sinon, on passe à côté de beaucoup de choses.
Trois semaines plus tard, on s’étonne : « Pourquoi ce point n’a-t-il pas été abordé en réunion ? ». Donc, c’est crucial d’apprendre à comprendre son audience et de poser les bonnes questions.
Galen Low : Ça me rappelle mes débuts et certains ratés en réunion de lancement. On croit transférer de l’information de son cerveau à ceux de l’équipe, puis c’est terminé. Mais en fait, c’est le vrai dialogue, lever les ambiguïtés, susciter l’énergie pour affronter la suite ensemble. Si je n’atteins pas ça en kickoff, c’est la catastrophe. La prise de parole, c’est pour créer l’engagement, pas juste du one-way.
Megan Cotterman : Oui, tu as raison. Il faut insuffler une dynamique dès le départ, transmettre la confiance que tu es là pour eux et prêt à relever les défis. Ce n’est pas « la première échéance est ceci, puis celle-là »… Ça change tout dans la dynamique d’équipe.
Galen Low : Je vois plein d’autres exemples où c’est utile. Ça rejoint cette idée de chef de projet vu comme simple admin transmettant de l’info. Peux-tu donner d’autres exemples marquants ?
Megan Cotterman : Oui : par exemple, annoncer une mauvaise nouvelle à un partenaire.
Galen Low : Ah oui…
Megan Cotterman : Ce n’est jamais agréable. Mais si tu es clair, empathique, et transparent sur la réalité – par exemple, un besoin de budget ou un retard – si tu édulcores ou flous le message, tu t’exposes à pire ultérieurement. Être direct, honnête et à l’écoute, c’est là que la confiance se construit, et vous pourrez avancer ensemble vers une solution.
Galen Low : J’aime beaucoup l’accent mis sur l’empathie, car bien souvent on oublie que la personne en face doit elle-même transmettre ces mauvaises nouvelles à d’autres… Savoir tenir compte de leurs réactions, et accompagner la compréhension, c’est fondamental. Ça va bien au-delà de « bien parler », c’est aussi une capacité à inspirer confiance dans l’adversité.
Megan Cotterman : Et il y a deux éléments complémentaires : l’écoute active et la capacité à réagir au quart de tour. On ne sait jamais quelle réaction on aura en face. Mieux vaut écouter, puis ajuster sa réponse en direct. C’est aussi ça la prise de parole : savoir improviser.
Galen Low : Qu’est-ce qui donne la confiance pour improviser face à l’inconnu d’une réunion ? Qu’as-tu tiré de ton parcours et de ta formation ?
Megan Cotterman : Bonne occasion de raconter mon parcours. J’ai toujours eu la réputation de « bien communiquer » en relation client. Mais en 2021, je suis passée cheffe de projet, et j’ai compris que c’était tout autre chose : pensée rapide, situations difficiles, groupes. Je devenais nerveuse aux kickoffs ou lors de discussions clients.
J’ai décidé d’aller plus loin. J’ai rejoint Toastmasters, l’association mondiale d’entraînement à la prise de parole, où l’on pratique en sécurité. Il y a notamment les « Table Topics » : répondre à une question surprise sur scène, sans délai de préparation. Cette pratique de l’improvisation se retranscrit en entreprise : on ne contrôle pas les réactions, mais on muscle sa capacité à répondre quoi qu’il arrive.
Galen Low : Ça m’impressionne toujours. Ce côté « parle sur un sujet inconnu en quelques secondes », c’est aussi effrayant qu’utile. Tu as des astuces ? Si quelqu’un est soudain invité à prendre la parole sur-le-champ sans préparation, comment s’y prendre ?
Megan Cotterman : Je commence toujours par « que cherche-t-on à aborder/atteindre ? ». Puis je rassemble mes idées. C’est un exercice que l’on peut pratiquer même seul : avant cette émission, j’ai répété à voix haute. Plus on synchronise cerveau et bouche, plus on est à l’aise dans l’action. Donc, avant une intervention, prendre cinq minutes pour formuler à haute voix ses idées aide énormément.
Galen Low : C’est un très bon réflexe. Parler à voix haute libère de la place mentale pour se concentrer sur l’essentiel, la transmission et l’écoute, plutôt que d’angoisser sur la formulation parfaite. Ainsi, le message passe mieux.
Megan Cotterman : Et il ne faut pas chercher à toujours avoir la réponse à tout. Parfois, il vaut mieux dire « laisse-moi réfléchir et je reviendrai vers toi », plutôt que de parler pour remplir le vide. L’honnêteté bâtit la confiance.
Galen Low : C’est fondamental, oui. L’art de bien parler ne doit pas devenir manipulation ou fausse assurance. Mieux vaut avouer une incertitude que d’inventer une réponse.
Megan Cotterman : Exactement. Oui.
Galen Low : Revenons sur l’aspect « introverti ». Beaucoup de chefs de projet sont plus discrets, parfois introvertis ou ambivertis… Penses-tu que ces profils seront condamnés alors que le métier sollicite de plus en plus des compétences de prise de parole ? Et si au contraire, l’on souhaite progresser, par quoi commencer ?
Megan Cotterman : Non, pas du tout : ce n’est pas forcément le plus bruyant qui réussit. Il faut d’abord faire honnêtement le point sur ses forces/faiblesses en communication. Demander du feedback à ses pairs, son manager. On a tous des marges de progression.
On peut être à l’aise à l’écrit mais moins dans un groupe important. Repérez là où ça coince : prise de parole en groupe ? Essayez l’impro ou Toastmasters. Plus on ose sortir de sa zone de confort, plus on développe cette résilience. Il s’agit de progresser étape par étape.
Galen Low : J’aime cette idée. Cela demande introspection et écoute active. Improv et Toastmasters font souvent peur, mais la progression passe par là. Pour ceux qui n’ont jamais franchi la porte d’une réunion Toastmasters, peux-tu raconter ta première expérience, ce que tu as ressenti et comment cela s’est passé ?
Megan Cotterman : Oui, j’étais terrorisée, à l’aise à l’oral en petit comité mais la peur d’être jugée face à l’inconnu… Ma gestuelle, mes nerfs, tout était à fleur de peau. Mais j’y allais en me demandant « qu’est-ce que je risque vraiment ? » Un peu d’inconfort, rougir, rentrer chez soi un peu honteuse… Mais on survit et on progresse.
Galen Low : Est-ce vraiment un espace sécurisé pour échouer et progresser ? Le climat y est-il toujours bienveillant ?
Megan Cotterman : Je fais partie des Toastmasters South Tampa, et on aime se dire qu’on est l’équivalent des AA de la prise de parole : ultra-solidaires, on s’encourage mutuellement, même quand quelqu’un est rongé par le stress. On se félicite et on crée une ambiance d’entraide. Toutes les sections Toastmasters suivent une culture de bienveillance, vous pouvez donc choisir celle qui vous convient le mieux. Ce sont des espaces de progrès où tout le monde est là pour s’améliorer, pas pour juger.
Galen Low : Merci d’avoir satisfait ma curiosité, ça démystifie beaucoup. Pour aller plus loin, penses-tu que les avantages dépassent le simple fait de « parler devant un groupe » ? Quels sont les bénéfices indirects ou inattendus ?
Megan Cotterman : Clairement. Grâce à Toastmasters et ce travail de fond, cela a transformé tous les aspects de ma vie. Oser l’inconnu, l’échec : tout cela m’a rendue plus résiliente, plus confiante. Quand tu m’as invitée sur ce podcast, j’étais nerveuse mais j’ai pensé : « Un nouveau défi, je peux le relever ». C’est cette résilience qui se construit avec la pratique.
Autre effet, la compréhension de l’audience : c’est utile au travail, mais aussi dans la vie, les amitiés, la famille. On écoute mieux, on gagne en intelligence émotionnelle, partout.
Galen Low : Je n’avais pas pensé à la résilience. Faire face à l’imprévu, que ce soit sur une grande scène ou en petite réunion, fait partie de la vie et de la carrière. Et la prise de parole, c’est s’exercer à affronter ce « tout peut arriver » qui rend plus fort. C’est vraiment une compétence de vie.
Megan Cotterman : Oui, c’est moitié état d’esprit, moitié prise de parole : les meilleures choses sont à l’extérieur de la zone de confort. Pratiquez, retombez, recommencez, c’est ainsi qu’on grandit.
Galen Low : La pratique, c’est aussi dans la vie professionnelle. Mais avoir un espace de sécurité dehors aide à progresser sans risquer l’erreur de carrière…
Megan Cotterman : Oui, tout dépend du stade auquel vous en êtes. Certains apprennent sur le tas, d’autres préfèrent s’entraîner hors cadre pro. Ce qui compte, c’est de s’exercer et de progresser à son rythme.
Galen Low : C’est aussi bon de rappeler que, vu de l’extérieur, on ne voit pas forcément le stress que l’autre vit en prenant la parole. Parfois, cela ne disparaît jamais tout à fait. Mais l’important, c’est de ne pas laisser la nervosité freiner sa progression.
Megan Cotterman : Oui, tout le monde stresse, même les plus à l’aise. Mais la différence se fait par la capacité à rester avec cette nervosité sans la laisser déteindre sur soi, et en persévérant, ça devient plus gérable avec le temps.
Galen Low : Tout à fait, que cela ne limite jamais votre évolution.
Megan Cotterman : Exactement.
Galen Low : Un mot sur l’avenir : comment vois-tu l’évolution de la prise de parole avec l’essor de l’IA et de la collaboration digitale ?
Megan Cotterman : Je constate que les gens recherchent plus que jamais le lien humain, même avec la technologie et l’IA omniprésentes. Avoir de solides compétences interpersonnelles, ça vous démarque dans ce monde automatisé. Ensuite, avec l’accélération de l’information, il devient crucial de savoir comprendre et réexpliquer rapidement et efficacement des idées complexes. Chez Toastmasters, nous sommes chronométrés : cela développe une conscience du temps et de l’efficacité — et je n’ai plus de patience en réunion pour ceux qui tournent en rond ! Il faudra de plus en plus « aller à l’essentiel ».
Galen Low : Ça résonne beaucoup car l’IA promet efficacité, donc il faut communiquer vite et bien, évaluer si le message est passé, et avancer. Haïr les réunions vient souvent de ce manque d’efficacité… Mais tout cela doit rester humain : inspirer, écouter, aligner, c’est autre chose qu’un chatbot. Il faudra exceller autant en techno qu’en compétences humaines.
Megan Cotterman : Oui, et si chacun apprenait à reconnaître quand son message est passé et savait s’arrêter, nous serions tous de meilleurs collègues !
Galen Low : J’adore.
Megan Cotterman : Petite pique, mais ce n’est adressé à personne…
Galen Low : Jim (rire).
Megan Cotterman : (rires)
Galen Low : Super, merci beaucoup. Pour conclure, as-tu une question pour moi ?
Megan Cotterman : Galen, peux-tu partager une situation où tes compétences de prise de parole ont réellement sauvé un projet ?
Galen Low : Bonne question ! Au début de ma carrière, « bébé Galen », j’étais de ceux qui craignent de décrocher le téléphone, par peur de… tout peut arriver, c’est effrayant. En réunion, je restais silencieux, mon patron était un grand orateur, je lui laissais tout gérer. En kickoff, une question purement de gestion de projet : je connaissais la réponse, mais j’étais tétanisé devant la trentaine de participants. Finalement, je me suis lancé : « autant tenter ». Et ça s’est bien passé, mon patron m’a même félicité discrètement. J’ai alors compris que la prise de parole pouvait vraiment faciliter l’alignement, éviter des quiproquos, et que cela valait largement de dépasser son inconfort. C’est ce qui a initié mon parcours d’apprentissage. Je n’étais pas prêt pour l’impro ou Toastmasters à ce moment, mais j’ai su que je devais progresser. Si je n’avais rien dit, 30 personnes auraient mal compris la suite.
Megan Cotterman : On peut tous s’y retrouver, cette crainte initiale… Et généralement, c’est beaucoup mieux que ce que l’on imagine. Tu savais la réponse, et c’est souvent ce qui donne la confiance pour oser. Merci pour ce partage, cela parlera à tous les chefs de projet qui se rappellent ce premier franchissement de cap.
Galen Low : Merci pour ce voyage dans le passé.
Megan Cotterman : Oui, ça fait du bien de constater le chemin parcouru… et tout ce qu’il nous reste à apprendre.
Galen Low : C’est ce qui compte : évoluer. Surmonter ce malaise, en général, ça amène du positif.
Megan Cotterman : Exactement.
Galen Low : Merci beaucoup Megan pour cette discussion, j’ai appris plein de choses et apprécié ce retour en arrière. Pour ceux qui écoutent, où peut-on te retrouver ?
Megan Cotterman : Merci Galen, ce fut un vrai plaisir. On peut me trouver sur managedbymeganpm.com ou sur LinkedIn : Megan Cotterman.
Galen Low : Super, j’ajouterai ces liens dans les notes de l’épisode. Si cela vous a intéressé, contactez Megan Cotterman, et encore merci Megan.
Megan Cotterman : Merci à toi, à bientôt.
Galen Low : Voilà, c’est tout pour cet épisode du Podcast Digital Project Manager. Si la discussion vous a plu, abonnez-vous où que vous écoutiez.
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