Pour certaines personnes, un bureau de gestion de projet (PMO) peut sembler être un concept dépassé plutôt qu’un véritable moteur d’innovation. Mais dans un monde où des postes non spécialisés en gestion de projet sont de plus en plus sollicités pour mener des projets et où les technologies émergentes nous poussent à repenser nos méthodes de travail, le PMO pourrait en réalité être la clé pour ouvrir l’avenir de la gestion de projet.
Galen Low est rejoint par Olivia Montgomery (analyste principale associée chez Capterra), Bruno Morgante (membre du conseil d’administration chez The PMO Leader) et Lauren Selley (directrice de la gestion de programme chez Code and Theory) pour explorer les défis auxquels font face les PMO, l’importance d’un leadership dynamique, et l’intégration de stratégies innovantes comme l’intelligence artificielle afin d’améliorer le succès des projets.
Temps forts de l’entretien
- Défis et idées reçues sur les PMO [03:18]
- Les PMO souffrent souvent d’une mauvaise réputation en raison de leur rigidité dans la standardisation, les politiques et les procédures.
- On suppose que les PMO imposent des modèles stricts, universels, limitant la flexibilité et l’innovation.
- Les PMO devraient être perçus comme des pôles d’innovation, intégrant l’adaptabilité dans leurs politiques.
- Des problèmes de leadership apparaissent lorsque de mauvaises personnes sont promues—certains excellent dans la gestion de projets mais ont du mal avec la gestion de portefeuille, tandis que d’autres sont stratégiques mais déconnectés des défis quotidiens.
- Des leaders de PMO efficaces doivent savoir équilibrer la stratégie de haut niveau avec une compréhension concrète des projets, en s’adaptant dynamiquement selon les besoins.
- Un changement de mentalité est crucial—les PMO doivent privilégier la flexibilité et les résultats plutôt qu’une adhésion rigide aux processus.
- Les leaders des PMO doivent relever le défi de changer les perceptions.
- Les PMO évoluent au-delà des structures de gouvernance et de contrôle rigides.
- Beaucoup associent encore les PMO à la bureaucratie, mais cette vision est dépassée.
- Le rôle du PMO moderne est de favoriser la réussite des projets.
- L’adaptabilité est la clé de cette transformation.
- Point de vue de l’agence : PMO vs Direction de la livraison [06:40]
- Beaucoup de personnes ne comprennent pas pleinement les objectifs d’un PMO, ce qui entraîne des idées reçues.
- Les PMO sont souvent perçus comme rigides et axés sur les procédures, plutôt que sur la réussite de l’organisation.
- La stigmatisation vient de l’assimilation des PMO à la bureaucratie plutôt qu’à l’efficience.
- L’essor de l’Agile a renforcé la croyance selon laquelle les PMO freinent la rapidité et l’adaptabilité.
- Ironiquement, des processus structurés et répétables peuvent améliorer l’efficacité et permettre une exécution plus rapide.
- Les idées reçues proviennent d’incompréhensions de la terminologie et du mode d’optimisation du travail par les PMO.
- Les méga-projets nécessitent une personnalisation, notamment dans les services aux clients.
- Les processus peuvent sembler restrictifs lorsque les clients ont des besoins uniques.
- Être un bon partenaire pour le client ne veut pas dire abandonner les approches structurées.
- Les leçons tirées des projets précédents peuvent améliorer les résultats tout en préservant la flexibilité.
- Avenir des PMO : adaptabilité et approche centrée sur l’humain [09:58]
- Les PMO passent d’une gouvernance rigide à un rôle facilitateur axé sur la réussite des projets.
- Ils fournissent désormais des outils, formations et ressources pour apporter de la valeur plutôt qu’imposer une seule façon de faire.
- L’adaptabilité est cruciale—les PMO adoptent des approches prédictives, adaptatives, hybrides et sur-mesure.
- Les compétences humaines comme la communication, le leadership et la collaboration deviennent essentielles.
- Les PMO jouent un rôle de plus en plus important dans la sélection et l’alignement des projets sur les objectifs stratégiques.
- L’IA s’intègre dans les processus PMO, améliorant l’efficacité et le support aux projets.
- La mentalité évolue du contrôle vers la collaboration—les PMO et les équipes doivent coopérer.
- Le leadership des PMO doit équilibrer la fermeté, la flexibilité et l’adaptabilité.
- Les outils et structures PMO aident à réduire la prise de décisions émotionnelle et les biais cognitifs.
- Ces outils favorisent des prises de décisions réfléchies, méthodiques et précises.
- Les PMO doivent être considérés comme des facilitateurs, non des gendarmes, aidant les équipes à diriger efficacement.
- Des outils comme les matrices RACI favorisent la collaboration et la prise de décision au sein des équipes.
- Les services clients nécessitent de l’adaptabilité afin de s’aligner sur les objectifs et besoins uniques des clients.
- Les chefs de projet ne sont pas de simples cocheurs de cases; la réussite exige plus que des modèles et des listes de contrôle.
- Les compétences relationnelles comme la collaboration, la négociation et la construction de relations sont essentielles.
- Chaque projet est unique—ajuster les processus tout en maintenant une structure est primordial.
- Demander « pourquoi » derrière chaque exigence garantit des résultats de projet pertinents.
- Comprendre les objectifs du client renforce les relations de long terme et les opportunités futures.
- La personnalisation n’est pas facultative; elle est nécessaire pour délivrer une réelle valeur.
- Éducation et formation : améliorer la réussite des projets [18:23]
- Une étude a montré que les PMO formels comme informels améliorent significativement les résultats des projets, avec moins de retards, un meilleur respect des budgets et une satisfaction accrue des parties prenantes.
- Même les PMO informels, tels qu’une petite équipe ou une seule personne, peuvent avoir un impact grâce à une meilleure gestion de la stratégie de portefeuille.
- Le facteur clé de la réussite est la clarté des rôles et des responsabilités à travers l’organisation.
- Un PMO aide à bien définir les rôles (ex. : chef de produit vs scrum master vs chef de projet) afin d’éviter toute confusion.
- Il est essentiel de bien comprendre l’autorité décisionnelle, l’exécution des tâches, la validation et les priorités de projet.
- Les entreprises ayant des définitions de rôles claires via les PMO réussissent deux fois plus leurs projets.
- Olivia recommande d’ajouter l’IA dans les matrices RACI pour clarifier les rôles, même pour des tâches simples comme le reporting d’avancement.
- Il existe une résistance et des craintes quant au remplacement des chefs de projets et des membres des équipes par l’IA.
- L’utilisation des matrices RACI aide à adresser ces préoccupations en définissant clairement le rôle et l’impact de l’IA sur le projet.
- L’IA et le futur de la gestion de projet [22:15]
- Les entreprises doivent clairement définir à quoi ressemble la réussite d’un projet, au-delà du simple triptyque périmètre, temps et budget.
- L’accent doit être mis sur l’apport de résultats, de bénéfices et de valeur, plutôt que sur la simple clôture du projet.
- Les PMO doivent s’aligner sur les objectifs de l’organisation et non seulement se reposer sur les métriques de gestion de projet traditionnelles.
- L’IA aura un rôle dans l’amélioration de la réussite des projets et l’alignement des projets avec la stratégie.
- La stratégie et l’exécution doivent être intégrées; les entreprises consacrent souvent trop de temps à la stratégie sans planifier sa mise en œuvre.
- L’IA peut contribuer à améliorer les projets réussis, mais un système défaillant doit d’abord être corrigé pour permettre à l’IA d’être efficace.
- La flexibilité en gestion de projet peut être atteinte en proposant différentes voies en fonction des priorités et facteurs de succès.
- Il convient de comprendre les besoins, seuils et critères de réussite de la direction, des cadres et des clients.
- Avec les modèles de projet hybrides, on peut adapter les modes de gestion, comme se concentrer sur le temps ou les coûts selon les priorités.
- Certains comités de direction préfèrent une approche en cascade avec des délais et des coûts bien définis, tout en étant flexibles sur les livrables et critères de réussite.
- Les plans de projet « taille unique » ne sont pas efficaces; l’adaptation en fonction des objectifs du projet et des besoins de l’équipe est essentielle.
À quoi bon livrer un projet parfaitement, si au final il produit quelque chose que personne n’utilise ? Prenez donc du recul, définissez correctement la réussite et assurez-vous que l’organisation partage la même vision.
Bruno Morgante
- Explorer l’IA dans la gestion de projet [27:26]
- Lauren adopte l’IA et la technologie pour automatiser les tâches routinières et se concentrer sur les décisions stratégiques.
- L’IA est essentielle pour améliorer l’efficacité et fournir des solutions basées sur l’intelligence artificielle aux clients.
- L’automatisation dans les logiciels permet d’optimiser la budgétisation, la génération de rapports et la gestion des ressources.
- La technologie peut personnaliser la formation et l’enseignement, en s’adaptant aux styles d’apprentissage des individus.
- Du contenu créatif, comme l’utilisation de la tournée de Taylor Swift pour des analogies de gestion de projet, accroît l’engagement.
- L’IA et l’automatisation réduisent les tâches administratives, permettant de consacrer plus de temps à un travail à fort impact.
- L’avenir de la gestion de projet et de l’IA [30:59]
- Les chefs de projet ne sont pas menacés, leur rôle demeurera nécessaire et continuera à se développer à l’avenir.
- Les PM doivent s’adapter, se concentrer sur la communication efficace et être flexibles dans un monde en évolution.
- L’évolution vers le travail par projet augmentera la demande en chefs de projet.
- L’IA aidera les PM en automatisant les tâches administratives et en fournissant des analyses précieuses.
- L’IA peut résumer les leçons tirées, apportant une valeur ajoutée pour les projets futurs.
- Les clients et les dirigeants privilégient l’interaction humaine au lieu de se fier uniquement aux logiciels ou aux tableaux de bord.
- Les gens souhaitent un service personnalisé, comme on le voit dans les tendances du service client, où ils préfèrent parler à un représentant humain.
- Les chefs de projet, ou rôles similaires, sont essentiels pour assurer ce lien humain et cette connaissance du projet.
- L’automatisation ne peut remplacer le besoin de communication humaine en gestion de projet.
- Les chefs de projet débutants ont souvent du mal à comprendre l’évolution de leur carrière, car ils manquent d’expérience, même s’ils accomplissent toutes les tâches.
- L’expérience comprend l’anticipation des risques et la compréhension des subtilités acquises lors de projets précédents, ce qui ne s’apprend pas uniquement dans les données.
- Les équipes internationales rencontrent des complexités supplémentaires, telles que les différences culturelles, qui nécessitent une compréhension humaine.
- Tandis que l’IA et la technologie assistent pour les tâches banales, les chefs de projet restent indispensables pour gérer les personnes et les situations complexes.
- Le rôle des chefs de projet, surtout ceux disposant d’expérience, restera nécessaire malgré les avancées technologiques.
C’est un outil formidable à avoir : la technologie, l’IA, tout ce qui aide pour l’administratif — mais le rôle du chef de projet ne disparaîtra pas. Nous sommes axés sur l’humain, et ce rôle continuera d’exister.
Lauren Selley
- Défis et solutions pour les petites agences [37:02]
- Pour prouver la valeur du PMO, commencez par montrer les résultats et optimiser les processus.
- Créez un argumentaire avec un « pourquoi » clair pour démontrer l’impact sur les objectifs de l’organisation.
- Passez d’une vision du PMO comme centre de coûts à celle de contributeur à la rentabilité et à l’efficacité.
- Favorisez la collaboration : travaillez avec des personnes à différents niveaux de l’organisation pour adresser les défis à la fois tactiques et stratégiques.
- Évitez de travailler en silos ; intégrez différents points de vue pour résoudre efficacement les problèmes.
- Rôle et structure du PMO [39:24]
- Le besoin d’un PMO dépend du nombre et de la taille des projets d’une entreprise.
- Les petites entreprises ou startups n’ont pas forcément besoin d’une structure PMO complète, surtout si leurs projets ne sont pas clairement définis.
- Un PMO peut être aussi petit qu’une à trois personnes, selon les besoins et objectifs de l’organisation.
- L’essentiel est d’aligner la structure du PMO avec les exigences et objectifs spécifiques de l’entreprise.
- Les priorités concurrentes sont courantes, et un PMO aide à les gérer.
- Idéalement, le PMO devrait occuper une position neutre dans l’entreprise, sans relever d’un seul département (par exemple, CTO, DSI, opérations).
- Une position neutre permet au PMO de jouer le rôle de médiateur entre les départements aux priorités différentes.
- Sans PMO neutre, les motivations conflictuelles des départements peuvent conduire à des affrontements.
Dès que vous avez des idées opposées—les opérations veulent ceci, les RH veulent cela, l’informatique a d’autres besoins—c’est précisément là qu’un PMO est nécessaire pour aider à gérer la situation et fournir un espace neutre. Si vous ne créez pas un espace neutre, chacun prendra parti selon son département et ses motivations, et cela mènera à des affrontements.
Olivia Montgomery
- Faire évoluer les mentalités et efforts collaboratifs [41:58]
- Utilisez la technique des “cinq pourquoi” pour explorer en profondeur les problèmes sous-jacents.
- Comprenez la cause racine avant de proposer des changements.
- Par exemple, si les employés sont épuisés, demandez pourquoi et remontez à la cause (par exemple, surestimation des projets, passages de relais des ventes).
- En identifiant la cause racine, vous pouvez résoudre plusieurs problèmes secondaires.
- Beaucoup se concentrent sur les problèmes superficiels, en laissant de côté les causes plus profondes.
- L’approche du “pourquoi” fonctionne également pour aborder la réticence des chefs de projet à suivre les directives.
- Demandez pourquoi un chef de projet ne produit pas de rapports afin de découvrir les véritables problèmes.
- Souvent, ce n’est pas de la paresse ; il peut s’agir d’une peur d’être blâmé ou de l’irrélevance des rapports.
- Le problème peut être organisationnel, pas lié aux actions du chef de projet.
- Veuillez porter ces sujets à la bonne table pour un vrai débat.
- Rôles du PMO et collaboration [44:36]
- Les rôles du PMO doivent être collaboratifs et impliquer plusieurs départements, pas seulement les chefs de projets.
- Ce n’est pas une question de titres ; il s’agit de collaboration interfonctionnelle.
- Se reposer uniquement sur les chefs de projets pour créer des solutions sans contribution des autres départements peut entraîner des résistances.
- Les titres peuvent compter pour l’autorité lors de la budgétisation ou des validations, mais pas pour la prise de décision elle-même.
- Identifiez les personnes ayant des qualités clés : remise en question du statu quo, esprit dynamique, capacité de résolution de problèmes, et promotion de la transparence.
- Cherchez ceux qui savent prioriser sans compromis et motiver la collaboration.
- Valorisez les personnes qui encouragent un dialogue ouvert et jouent le rôle de point central pour la collaboration de l’équipe.
- Favorisez une culture de collaboration en s’appuyant sur les atouts de ces individus.
Rencontrez nos invités
Olivia Montgomery est analyste en leadership éclairé pour les tendances de la gestion de projets chez Capterra, dont les recherches ont été citées dans Forbes, Bloomberg, Supply Chain World, TechRepublic, CIO Dive, et bien d’autres.
Tentez d’identifier les compétences et qualités recherchées—qui est toujours en train de questionner et de remettre en cause le statu quo, qui va plus loin, et qui incite les gens à s’exprimer ouvertement. Trouvez ces personnes, amplifiez leur voix et faites-les piloter la collaboration.
Olivia Montgomery
Bruno Morgante est un professionnel chevronné de la gestion de projets avec plus de 20 ans d’expérience dans de grands conglomérats multinationaux. Il a constamment obtenu des résultats commerciaux, amélioré les processus et dirigé des équipes performantes. En tant que membre du conseil d’administration de The PMO Leader, Bruno contribue à définir la vision de l’organisation et offre des conseils pour renforcer la performance et le leadership du PMO à l’échelle mondiale. Il est également fortement impliqué dans le mentorat, offrant bénévolement ses conseils en leadership, développement personnel et gestion de projets à ceux qui souhaitent progresser. Bruno est reconnu comme l’un des 25 meilleurs leaders d’opinion et influenceurs mondiaux en gestion de projet selon Thinkers360.
Permettre au PMO de jouer son rôle consiste à s’éloigner du concept « une solution unique pour tous »—de passer du rôle de gardiens du contrôle et de la gouvernance—pour évoluer vers un rôle où notre mission est de vous accompagner, vous et vos projets, vers la réussite, en vous aidant à atteindre vos objectifs et à apporter de la valeur à l’organisation.
Bruno Morgante
Lauren Selley est directrice de la gestion de programmes chez Code and Theory, où elle supervise des portefeuilles d’entreprise et des équipes projets interfonctionnelles, en se concentrant sur le design et le développement mobile et web. Avec plus de 14 ans d’expérience dans l’industrie technologique, elle a dirigé et lancé des expériences client primées pour des clients tels qu’Albertsons, Kaiser Permanente, Diageo, State Farm et Dosist. Lauren a débuté dans la technologie au début des années 2000, motivée par son intérêt pour le codage de sites personnels et la personnalisation de Myspace. Au-delà de son activité professionnelle, elle s’engage à créer un environnement de solidarité, mettant en avant l’importance de l’inclusivité et de la collaboration au sein des équipes.
La valeur du PMO réside dans sa capacité à soutenir les objectifs globaux de l’organisation. Si nous pouvons faire évoluer les mentalités pour dépasser le stigmate associé au nom et que l’on considère le PMO plutôt comme un groupe qui souhaite réellement aider l’organisation à atteindre ses objectifs, les dirigeants commenceront alors à y voir un moteur de rentabilité et d’efficacité.
Lauren Selley
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Lisez la transcription :
Nous essayons de retranscrire nos podcasts à l’aide d’un logiciel. Nous vous prions de nous excuser pour toute faute de frappe, car le robot n’est pas toujours exact à 100 %.
Galen Low : Paperassiers. Policiers du processus. Rabat-joie. Le Project Management Office (bureau de gestion de projet, ou PMO) a souvent toute une flopée de surnoms peu flatteurs. Bien qu'à l’origine il ait été créé pour apporter cohérence, évolutivité et une livraison de valeur sans chaos, ceux qui en subissent les conséquences ressentent parfois des restrictions, de la bureaucratie et de l’uniformité.
En fait, pour certains, un bureau de gestion de projet sonne plus comme un vestige poussiéreux que comme un vivier d’innovation. Mais dans un monde où les postes non liés à la gestion de projets sont de plus en plus censés livrer des projets, et où les technologies émergentes nous obligent à changer radicalement nos modes de travail, il se pourrait que le PMO soit justement la clé pour libérer l’avenir de la gestion de projet.
Bonjour à toutes et à tous, merci de nous rejoindre ! Je m’appelle Galen Low avec le Digital Project Manager. Nous sommes une communauté de professionnels du digital partageant la mission de s’entraider à développer nos compétences, gagner en confiance et tisser des liens afin d’amplifier la valeur de la gestion de projet à l’ère numérique. Si vous souhaitez en savoir plus, rendez-vous sur thedpm.com/membership.
Aujourd’hui, je voulais partager une discussion en direct que nous avons animée, où nous avons mis en confrontation différentes perspectives, en combinant les regards d’une cheffe d’équipe PM respectée en agence, d’une analyste de l’industrie reconnue et d’un expert en PMO, pour explorer comment dessiner le PMO du futur, et s’il vaut vraiment la peine de tenter cette démarche.
Mes trois intervenant·es étaient Lauren Selley de Code and Theory, Olivia Montgomery de Capterra et Bruno Morgante de The PMO Leader. Voici comment la conversation s’est déroulée.
Nous sommes ici pour parler de l’avenir du Bureau de Gestion de Projet, familièrement appelé le PMO. Et la plupart d’entre nous le connaît comme un organe central qui supervise la livraison des projets dans une organisation. C’est généralement la personne ou le groupe chargé d’apporter la cohérence dans la livraison des projets, d'avoir une vision panoramique de tous les projets en cours et à venir, et de collecter connaissances, données et leçons tirées de projets couronnés de succès… ou non.
Certains·es d’entre nous le connaissent aussi comme une vraie épine dans le pied, ajoutant de la complexité à des choses qui devraient être simples, brisant la créativité, appliquant des pratiques datées de façon rigide et se mêlant globalement des affaires d’autres départements. Certaines organisations n’ont même plus de PMO aujourd’hui. Elles préfèrent quelque chose comme un bureau d’habilitation stratégique.
Ou peut-être une communauté de pratique en gestion de projet. J’ai l’intuition que le PMO est sur le point de renaître, et voici pourquoi. La gestion de projet, en tant que compétence, est en plein essor. Mais tous les projets ne sont pas menés par des chefs de projet formés. Des spécialistes aux cadres, tout le monde est désormais censé savoir livrer des projets.
De plus, les projets sont plus nombreux que jamais, mais ils prennent des formes diverses et doivent être adaptés à leurs besoins spécifiques. Entre de mauvaises mains, cela ne fait qu’augmenter les risques. Ainsi, si le PMO a autrefois été vu simplement comme un organe de gouvernance, ne pourrait-il pas devenir un véritable incubateur d’innovation, pour explorer de nouvelles façons de livrer des projets de façon sûre et, espérons-le, non chaotique ? Voilà ma théorie. C’est ce que je souhaite valider aujourd’hui avec mes ami·es expert·es.
Pour commencer, je vais solliciter Olivia, mais j'aimerais aussi entendre tout le monde. Olivia, de ton point de vue, les PMO ont-ils mauvaise réputation ? Et pourquoi la réponse est-elle oui ?
Olivia Montgomery : Oui, dans la plupart des cas. Tu l’as déjà un peu évoqué. Dès qu’on introduit des standardisations, bonnes pratiques, politiques et procédures, cela devient très rigide quasiment instantanément. Et les gens pensent automatiquement « Ah, c’est fichu, on aura un modèle unique pour tout ».
Peut-être deux si on est d’humeur, mais c’est tout. Ils partent de ce principe de rigidité et ça ne marche tout simplement pas. Le PMO doit certainement devenir un pôle d’innovation. Il faut garantir flexibilité et adaptabilité lors de l’élaboration de ces politiques et procédures.
D’un autre côté, il arrive souvent que les mauvaises personnes soient promues ou recrutées à la tête d’un PMO. Parfois, c’est quelqu’un qui gérait très bien ses projets, mais qui n’arrive pas à prendre du recul au niveau d’un portefeuille plus large. Ou à l’inverse, on place à la tête un leader très stratégique mais incapable de plonger dans le concret du quotidien. Il faut des leaders capables d’alterner court et long terme.
Parfois, il faut savoir le faire d’heure en heure. Identifier les bons profils pour piloter le PMO est essentiel, tout comme faire évoluer son état d’esprit vers plus de flexibilité, d’adaptation… et non l’application mécanique d’un modèle.
Galen Low : J’adore. Des gens qui comprennent qu’« uniformiser » n’est pas « figer ».
Bruno, tu diriges des PMO depuis un moment. J’imagine que tu as mené ce combat. Comment fais-tu pour expliquer que non, le PMO n’est pas là juste pour taper sur les doigts dès qu’on dévie un peu ?
Bruno Morgante : C’est une lutte difficile pour bon nombre de responsables PMO. Il est important de voir comment les PMO évoluent. J’en ai été témoin ces dernières années. Bien sûr, ce n’est pas le cas partout, mais il y a ce mouvement visant à déplacer le PMO vers un tout autre rôle. En résumé, ce n’est plus seulement structure, contrôle, gouvernance façon « gardien du temple ». Beaucoup associent encore le PMO à ce modèle, mais c’est dépassé.
Aujourd’hui, il s’agit d’être en capacité de faire réussir les projets. Olivia a mentionné l’adaptabilité, c’est un mot-clé que l’on va sûrement beaucoup citer.
Galen Low : Je veux y revenir, mais passons d’abord du côté agence, avec Lauren…
Dans mon expérience, parfois les agences rechignent à employer le mot PMO et préfèrent des termes comme « delivery leadership » ou « services clients », ce qui est très bien. Mais Lauren, selon toi, est-ce simplement une histoire de sémantique ? Ressens-tu une sorte d’allergie culturelle au concept de PMO en agence ?
Lauren Selley : Il y a clairement une forme d’allergie, et on en comprend facilement la source. D’ailleurs, je serais curieuse de savoir combien parmi nous savent vraiment quels sont les objectifs d’un PMO.
Pour ma part, lors de mes premières années, « PMO » ou « département de gestion de projet » étaient utilisés indifféremment, personne n’expliquait vraiment leur finalité. Le grand défi vient du stigmate attaché au rôle du PMO.
On cherche à aligner les projets sur les objectifs business et à favoriser le succès collectif. Si le même groupe s’appelait « équipe réussite organisationnelle », est-ce que quelqu’un s’y opposerait ? Alors que « le PMO », comme le disait Olivia, évoque le process rigide, la voie unique.
La vie en agence, c’est le rush en permanence. Ces dix dernières années, l’essor de l’agilité fait que tout le monde veut être flexible, réactif… et le PMO apparaît associé aux processus, donc perçu comme l’ennemi de la vitesse. Alors qu’en réalité, mettre en place des pratiques solides et répétables permet justement d’aller plus vite. Il s’agit donc d’une mauvaise perception des termes et de la réalité de notre amélioration continue.
Galen Low : Tu as raison. Par souci sémantique, on change le mot, mais on oublie parfois pourquoi on fait les choses et comment ce « cadre » peut servir à éviter que chaque projet ne soit unique, tout en gardant flexibilité et adaptation.
D’ailleurs, bon nombre de projets en agence sont très conséquents ; impossible d’improviser. Beaucoup d’agences doivent l’accepter aujourd’hui.
Lauren Selley : C’est tout à fait vrai. En travaillant sur un méga-projet, il y a énormément de personnalisation à faire côté client. Cela peut effrayer : on ne peut pas dire « ça ne marche que comme ceci » si le client veut différemment.
On veut rester un partenaire à l’écoute, mais cela ne signifie pas qu’on ne doit rien tirer d’autres expériences passées pour améliorer la réussite collective.
Galen Low : Excellent.
J’aimerais creuser ces visions futures pour le PMO. Bruno, tu as mentionné avoir observé des évolutions très intéressantes, et Désirée dans le chat parle d’un PMO rattaché à l’innovation. Que vois-tu, Bruno, dans les dernières évolutions du PMO ? Quel impact cela a eu ?
Bruno Morgante : Depuis quelques années, on observe justement cette transition du PMO « contrôle et gouvernance » vers le PMO « facilitateur ». C’est la clé. Il ne s’agit plus d’un « taille-unique », ni d’être les gardiens du temple, mais d’accompagner les projets vers la réussite, la création de valeur pour l’organisation.
J’ai noté que les PMO fournissent de plus en plus d’outils, de ressources, de formations, et ce pas seulement aux chefs de projet, mais à tous les collaborateurs, pour expliquer pourquoi certaines méthodes apportent de la valeur ajoutée. Finie l’idée d’une seule manière de conduire les projets : place à l’adaptive, au prédictif, à l’hybride, avec des approches sur-mesure selon le contexte. Adaptabilité, toujours.
Autre évolution que j’apprécie beaucoup : l’accent mis sur l’aspect humain. Les compétences essentielles : communication, leadership, collaboration, adaptabilité, esprit stratégique… Appliquer cela au quotidien change la relation à l’ensemble de l’organisation.
Ce n’est plus « les gardiens » d’un côté : nous travaillons tous ensemble pour que cela fonctionne. Les PMO modernes jouent aussi un nouveau rôle dans la sélection et la priorisation des projets, en lien avec les objectifs stratégiques. Ils ne livrent plus tout ce qui arrive, ils se demandent ce qui a vraiment du sens, basculant même vers la gestion de portefeuille.
Récemment, on voit ces PMO intégrer l’intelligence artificielle dans leur quotidien. Cela ouvre énormément de nouvelles possibilités d’optimisation, à la fois sur les processus et sur le support aux projets.
Mais pour que l’IA soit utile, le PMO doit déjà être engagé dans ce parcours de transformation, et non figé dans « c’est comme ça chez nous, suivez ».
Galen Low : J’aime ce ton collaboratif, mais aussi l’importance de la dimension humaine, non ? Le PMO robotique, c’est ce que tout le monde croit, mais Bruno tu parles souvent d’un PMO centré sur l’humain.
Olivia Montgomery : Je dois intervenir. C’est ça : force, flexibilité, adaptabilité, surtout chez les leaders PMO. Le rôle des outils, process et standardisation, c’est d’aider à prendre des décisions moins émotionnelles, corriger les biais et les sophismes dans nos raisonnements.
On doit faire comprendre que ces outils sont là pour mieux travailler ensemble et soutenir les responsables. Ce n’est pas téléguider à suivre une liste de tâches. Ainsi, même des outils comme des matrices RACI permettent d’améliorer la prise de décision collective.
Galen Low : J’adore. Les outils ne font pas la compétence.
Lauren, revenons sur la personnalisation et l’adaptation. Dans le monde des services clients, tout est dans l’humain, non ? Peux-tu expliquer à quoi ressemble ce processus de flexibilité au quotidien ?
Lauren Selley : Absolument. Il y a plusieurs façons de montrer que votre processus repose sur un cadre, mais n’est pas figé, qu’il peut s’adapter. Je suis convaincue que les chefs de projet ne sont pas de simples cocheurs de cases.
Si vous vous limitez à cela, vous passez à côté du rôle dans son ensemble. Remettre une ceinture à outils pleine de modèles et listes de contrôle ne suffit pas pour réussir : c’est ici que les soft skills entrent en jeu, la compréhension du client, la capacité à négocier, à avoir des conversations difficiles…
Quand tout devient complexe, le succès passe par la relation, la compréhension des buts profonds, pas par l’application mécanique de modèles. Tout projet est unique, le chaos est la norme, mais on décide au mieux pour son équipe et ses clients en fonction de leur vraie demande du départ.
On peut tout adapter, mais il faut les compétences relationnelles et la vision du sens derrière le besoin. Il ne suffit pas de recueillir les exigences, il faut comprendre si cela a du sens. Mon métier de business analyst m’a appris à toujours chercher le pourquoi, ce qui pose les bases pour aider le client à réussir son projet actuel… et les prochains.
Bref, il est impensable de ne pas personnaliser.
Galen Low : J’adore. Ce n’est pas juste « dire », c’est surtout « écouter » !
La dimension formation et acculturation, Bruno tu en parlais tout à l’heure : ce n’est pas déployer des modèles, mais aussi sensibiliser tout le monde à la valeur des projets. Des exemples de bonnes pratiques, managées avec ou sans IA ?
Olivia Montgomery : J’ai réalisé une étude sur ce sujet, en interrogeant des chefs de projet dans des entreprises avec PMO formel existant. Même un PMO informel produit un impact considérable : retards plus rares, meilleure tenue des budgets, satisfaction accrue des parties prenantes.
La clé, c’est la clarté des rôles et responsabilités, pour tous dans l’entreprise, pas juste les PM : qui fait quoi, qui décide, qui valide, qui définit les priorités, qui exécute ? La construction d'un vrai dictionnaire commun par le PMO est centrale. Les entreprises qui le font doublent leur taux de réussite projet.
Galen Low : J’adore l’idée de la clarté comme mission du PMO, au sein de l’équipe projet et plus largement dans l’organisation.
Olivia Montgomery : Je conseille déjà aux PM qui expérimentent avec l’IA de lui attribuer un rôle précis sur une matrice RACI lorsqu’elle intervient dans un projet. Cela aide à lever les craintes d’automatisation, clarifier les responsabilités et à rassurer les équipes.
Galen Low : Excellente idée ! Je vais essayer et voir combien de « A » finissent par impliquer l’IA. Allons plus loin, car nous parlons d’intelligence artificielle…
Bruno, si tu imagines un PMO du futur centré sur l’humain et dopé à l’IA, à quoi cela ressemble-t-il ? Quelles sont ses caractéristiques ?
Bruno Morgante : Il faut d’abord que les entreprises définissent réellement ce à quoi ressemble la réussite. Il existe encore un écart énorme : beaucoup considèrent la réussite projet selon le « triangle d’or » (coût, délai, périmètre). Or, livrer dans les temps et les coûts un outil inutilisé n’a aucun intérêt.
Il faut donc faire évoluer la définition du succès au niveau de l’organisation, vers la génération de valeur et de bénéfices. Une fois ce cap franchi, le PMO joue un tout autre rôle… et avec l’IA, il peut aller beaucoup plus loin pour aider au déploiement de la stratégie d’entreprise.
Mais l’IA ne peut améliorer que ce qui fonctionne déjà convenablement. Si quelque chose est cassé, il faut d’abord le réparer.
Galen Low : J’adore cette idée : redéfinir la réussite projet, la dépasser pour s’intéresser à l’impact réel, même si le ROI ne se mesure qu’après la fin du projet.
Olivia Montgomery : Effectivement, être flexible c’est aussi proposer divers parcours adaptés selon les attentes des décideurs. Par exemple, certains privilégieront le respect des délais plus que le budget, d’autres l’inverse. On peut utiliser des modèles hybrides permettant cette flexibilité, selon la définition du succès souhaitée.
Galen Low : On se croirait dans un livre dont vous êtes le héros : cette situation implique ceci, allons dans ce sens, ou alors faisons différemment si besoin…
Lauren Selley : Il y a tellement d’opportunités ! Beaucoup craignent l’IA, mais pour ma part, je dis : amenez-moi toute la tech ! J’adore l’idée de faire disparaître l’administratif pour me centrer sur le stratégique.
Bien sûr, le terme IA fait le buzz, on voit le mot partout mais ce n’est pas près de disparaître. Les clients demandent des solutions utilisant l’IA, on doit s’en servir pour être plus efficace, automatiser, mieux gérer les ressources, former plus vite, produire du contenu sur-mesure.
La technologie permet aussi d’adapter les styles d’apprentissage à chaque personne ou client, pour favoriser l’évolution des compétences, côté équipe comme côté client.
Je n’aime pas fixer ou prendre des comptes-rendus de réunion. Que ce soit automatisé ! Je préfère me consacrer aux décisions stratégiques.
Galen Low : Opportunity risk également : ne pas consacrer ses gains de temps à plus d’administratif, mais bien réfléchir à comment agir stratégiquement pour l’organisation.
Aujourd’hui, beaucoup de projets sont gérés par des non-PM, non formés à la gestion de projet, et on a un PMO innovant, collaboratif et agile. Est-ce deux menaces sur le métier de chef de projet ? Et l’IA, va-t-elle le remplacer ? Un avis, Bruno ?
Bruno Morgante : Pas du tout. Le besoin en chefs de projet ne va faire qu’augmenter. Il faut cependant aller au-delà des standards appris il y a 15 ans lors de sa certification : communication, adaptabilité, sens de l’analyse. Le monde évolue vite, et le PM aussi, mais la demande est réelle et durable.
L’IA va permettre de supprimer toute la partie fastidieuse et administrative, mais aussi d’apporter des insights précieux. Les leçons apprises, par exemple, collectées et synthétisées via l’IA, constituent un immense gain pour le chef de projet.
Galen Low : Parfait, un vrai « briefing de mission » !
Olivia Montgomery : Et comme l’a souligné Matthew sur le chat, les clients veulent garder un contact humain. Même à l’heure de l’automatisation, l’interaction humaine reste une attente forte, notamment du côté des décideurs. Il faut quelqu’un qui connaisse réellement le projet — difficile d’imaginer d’autre fonction que chef de projet, quel que soit son intitulé officiel.
Galen Low : Oui, la communication, la clarté, l’écoute, l’humain…
Lauren Selley : Je suis complètement d’accord. Ce que l’on retient d’une expérience ne sera jamais totalement appréhendé ou automatisé. Ce qui freine la progression de carrière chez les PM, c’est souvent cette capacité à anticiper les risques grâce à l’expérience accumulée et à la diversité des contextes (culture, pays, équipes mondiales, etc.). Toute cette richesse humaine n’est pas remplaçable. L’IA est un super atout, mais les PM sont là pour durer.
Galen Low : Oui, la nuance et l’humain sont clés.
Ma dernière question était justement : le PMO a-t-il de l’avenir ou deviendra-t-il obsolète ? Je pense qu’on répond tous collectivement : le PMO est là pour rester, il peut devenir un pôle d’innovation, il doit rester humain et saisir le potentiel de l’IA pour soutenir la stratégie, et pas juste surveiller le triangle d’or !
Questions : comment les petites agences peuvent-elles mettre en place un PMO sans ressources, sans soutien hiérarchique, ni formation adaptée ? Comment démarrer ? Lauren ?
Lauren Selley : Je crains que la seule réponse soit : faites-le quand même ! Comme lorsqu’on cherche à obtenir une promotion, il faut commencer par agir comme si on occupait déjà le poste, optimiser les processus, prouver par l’exemple, démontrer la valeur, chiffrer l’impact. Il faut aussi collaborer avec tous les niveaux, car chacun a une vision différente. Plus on partage, plus on résout de problèmes en profondeur.
Galen Low : Oui, c’est l’isolement qui a créé les préjugés négatifs !
Nouvelle question : existe-t-il une taille d’agence/organisation idéale pour justifier un PMO ? Bruno ?
Bruno Morgante : Il n’y a pas de seuil universel, mais au-dessous de deux ou trois projets, sauf projets très stratégiques, la structure n’a pas d’intérêt. Un PMO n’est pas forcément une équipe de 25 personnes, cela peut être une structure de 1 à 3 personnes, selon les objectifs.
Olivia Montgomery : Un critère, c’est le nombre de priorités concurrentes — ce qui arrive tôt dans toute entreprise. Mieux vaut placer le PMO au poste le plus neutre de l’organisation, loin des intérêts de chaque direction, afin de jouer pleinement son rôle d’arbitre et de tiers de confiance.
Galen Low : Très bonne remarque : le PMO comme médiateur entre intérêts divergents.
Autre question : comment faire évoluer l’état d’esprit de son équipe PM de la rigidité des process vers le soutien à la raison d’être, le « pourquoi » ? Lauren ?
Lauren Selley : Cela paraît simple, mais la règle des 5 « pourquoi » existe pour une raison. Il faut toujours creuser le pourquoi d’un problème, aller à la racine, comprendre les causes. On est trop prompt à prescrire sans comprendre les vrais blocages en amont. En creusant, les mêmes problèmes trouvent fréquemment la même source.
Bruno Morgante : Même chose si vos chefs de projet rechignent à suivre les consignes du PMO : interrogez-vous sur la raison. Le problème n’est souvent pas la personne, mais l’organisation ou les procédures sous-jacentes. Il faut apporter le vrai sujet à la bonne table de discussion.
Galen Low : J’enfile deux questions : le PMO est-il plutôt opérationnel ou stratégique ? Et qu’en est-il des rôles supports et qualités requises ?
Lauren Selley : Pour moi, ce n’est pas une question de titre ou de fonction. La démarche PMO doit être collaborative, transversale, jamais décidée en silo. La légitimité peut dépendre du poste, mais pas la capacité à participer !
Olivia Montgomery : Il s’agit davantage d’identifier les compétences clés : esprit critique, capacité à challenger, à fédérer, à résoudre les problèmes, à hiérarchiser. Identifiez ces profils et faites-en des moteurs de la collaboration, quel que soit leur rôle précis.
Galen Low : Merci à tous. Si vous souhaitez rejoindre la conversation avec plus d’un millier de passionnés de gestion de projet, venez nous retrouver dans notre collectif sur thedigitalprojectmanager.com/membership. Et si vous avez aimé cet épisode, abonnez-vous et retrouvez-nous sur thedigitalprojectmanager.com. À bientôt, merci pour votre écoute !
