Galen Low s’entretient avec Courtney Johnston, directrice de l’engagement communautaire chez The Digital Project Manager, pour discuter de l’importance de placer l’humain au centre de la gestion de projet numérique et des résultats auxquels on peut s’attendre lorsqu’on le fait correctement.
Faits saillants de l’entretien
- Courtney est devenue cheffe de projet digital complètement par hasard. Elle a étudié le marketing en école de commerce. Son tout premier emploi était dans une agence de publicité à Waterloo, en Ontario. [1:31]
- Courtney a travaillé sur des microsites et réalisé de nombreuses bannières publicitaires avec Google. Elle s’est lancée dans le digital dans les années 2000. [4:25]
Mon hypothèse sur la gestion de projet centrée sur l’humain consiste vraiment à être conscient, à être présent, et à être une meilleure personne pour les humains qui nous entourent.
Courtney Johnston
- La pratique de la conception centrée sur l’humain consiste, dans sa forme la plus simple, à chercher les réponses en intégrant la perspective humaine et l’expérience humaine à chaque étape de tout processus que l’on cherche à résoudre. [15:12]
- La joie est l’une de ces émotions humaines préférées de Courtney. La joie est une émotion humaine forte, intense, magique. Et si vous pouvez susciter de la joie auprès de votre équipe, elle va rester. Les gens vont s’investir davantage pour résoudre un problème parce qu’ils sont heureux. [19:52]
- Courtney partage son anecdote sur les chips au ketchup. [20:44]
- Courtney partage certaines des compétences essentielles qu’un chef de projet devrait perfectionner pour diriger des projets de manière centrée sur l’humain. L’une d’elles est de rester dans une démarche d’apprentissage. Pratiquer, écouter, lire, absorber, s’inspirer. C’est le conseil numéro un de Courtney : inspirez-vous de tout ce que vous pouvez. [29:37]
- Écouter les conversations des autres, c’est ce que Courtney faisait à ses débuts. Elle écoutait les personnes plus expérimentées qu’elle lors de réunions. Elle notait mot pour mot ce que les gens disaient. [29:58]
- Passez du temps avec de vraies personnes dans leur environnement et suivez leurs indications et leurs besoins. [30:55]
- Identifiez vos super-utilisateurs, observez simplement leur façon de parler, leur langage corporel, ce genre de choses. [32:31]
Vous n’êtes pas censé tout savoir et c’est normal. Je pense qu’il faut réussir à accepter ce fait de “ne pas être” parfaitement à l’aise avec cela.
Courtney Johnston
- Ne vous attendez pas à ce que tout le monde sache tout, car personne ne sait tout et ce n’est pas grave. C’est normal de ne pas tout savoir. [41:31]
Ne soyez pas vulnérable simplement pour le principe d’être vulnérable. Soyez vulnérable si vous sentez que cela correspond vraiment à qui vous êtes.
Courtney Johnston
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Courtney Johnston est une cheffe de projet aguerrie ayant évolué en agence et en cabinet de conseil. Elle a travaillé sur presque tous les types de projets digitaux possibles. Ses clients ont compris des compagnies d’assurance internationales, de grandes entreprises de services financiers et des marques de détail de premier plan. Elle est fière d’être une facilitatrice, une personne empathique, une supportrice, et une conteuse d’histoires.
Présentez-vous simplement en étant vous-même. Apportez votre personnalité à vos projets, car c’est ce qui les rend exceptionnels.
Courtney Johnston
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Galen Low : Bonjour à tous, merci de nous écouter. Je m’appelle Galen Low et je fais partie de The Digital Project Manager. Nous sommes une communauté de professionnels du numérique dont la mission est de s’entre-aider à acquérir des compétences, prendre confiance et créer des liens pour amplifier la valeur de la gestion de projet dans un monde digital. Si vous souhaitez en savoir plus, rendez-vous sur thedigitalprojectmanager.com.
Très bien. Aujourd’hui, nous allons parler de l’importance cruciale de placer l’humain au centre de la gestion de projet digital, et des résultats auxquels vous pouvez vous attendre si vous le faites correctement. Avec moi aujourd’hui, la Directrice de l’Engagement Communautaire du DPM, Courtney Johnston, ou comme nous aimons l’appeler affectueusement, CJ !
Courtney Johnston : Salut Galen ! Je suis ravie d’avoir assisté à cette introduction en live. Tu ne le sais pas, mais je crois que je vais t’inscrire comme voix off sur des sites professionnels — ça serait une autre source de revenus, car franchement, c’est incroyable de t’écouter.
Galen Low : Ça serait trop drôle d’avoir un profil sur ce type de site ! Certains de nos collègues passent justement en revue ces bases de données de voix off, ils écoutent tout sur enceinte.
Merci pour ce compliment ! J’ai toujours trouvé ma voix nasillarde et assez désagréable. Mais tant mieux si toi — et peut-être d’autres — ne la ressentez pas comme ça.
Mais plongeons dans le sujet. Pour commencer, pourrais-tu raconter à nos auditeurs comment tu es devenue cheffe de projet digital et sur quels types de projets tu as travaillé ?
Courtney Johnston : Oui, c’est une histoire drôle, comme souvent ! Je suis devenue cheffe de projet digital complètement par hasard. Ce n’est pas un rêve d’enfant à 12 ans. J’ai fait des études en marketing. Mon premier emploi était dans une agence de publicité à Waterloo, en Ontario.
Ceux qui connaissent le secteur savent de quelle agence je parle. Un endroit absolument magique pour travailler, mais mon premier poste était celui de réceptionniste. Le seul que j’ai pu obtenir, mais j’étais tellement heureuse d’avoir un pied dans la porte. J’ouvrais le courrier – si vous vous souvenez de l’époque où l’on recevait du courrier ! J’ouvrais le courrier des autres, le triais et le livrais avec un chariot.
Je faisais des appels internes si quelqu’un était en retard en réunion, ce genre de choses… Mais je circulais toujours dans les couloirs à demander si quelqu’un avait besoin d’aide, ce que je pouvais faire. J’étais fascinée de voir l’équipe créative brainstormer et assembler de magnifiques publicités papier.
Même s’il s’agissait d’un outil agricole ou autre, je trouvais le processus incroyable et j’adorais voir tout s’assembler. Un jour, quelqu’un m’a dit : “Hé CJ !” (d’ailleurs, c’est là que ce surnom CJ a commencé, personne ne m’appelait comme ça avant cette année-là, c’était assez aléatoire !)
On m’a demandé : “Tu sais faire du HTML ?” J’ai répondu honnêtement : absolument pas, mais je peux apprendre. Ils m’ont donc montré comment ouvrir et fermer une balise. Puis ils m’ont confié des données à saisir dans Dreamweaver (vous vous souvenez de Dreamweaver ? Je me fais vieille !). Mais j’ai adoré.
J’ai adoré faire partie d’une équipe. C’était mon premier “vrai” job dans ce secteur, et j’ai tout embrassé à fond. J’ai travaillé avec ma meilleure amie, qui est restée côté traditionnel pendant que je plongeais du côté digital.
Aujourd’hui on parle encore souvent des différences de langage entre nos métiers, mais ma passion s’est vraiment construite autour du numérique. Mon mot préféré, Galen, tu le sais, c’est “hypothèse”. J’adore expérimenter, lancer quelque chose, voir ce qui se passe et, si besoin, changer de direction instantanément. Quand on rate un projet print (et ça m’est arrivé !), c’est bien plus difficile à corriger qu’un projet digital ! J’aime cette flexibilité car, en tant qu’humains, on fait toujours des erreurs. Ma carrière m’a amenée sur toutes sortes de projets.
J’ai touché à tout, même à la radio : produire une pub radio, c’est encore ce que j’ai préféré. Le processus est fascinant : on écrit le script, on trouve la voix, on enregistre, les techniciens font leur magie et, en trente secondes, la pub existe, elle part dans le monde, c’est incroyable. Bref, la radio, c’est super ! J’ai fait de l’affichage, des abris bus, du print, des mini-sites… Ma petite fierté : j’ai créé un paquet de bannières pour Google il y a des années et j’étais sur un mail avec Sergey Brin. Voilà pour le name-dropping du jour !
Galen Low : J’aimerais qu’on ait un klaxon pour chaque name-dropping !
Courtney Johnston : Oui, Sergey Brin — c’était l’âge d’or des bannières dans le digital. C’est impressionnant de voir le chemin parcouru par le numérique depuis que j’ai commencé dans les années 2000. Ça a tellement changé, c’est renversant.
On faisait du motion design et des bannières — on trouvait ça révolutionnaire ! Maintenant, les sites web sont devenus bien plus complexes, l’IA est partout, même des chiens robots… Le digital a tant évolué, alors que la pub papier est restée figée. Je ne regrette pas d’avoir choisi cette voie dès le début !
Galen Low : C’est tout le cœur du sujet : accepter de plonger dans un univers en mouvement, toujours prêt à apprendre, à ouvrir et fermer des balises… De la passion, de l’apprentissage, des hypothèses, tester et voir où ça mène… et surtout éviter les fautes de frappe sur une affiche de 20 mètres !
Courtney Johnston : Exactement, je ne suis pas allée jusque là… mais ça s’en est approché ! Depuis, j’ai tiré un trait sur le print. Et puis on continue toujours à apprendre, à découvrir de nouveaux outils, nouvelles méthodes, et c’est un flot continu, mais dans le bon sens — comme de l’eau fraîche en été !
Galen Low : Il faudra faire un épisode sur ce qui nous manque avec Macromedia Flash !
Courtney Johnston : Oh mon dieu !
Galen Low : Ce sera le prochain épisode !
Courtney Johnston : À t’abonner Galen !
Galen Low : Les plus jeunes auditeurs doivent se dire : “Ces gens sont vieux !” Et sûrement imaginer une scène à la Mad Men : salle du courrier, l’ascension…
Courtney Johnston : J’avais mon propre coupe-papier pour éviter les coupures !
Galen Low : Risque du métier !
Courtney Johnston : Fou !
Galen Low : Autre chose : tu es souvent décrite comme très empathique, et comme une conteuse née. Peux-tu répondre à ça ? Et en quoi cela t’a t-il aidée ou desservie dans ta carrière de cheffe de projet ?
Courtney Johnston : Très bonne question ! L’empathie a toujours fait partie de mon ADN, même enfant. Dans mes bulletins de maternelle, on disait que Courtney était trop distraite, car elle consolait un autre enfant en pleurs… Prendre soin, c’est dans ma nature, je n’ai jamais pu m’en défaire, même si j’ai cru, plus jeune, qu’il fallait être quelqu’un d’autre au travail.
Ce n’est pas toujours positif, parce que je peux porter sur moi le ressenti des autres. Mais aujourd’hui j’accepte qui je suis, j’assume et ça me fait du bien d’être dans le soin.
Quant au storytelling, suis-je douée ? Je ne sais pas, mais j’adore raconter, partager des histoires, écouter celles des autres, voir des conteurs à l’œuvre. C’est une compétence magique que j’essaie toujours d’améliorer. Ces deux qualités-là sont idéales en week-end au chalet ! Pour se faire des amis… Mais elles n’ont pas toujours été valorisées en entreprise. Il y avait une posture professionnelle à garder : pas d’histoires trop personnelles, pas de famille ni de vulnérabilité au travail… Je préfère l’analogie de l’équipe sportive à celle de la famille.
Mais travailler avec d’autres humains implique de créer du lien, d’apporter de la vulnérabilité. J’assumerai toujours. Oui, parfois je chante ma liste de tâches, c’est énervant ! Je peux être trop longue en réunion à raconter une anecdote absurde, mais… C’est moi ! Et je suis presque sûre que Ben (le CEO) a aimé ça à mon embauche, grâce à mes stories Instagram ! Si on me reproche d’être trop quelque chose, eh bien qu’on aille chercher moins ailleurs ! Restez vous-même ! C’est mon histoire, et je n’en bougerai pas.
Galen Low : Boom. J’adore ! D’ailleurs, insider : pour bosser au DPM, cartonnez sur Instagram !
Courtney Johnston : Ou soyez vous-même (et un peu fou !). Moi, j’ai fait ça !
Galen Low : J’aime beaucoup ton approche, surtout dans le contexte du management de projet. Parfois, on nous reproche d’être “trop chef de projet” : rigides sur l’heure de fin de réunion, ultra organisés, ou focalisés sur le budget — autant de stéréotypes robotiques. Alors qu’en réalité, on travaille avant tout avec des gens…
Courtney Johnston : Oui, et ces aspects “robotiques” font aussi partie du métier ! On doit suivre le budget, rendre compte, c’est crucial. Mais il y a une autre dimension : je ne pense pas être une cheffe de projet technique exemplaire — Galen, tu me battrais mille fois dans un concours PM ! Beaucoup d’aspects méthodologiques ou techniques ne sont pas mon terrain.
Ma force, ce sont les humains : comment va mon équipe, mes clients ? Est-ce qu’ils me détestent ? Est-ce que je peux inverser la tendance ? C’est là que j’excelle : donnez-moi un “mouton noir”, je l’apprivoise ! Les deux aspects doivent coexister : toutes les compétences et la dimension humaine. C’est là que la magie opère !
Galen Low : J’adore. On devrait lancer des “battles” de chefs de projet — ce serait épique !
Courtney Johnston : Désabonnez-vous ! (rires)
Galen Low : Le top serait qu’un jour, on dise “Regarde-toi, chef de projet conteur !” ou “chef de projet humain et empathique !” — ça compte tellement.
Mais creusons : en quoi le fait d’être “humain” influe-t-il sur la performance de l’équipe ou la réussite d’un projet ? On parle beaucoup de gestion de projet centrée sur l’humain, c’est un concept encore en chantier dans tes réflexions, non ? Peux-tu nous dire comment tu conçois cette approche : nouveau mode, philosophie, religion ?
Courtney Johnston : Oui, excellente question. Pour moi, après avoir eu la chance de travailler dans des agences très “human-centered design”, j’ai été fascinée. Dans mes expériences, même côté digital, c’était souvent encore traditionnel. Puis j’ai découvert l’approche centrée sur l’humain : “D’abord les humains ? Incroyable !” J’ai adoré l’idée, mais je ne la trouvais pas accessible aux PM. Je ne suis pas designer, alors intégrer cette méthodo… Mais au final, j’utilisais déjà beaucoup de cette magie dans ma façon d’être.
On m’a souvent dit que j’étais empathique. Plusieurs personnes m’ont dit que j’étais la meilleure cheffe de projet avec qui ils avaient bossé. J’étais surprise ! Je ne trouvais pas que je le méritais spécialement. Mais en creusant, la réponse était “tu étais là pour nous, toujours à l’écoute, à aider à résoudre les problèmes”.
Selon moi, la gestion de projet centrée sur l’humain commence par la conscience, la présence, le fait de remarquer ce qui se vit autour de soi, d’être meilleur humain avec les autres. On croit tous déjà le faire un peu, mais y mettre de l’intention, inclure l’expérience humaine à chaque étape, c’est fondamental.
Dans la conception centrée humain, il s’agit d’intégrer la perspective et l’expérience de l’utilisateur final à chaque étage du processus. C’est pareil en gestion de projet : on gère une équipe, des clients, des parties prenantes, tous utilisateurs du produit final. On tire le meilleur de chacun en étant humain, vulnérable, en montrant l’exemple.
J’y crois dur comme fer : cela apporte plus de profondeur, d’empathie, de joie, de direction. Apporter son humanité à son travail, à son équipe, à son avenir, ça change tout. Je veux toujours qu’il y ait de la joie dans ce que je fais. C’est mon émotion préférée. On a de la chance de ressentir ça en tant qu’humains, ce “profond contentement” qui n’est pas juste animal mais immense, subtil, intérieur.
Il y a les grandes joies (voir une œuvre d’art pour la première fois, savourer un plat, être parent…), mais aussi la petite joie quotidienne, qu’on peut amener au travail en étant pleinement soi, en lâchant le masque. Je pense aussi qu’il y a une forme de framework à appliquer, car les soft skills, ce n’est pas facile pour tout le monde. J’ai eu la chance d’être élevée dans l’empathie, mais j’avoue que je suis nulle en division, mais très forte avec Excel… On a tous nos points forts : lettres ou chiffres !
Bref, il y a un chemin pour ceux qui veulent développer ces compétences humaines, mais il faut rester ouvert et dans l’apprentissage. La joie peut s’apprendre si on veut en mettre plus dans sa vie, vraiment !
Galen Low : J’aimerais revenir sur ton point vital : penser à l’utilisateur final. D’habitude vu comme un réflexe de design, mais toi tu insistes sur l’expérience utilisateur du projet en lui-même, car en tant que PM, on construit ce cadre pour que l’équipe puisse réussir, sentir du soutien…
C’est une expérience conçue ! Mais alors la joie — est-ce qu’elle rend vraiment l’équipe meilleure ? Est-ce que la gestion de projet centrée sur l’humain donne de meilleurs résultats ?
Courtney Johnston : Oui ! Beaucoup à dire ici. Si tu amènes la joie au travail, tu obtiens de meilleurs résultats, c’est certain, j’y mets tout mon argent. La joie est un immense moteur humain, elle fidélise, motive, encourage la créativité. Même sur les projets les plus durs : je pense à mon anecdote des chips au ketchup.
En résumé, j’ai eu un client très difficile, une équipe de designers et d’UX, on travaillait en déplacement. La cliente ne voulait pas de nous. L’équipe déprimée. J’ai cherché à la comprendre, je l’ai invitée à déjeuner — moment vulnérable — elle mettait du ketchup partout. Au Canada, on a des chips goût ketchup ; j’ai eu l’idée de remplir un colis de produits au ketchup et de l’étiqueter “fournitures de bureau”, puis de lui envoyer.
Silence radio. Puis elle nous a à peine remerciés. À ce moment-là, j’ai su que j’avais tout tenté, mais rien ne marcherait avec elle. Je me suis alors recentrée sur l’équipe : les encourager, partager les bons et les mauvais moments, faire preuve d’empathie et rester dans le soutien. Elle ne nous a jamais aimés, mais l’équipe est sortie fière et soudée de cette expérience dure, et a livré un excellent résultat. Voilà la preuve que le facteur humain paie, même quand tout est contre vous.
Galen Low : C’est la meilleure cohésion d’équipe : on galère ensemble, mais on en tire une histoire. Quand le manager s’expose, devient vulnérable, ça fédère…
En plus, pour les équipes techniques parfois sur la défensive, ce lien humain fait tomber la carapace. Ils donnent leur maximum, même dans des conditions hostiles, parce qu’on leur a permis d’y croire. C’est une vraie force pour tout le monde.
Courtney Johnston : Exactement. Certains collègues sont des “non” ambulants. Mais en perçant cette armure par la connexion, tu obtiens plus de “oui” et d’engagement de leur part. Ils n’ont pas fait plus que leurs tâches, mais ils l’ont fait avec motivation, contre vents et marées !
Dans mon cas, j’ai choisi la stratégie “Pollyanna” (référence au film avec Shirley Temple — petite fille enjouée, inarrêtable !), toujours positive, même sous les coups. Mon équipe a apprécié que je tienne le coup : c’était important et gratifiant. Rien ne pouvait m’atteindre, et j’ai aussi de l’empathie pour la cliente : elle était forcée de travailler avec nous, je comprends. Mais, comment la faire briller malgré tout cela ?
Galen Low : Ça permet de prendre de la hauteur et d’aboutir à un excellent travail. Mais, les auditeurs doivent se demander “et si je ne suis pas rayonnant comme CJ ? Comment mettre en œuvre cette gestion centrée humain ?” Quels sont les savoir-être clés à développer ?
Courtney Johnston : Bonne remarque, pas besoin d’être Pollyanna ni continuellement positif ! Restez authentique : certains trouvent mon optimisme irritant, tant pis. Mais si ce n’est pas naturel chez vous, ne le forcez pas ! Parmi les compétences clés à envisager, selon mon hypothèse :
1. Sortir de votre propre zone, vérifier vos biais, rester ouvert aux idées nouvelles, ne pas laisser l’ego vous bloquer. Préservez toujours un minimum d’humilité, c’est essentiel.
2. Apprendre en continu, s’inspirer d’autres métiers, voler leurs meilleures techniques, observer, écouter, toujours être en mode apprentissage.
3. Passer du temps avec les équipes dans leur environnement, observer les besoins réels, voir les frictions. Être au plus près des interactions, du quotidien des collègues ou clients, ça vous donnera de précieux indices pour bien agir.
4. Identifier les “super-utilisateurs” — ceux qui excellent dans leur domaine, même s’ils sont d’un métier connexe. Observez-les, inspirez-vous de leurs méthodes, attitudes, etc.
5. Prendre du recul et regarder le parcours global, ne pas trop s’attarder aux détails. Analysez tout le processus ou la carrière “de bout en bout” et découvrez les opportunités ou failles cachées.
6. Toujours prototyper et tester : appliquer cette logique même à votre façon de travailler, de communiquer, de tenir des réunions. Si une méthode ne fonctionne pas, changez, testez, documentez les résultats, itérez, comme dans la vie !
Ce sont des leçons de vie autant que professionnelles, applicables par tous.
Galen Low : Ce qui est intéressant, c’est que ces conseils vont parfois à l’encontre de ce que croit un PM : “Je dois tout savoir, montrer l’exemple, maîtriser chaque détail.” En fait, apprendre, observer, s’ouvrir, ce sont des forces, pas des faiblesses ! Prototyper fait aussi partie du métier, même dans les méthodes de gestion !
Courtney Johnston : Exactement : il y a une couche de vulnérabilité, il faut accepter de ne pas tout savoir. Ce fut soulevé lors d’une conférence à laquelle j’ai assisté : “Doit-on tout savoir ?” Non ! Il faut assumer de ne pas tout maîtriser, laisser de la place à l’envie d’apprendre et à l’échec constructif. C’est en acceptant cela qu’on s’ouvre à l’amélioration continue.
Galen Low : Je suis d’accord. Passons au point de vue organisationnel : pour les entreprises et dirigeants qui seraient séduits, comment soutenir et développer cette approche ?
Courtney Johnston : Très bonne question. À ce stade, ce n’est qu’une hypothèse, mais il faut que l’organisation laisse tomber son ego “corporate”, ses idées reçues sur la façon dont un PM doit agir. Il s’agit d’accepter l’humain dans toutes ses dimensions, de permettre à chacun d’être lui-même complètement, sans façade, quel que soit le niveau hiérarchique.
J’ai travaillé en cabinet de conseil où c’était une réelle valeur, ce qui était précieux : pouvoir être totalement moi-même, chanter ma checklist même si ce n’est pas apprécié, ça n’a jamais été un problème ! Il faut que ce soit sincère, incarné par le leadership. Montrer sa vulnérabilité en tant que dirigeant, partager ses échecs, ses doutes, sa vie hors travail. Dire qu’il est normal de ne pas tout savoir, que c’est OK.
Galen Low : On dépense tellement d’énergie à porter un masque, faire semblant d’être infaillible, dissimuler ses erreurs. Pourtant, dans une organisation où l’on peut être soi-même, on est vraiment plus libre, et le travail n’en est que meilleur !
Courtney Johnston : Oui, je ne suggère pas à tous d’être démonstratifs, mais d’oser être authentiques. Quand on se reconnait dans l’autre, cela crée un immense lien. C’est ça qui fait la force de l’équipe.
Galen Low : Dernière question ! Tu disais que l’approche est encore en cours d’élaboration. Pour les auditeurs curieux, comment en apprendre plus sur la gestion de projet centrée humain ?
Courtney Johnston : Mon livre arrive… je plaisante ! Restez simplement dans la boucle pendant que j’explore, j’écris des articles sur le site, je teste des choses avec la communauté, je vais étoffer ce framework. Si vous avez des suggestions, contactez Galen ou moi-même, nos boîtes mails sont ouvertes. Patience, d’ici quelques mois, il y aura du concret !
Galen Low : Pour ceux qui l’ignoreraient, notre site fourmille de contenus sur cette thématique — thedpm.com. CJ est très active sur Instagram @thedigitalpm.,, et nous avons une communauté membre, un espace sûr pour échanger, s’entraider, faire grandir ces idées.
Et CJ y est omniprésente ! Si vous souhaitez lire, entendre ou voir davantage, on ouvre les vannes !
Courtney Johnston : Oui, venez nous rejoindre ! Cette humanité et cette authenticité s’expriment tellement sur le forum, où chacun ose poser ses questions, même “idiotes”. C’est fabuleux de voir la communauté réagir et s’entraider, je suis très fière d’en faire partie.
Galen Low : Merci CJ d’avoir participé à l’émission, toujours très enrichissant ! Reviens vite, j’ai hâte d’avancer sur la question de la gestion de projet centrée sur l’humain avec la communauté !
Qu’en pensez-vous ?
La gestion de projet centrée sur l’humain donne-t-elle vraiment de meilleurs résultats, ou n’est-ce qu’une nouvelle façon d’habiller la discipline ?
Racontez-nous : avez-vous déjà eu l’impression que votre empathie nuisait au projet ? Ou au contraire, avez-vous regretté de ne pas avoir opté pour une approche plus humaine ?
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