L’art de la communication efficace en gestion de projet ne saurait être surestimé. À mesure que le monde numérique évolue, le rôle de l’IA dans ce domaine devient de plus en plus important. Mais peut-on vraiment faire confiance à l’IA générative pour adapter vos mises à jour de statut de projet ?
Galen Low est rejoint par Devin Mahoney, PDG de QTalo, pour démêler les complexités de la communication de projet à l’ère numérique.
Points forts de l’Entretien
- Les défis du reporting de statut en gestion de projet [01:24]
- Devin a interrogé 200 chefs de projets sur le reporting de statut.
- Points clés issus des conversations : le reporting de statut est essentiel pour la gestion de projet.
- Points de douleur : multiplication des outils – Les chefs de projets utilisent plusieurs outils pour obtenir des informations (Jira, Asana, Notion, Slack, email). Connaissance dispersée – Le télétravail aggrave la dispersion des connaissances entre divers outils.
- Ces points de douleur entravent l’efficacité du reporting de statut.
- Devin a interrogé 200 chefs de projets sur le reporting de statut.
- L’IA générative : un bouleversement pour la communication projet ? [05:19]
- L’IA générative offre un potentiel de simplification et d’automatisation du reporting de statut.
- Bénéfices de l’automatisation : cela permet aux chefs de projets de se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée.
- Prudence nécessaire : l’IA peut produire des rapports inexacts ou incomplets (hallucinations).
- L’intervention humaine est actuellement nécessaire pour garantir la qualité et la pertinence des rapports.
- Les chefs de projets doivent comprendre ce qui fait un bon rapport et superviser les résultats générés par l’IA.
L’élément humain est essentiel pour s’assurer d’obtenir le rapport dont vous avez besoin. Plus important encore, le chef de projet doit savoir à quoi ressemble un bon rapport. Il ne s’agit pas juste de créer quelque chose ; il s’agit de s’assurer que c’est la bonne solution et d’être capable de la faire avancer.
Devin Mahoney
- Adapter la communication aux différentes parties prenantes [08:20]
- Exemples de rapports adaptés à divers acteurs :
- Daily stand-up vs. patron vs. comité de pilotage.
- Les rapports varient en contenu, en axe et en langage selon les besoins des parties prenantes.
- Exemples du chaos que l’adaptation de la communication permet d’éviter :
- Donner le même message à tous ne permet pas d’atteindre les objectifs spécifiques.
- Adapter les rapports évite les messages contradictoires et permet de se concentrer sur l’atteinte d’objectifs précis pour chaque audience.
- Adapter la communication est indispensable pour une gestion de projet efficace.
- Éthique de la communication sélective : il est crucial d’être transparent et de communiquer rapidement en cas de problème.
- Maintenir sa crédibilité est essentiel pour les chefs de projets.
- Les mots utilisés dans la communication doivent transmettre l’information la plus importante.
- Exemples de rapports adaptés à divers acteurs :
En tant que chefs de projet, nous sommes des leaders et nous démontrons notre leadership en fournissant des rapports de statut et en équipant les personnes de la bonne information afin qu’elles puissent prendre les mesures appropriées.
Devin Mahoney
- Explorer QTalo : un outil révolutionnaire pour les chefs de projet [14:31]
- Principales fonctionnalités :
- Outil en lecture seule qui collecte des données à partir de différents outils de gestion de projet et de communication.
- Fournit une vue d’ensemble complète des données de projet sans nécessiter d’organisation de la boîte de réception.
- Anticipe les besoins en communication du projet et génère automatiquement des rapports d’avancement.
- Permet la personnalisation des mises à jour pour différents intervenants.
- Simplifie le flux de communication du projet sans nécessiter de mises à jour manuelles.
- Donne aux chefs de projet le contrôle sur les informations présentées aux parties prenantes, permettant ainsi la personnalisation selon la discrétion et le leadership.
- Préoccupations concernant la confidentialité et intégrité dans l’utilisation des données par QTalo :
- QTalo fournit une vue des données accessibles à l’utilisateur, respectant la confidentialité en limitant l’accès selon les rôles.
- L’utilisation de QTalo ne freine pas la discussion, car des plateformes similaires comme Slack et l’e-mail enregistrent également les conversations sans entraver la communication.
- Former QTalo à gérer différents scénarios pour les parties prenantes :
- Différents profils sont prédéfinis dans le logiciel, y compris les dirigeants, les comités de pilotage et les équipes de développement.
- Les utilisateurs peuvent personnaliser et affiner ces profils en fournissant des exemples de leurs propres écrits.
- QTalo permet une modification et une mise à jour supplémentaires des messages en fonction des retours des utilisateurs.
- Principales fonctionnalités :
- L’avenir de la gestion de projet avec l’IA [22:15]
- L’IA permet aux chefs de projet de valider, vérifier et anticiper les besoins des parties prenantes, ce qui favorise des questions plus pertinentes et fait progresser l’entreprise.
- Parmi les exemples, on peut citer l’utilisation de l’IA pour trouver des solutions à d’anciens problèmes au sein de l’entreprise et mesurer les résultats des projets de manière précise par rapport aux attentes passées.
- En prenant en charge les tâches basiques, l’IA permet aux chefs de projet de se concentrer sur la communication et les compétences de niveau supérieur.
- Les chefs de projet jouent un rôle crucial pour aider les équipes à réussir.
- Ils manquent souvent des outils nécessaires pour travailler efficacement.
- L’investissement dans des outils efficaces de gestion de projet bénéficie à toutes les équipes soutenues sur le long terme.
Rencontrez notre invité
Devin Mahoney, un leader reconnu dans les secteurs de la cybersécurité et de la technologie, occupe actuellement le poste de PDG de QTalo. La carrière de Devin est marquée par une succession de rôles marquants, témoignant de sa capacité à innover et à diriger dans des environnements technologiques exigeants. Chez Kyrus Tech, il a commencé en tant qu’employé n°10 et s’est rapidement imposé. Ses contributions déterminantes ont permis à des start-ups comme Carbon Black et Red Canary d’atteindre le statut de “licorne”. Par ailleurs, son sens stratégique a permis à d’autres entreprises, telles que Randori, d’atteindre des valorisations bien supérieures à 200 millions de dollars, mettant en lumière ses succès récurrents dans le développement de marchés significatifs. Le parcours de Devin a débuté à l’université Carnegie Mellon, où il a obtenu un Master en génie électrique et informatique et deux licences en génie électrique et informatique et en informatique.

L’IA fait déjà partie de notre réalité, que nous l’appréciions ou non ; alors autant l’adopter. Elle va améliorer les choses de plusieurs façons, notamment en nous permettant d’améliorer notre communication avec les parties prenantes.
Devin Mahoney
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Nous testons la transcription de nos podcasts à l’aide d’un logiciel. Merci de nous excuser pour les éventuelles fautes, le robot n’est pas fiable à 100%.
Galen Low : Bonjour à tous, merci d’être à l’écoute. Je m’appelle Galen Low, avec le Digital Project Manager. Nous sommes une communauté de professionnels du digital en mission pour s’entraider, gagner en compétences, en confiance et en connections afin d’amplifier la valeur de la gestion de projet dans un monde numérique. Si vous souhaitez en savoir plus, rendez-vous sur thedigitalprojectmanager.com/membership.
Aujourd’hui, nous parlons des complexités de la communication efficace avec différents types de parties prenantes et de la capacité de l’IA générative à adapter ces rapports d’avancement de projet pour les envoyer à un cadre hyperactif, à un VP désengagé, et à votre architecte système à l’œil de lynx — le tout sous votre nom.
Je reçois aujourd’hui Devin Mahoney, expert en cybersécurité ainsi que fondateur et CEO de la startup logicielle QTalo. Devin a un parcours particulièrement intéressant. Il a commencé en tant qu’employé n°10 chez Kyrus Tech, où sa division a contribué à près de 60% du chiffre d’affaires, aidant à faire de startups telles que Carbon Black et Red Canary ce qu’elles sont aujourd’hui. Il a ensuite accompagné d’autres aventures comme Randori et se consacre désormais à sa propre plateforme dédiée à simplifier la communication projet.
Devin, merci d’être avec nous aujourd’hui !
Devin Mahoney : Galen, je suis ravi d’être ici. Merci de m’inviter.
Galen Low : Je suis vraiment heureux que nous ayons pu échanger. On est un peu chacun fan de l’autre, en réalité. Je sais que tu as écouté ce podcast, et je suis abonné à ta newsletter. C’était donc évident qu’on se connecte et qu’on collabore. J’ai hâte d’entrer dans le vif du sujet.
Devin Mahoney : Moi aussi.
Galen Low : Nous avons échangé récemment et, lors de notre dernier échange, tu disais qu’au cours de la recherche pour ton produit, focalisé sur les rapports d’avancement, tu as discuté avec 200 chefs de projet à propos du reporting d’avancement et d’autres communications projet, mais plus spécifiquement des rapports d’avancement.
Et je me disais, c’est unique car ce n’est pas toujours un sujet brûlant chez les chefs de projet, alors que c’est pourtant central et important. Je voulais savoir, à travers tes conversations avec ces 200 chefs de projet, quel est le point de douleur le plus récurrent et marquant sur le sujet du reporting d’avancement ?
Devin Mahoney : Tu as raison, Galen. Nous ne sommes pas nombreux à nous intéresser autant aux rapports d’avancement, mais c’était fascinant car toutes nos discussions commençaient avec ce sujet. Impossible de faire le budget sans avoir fait le point d’avancement. Impossible de gérer les ressources sans rapport d’avancement.
Évidemment, ils ne peuvent non plus échanger avec leurs dirigeants tant qu’ils ne connaissent pas l’état du projet. J’ai beaucoup réfléchi à ce sujet, et deux grandes problématiques reviennent sans cesse. Premièrement, la prolifération des outils. Les chefs de projet doivent jongler avec une quantité énorme d’outils pour obtenir la connaissance dont ils ont besoin pour ces rapports et tous les autres besoins.
Ils doivent éplucher Jira, Asana, Notion, mais aussi Slack et les emails. Et le second problème, c’est que la connaissance est dispersée partout, surtout avec des équipes hybrides ou à distance. Toutes ces informations sont éparpillées dans différents outils. Et ce sont là les principaux obstacles auxquels on est confronté.
Galen Low : Franchement, je m’y retrouve totalement. Il y a deux phases pour moi dans la création d’un rapport d’avancement. Première étape, c’est exactement ça : récolter toutes ces informations. C’est un exercice, c’est une sorte de chasse aux œufs ! Chaque semaine, dans quels outils dois-je me plonger pour retrouver cette conversation, ce budget, ce point important... C’est comme un patchwork, presque une activité créative, mais c’est du boulot... et pas petit !
Ensuite, il y a la deuxième étape, où il faut faire face à la réalité. Ça va bien, tu rassembles toutes les infos, puis tu dois communiquer tout ça à des personnes qui vont tout passer au crible, à d’autres qui ne sont même pas proches du projet et vont te poser mille questions, et à d’autres encore qui, franchement, en ont marre de lire le rapport hebdomadaire et ne le liront même pas.
Mais il faut se demander : est-ce une image fidèle ? J’ai tout rassemblé, on a tous ce problème de “tool sprawl”, et maintenant, est-ce correct ? Est-ce la bonne histoire ? Et comment va-t-elle être reçue ?
Donc oui, c’est sûrement sans surprise — et tu finis par faire le traducteur de ce qui se passe vraiment ! Mais des fois, tu amalgames tout à la volée juste avant l’envoi...
Devin Mahoney : J’adore ton analogie avec les étapes du deuil, et la phase finale : l’acceptation !
Galen Low : Oui, le projet est dans cet état, ça dépasse le budget. C’est un exercice souvent douloureux. Franchement, dans le monde des chefs de projet, on en parle pas mal, mais je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui dirait : “j’adore faire ça, c’est ma passion ! Mettre bout à bout toutes les informations et raconter une histoire à des gens qui vont me challenger ou me répondre négativement...”
Il y a tout un monde d’efforts caché derrière la livraison du rapport d’avancement. Mais toi, tu as un angle intéressant car tu construis une plateforme dédiée à la communication projet. Et en 2024, avec l’IA générative qui avance très vite, on fait même un podcast là-dessus !
Faut-il encore s’inquiéter d’apprendre à mieux faire des rapports d’avancement ? Ou est-on à deux doigts d’automatiser totalement l’exercice ? Ou penses-tu qu’une intervention humaine restera nécessaire ?
Devin Mahoney : Super question Galen, la période est absolument passionnante avec l’essor de l’IA générative.
Et oui, tout cela arrive très vite. Préparons-nous, car l’IA nous offre une opportunité unique pour simplifier et automatiser la tâche fastidieuse du reporting. Nous sommes à l’orée de l’automatisation de toute cette besogne que nous supportons depuis des années.
Alors oui, quelques personnes aiment ça, mais il faut admettre que c’est contraignant. Donc, ça va évoluer. Mais qu’est-ce que cela signifie pour les chefs de projet ? On peut aller plus loin, poser les vraies questions qui intéressent les parties prenantes sur nos données.
Et là, on propose des rapports encore plus pertinents. Il faut cependant rester vigilants. L’IA générative, elle, elle “hallucine” parfois. Oui, un jour quelqu’un corrigera ça, mais pour l’instant, le facteur humain est indispensable. Je pense que l’IA est très proche de pouvoir automatiser cela, mais pour l’avenir proche, l’humain doit rester pour valider le rapport, mais surtout, le chef de projet doit savoir à quoi ressemble un “bon” rapport. Ce n’est pas juste produire, mais reconnaître que c’est bien ce qu’il fallait, et pouvoir pousser l’information.
Galen Low : J’aime bien, même le terme hallucination... On l’utilise souvent avec l’IA, mais en vrai, c’était déjà d’actualité pour les rapports d’avancement, non ? Les chefs de projet “hallucinent” parfois aussi... “Tout va bien, pas de souci. Ah, sauf ce bug-ci ou ce risque-là...”
J’ai vu des rapports volontairement “optimistes”. Tout va bien, circulez.
Devin Mahoney : Peut-être aussi un peu d’auto-illusion, non ?
Galen Low : C’est très personnel. C’est le bulletin de notes qu’on s’adresse à soi-même et à ses parties prenantes. C’est un moment de réflexion. J’aime beaucoup l’approche de se demander : “Qu’est-ce qui est important à dire et à qui ?”
Peut-être qu’on n’a plus besoin de farfouiller partout, on peut consacrer ce temps à quelque chose de plus stratégique. Mais il y a tout de même ce moment où il faut “vivre” les données quelques instants, comprendre l’histoire, l’adapter au bon interlocuteur, communiquer efficacement. Et est-ce exact ? Parce qu’il suffit d’une erreur ou d’un bug sous audit, et tout part en vrille. Mais oui, c’est passionnant, et ton approche qui combine IA générative et reporting, on va y revenir !
Mais d’abord, rentrons dans le vif du sujet. Le titre provisoire de cet épisode, au moment où on enregistre, c’est « 50 nuances de rouge, orange et vert », une manière taquine de dire qu’un rapport d’avancement peut signifier plein de choses selon l’audience.
L’une des missions de ta société QTalo, c’est justement d’aider les chefs de projet à envoyer le bon message à la bonne audience. Peux-tu nous donner des exemples de profils de parties prenantes et pourquoi il faut formuler différemment le même message selon l’auditoire ?
Devin Mahoney : Oui, avec plaisir. Les chefs de projet passent effectivement beaucoup de temps là-dessus. Une fois les données extraites, il reste à choisir comment communiquer. Ils rédigent souvent plusieurs rapports similaires, mais destinés à différents publics. Et cela change tout : la façon de présenter conditionne la lecture, et l’engagement.
On attend une action ou une prise de connaissance de la part du destinataire. Le rapport doit donc fournir l’information attendue, amener à l’action souhaitée si on veut être un chef de projet efficace. Quelques exemples ?
Un compte-rendu de stand-up quotidien sera très différent d’un rapport adressé à son supérieur. Et ce dernier sera encore différent d’un rapport pour un comité de pilotage, beaucoup plus stratégique. Au comité, on expose le problème, puis on propose une action.
Le développeur doit savoir quelles tâches réaliser, et pourquoi c’est important. Devant son chef, c’est plutôt la gestion des ressources et le contexte du projet à mettre en avant pour piloter efficacement le staffing.
Le langage et le contexte de chaque rapport sont donc très différents.
Galen Low : J’aime beaucoup l’angle “action”. C’est vrai : on parle de “raconter l’histoire” du projet... mais en fait ce n’est pas pour romancer ! Il s’agit de permettre une action.
Si certains ne lisent pas le rapport, c’est peut-être qu’il ne laisse pas transparaître l’action qui leur revient. Peut-être qu’ils doivent décider ou agir — ce n’est pas qu'une page d’un feuilleton hebdo. (Est-ce que je me trahis sur mon âge ?) Bref, ce n’est pas juste facultatif, mais bien une participation à la collaboration.
Vu sous cet angle, c’est évident qu’il faut adapter, pour que ce soit clair ce qu’il y a à faire. Si on ne peut pas faire ça dans le rapport, autant envoyer un email : “Peux-tu valider ce point ?”
Devin Mahoney : Sinon le message n’avance pas.
Galen Low : Oui, la dynamique serait différente...
Devin Mahoney : Les chefs de projet sont des leaders. Nous sommes des leaders. Et c’est à travers le rapport qu’on exerce ce leadership, en donnant la bonne action avec la bonne information.
Galen Low : J’adore. Prêche la bonne parole !
Je pense que certains qui nous écoutent se disent : “je ne fais pas ça… Mon rapport, c’est mon rapport, point final. Pourquoi perdre mon temps à l’adapter pour chaque personne ? N’est-ce pas justement contraire à l’approche stratégique ? Les données sont les mêmes pour tout le monde, j’envoie un rapport, c’est tout.”
Mais l’adaptation, c’est exactement la philosophie de QTalo ! Peux-tu donner des exemples du chaos auquel on échappe en personnalisant ses communications ?
Devin Mahoney : Excellente question aussi. Si tu diffuses exactement le même message à tout le monde... Le rapport brut, la donnée brute, d’accord. Mais chaque rapport a des objectifs et messages différents selon l’audience. Regardons le comité de direction : on veut leur implication mais au minimum, juste ce qu’il faut pour leur donner confiance. S’ils voyaient chaque micro-bogue, chaque souci, ils ne sauraient plus sur quoi se concentrer et ce serait contre-productif.
On utilise notre discernement de chef de projet pour les aiguiller sur l’essentiel. Imaginons qu’il faille convaincre son chef d’ajouter une ressource : on mettra en avant certains risques persos à ce projet, pertinents uniquement pour lui. Le comité ou les développeurs n’ont pas besoin de le voir. On évite ainsi tout un chaos de messages contradictoires en adaptant le message à l’objectif.
Galen Low : C’est logique : si le but, c’est d’éviter qu’un décideur s’attarde sur des détails secondaires ou perde confiance, alors on adapte. Certains diraient que c’est stratégique, d’autres trouveraient ça sournois !
Qu’en est-il de l’éthique : jusqu’où peut-on choisir ce qu’on partage selon l’audience ?
Devin Mahoney : Avant tout, il ne faut pas mentir. Quand tu annonces au comité que tout va bien, alors tout doit VRAIMENT aller bien. Mais il faut rester transparent, communiquer tôt et souvent dès que ça vire à l’orange, pour que tout le monde puisse soutenir la solution proposée.
Sinon on perd toute crédibilité. Adapter le message va dans ce sens : il s’agit de garantir que lorsqu’un chef de projet prend la parole, il est écouté. Chaque mot compte et doit être pertinent pour l’audience.
Galen Low : C’est très juste. Tu agis comme filtre, pas pour cacher mais pour faciliter la lecture et la pertinence, sans jamais tordre la vérité.
Peux-tu nous présenter l’outil QTalo, et, comme teasé au début, nous dire si l’IA va un jour remplacer l’exercice même du rapport ?
Comment fonctionne le workflow et comment le PM peut-il ajuster la communication pour chaque partie prenante ?
Devin Mahoney : Bien sûr ! Ce qui est super avec QTalo, c’est que c’est en lecture seule. Ce n’est pas un énième outil à remplir, c’est un agrégateur. Il recueille toutes les données de vos projets, de tous les outils PM, de vos outils de communication, etc.
Vous n’avez même pas besoin de ranger votre boîte mail ! Il sait reconnaître un projet, ses communications, et vous restitue l’information que vous auriez pu trouver, mais bien plus vite. En ramenant toutes ces données, il vous offre une vision complète de tout ce qui s’est passé récemment sur le projet.
Et comme il anticipe vos besoins récurrents de communication (rapport hebdo, stand-up impromptu, etc.), il génère vos rapports d’avancement avant même que vous en ayez besoin, pour engager les parties prenantes au bon moment. Il est aussi possible, dans le flux de travail, de personnaliser ces rapports selon la cible.
Encore une fois, ce n’est pas un outil à remplir. Vous pouvez l’utiliser, l’éditer rapidement, et le laisser jusqu’au prochain rapport.
Galen Low : C’est un outil “couturier”, sans remplacer aucune techno.
C’est marrant, car la prolifération des outils, c’est un vrai sujet dans notre communauté. On finit tous par utiliser une douzaine d’outils... Et même si on peste, on les aime !
Ce que j’apprécie ici, c’est que l’outil s’imbrique, il ne remplace rien ; il vient “lire” nos outils puis suggère un état d’avancement…
Devin Mahoney : Oui, il propose l’update, et on peut personnaliser : rapport pour le comité, ou montrer tous les risques à son manager pour démarrer une vraie conversation utile.
Galen Low : Et pour les dirigeants fouineurs, il y a un gabarit spécial ?
Devin Mahoney : J’espère que vous n’avez pas ce genre de dirigeant, ils ont mieux à faire ! Mais tout est question de crédibilité. L’outil permet au chef de projet de prouver sa crédibilité : voilà ce qui se passe sur le projet, c’est ce qu’il faut savoir. Si besoin de détails, ils sont là, mais l’essentiel est visible, parce que tout suit son cours, ou alors, voici la déviation.
Galen Low : Très intéressant.
Par exemple, en agence, on avait souvent un rapport interne et un pour le client. Rien de suspect, mais on ne divulguait que ce qui était nécessaire à l’externe. C’est donc parfaitement logique d’adapter le message. Mais dans la pratique, on avait un Jira interne, où la discussion était, disons, moins policée ! Ce n’était pas pour saboter qui que ce soit, juste pour traiter franchement les sujets complexes…
Du coup, imaginons QTalo qui va tout récupérer, même les quatre jours de débat interne sur telle intégration d’API difficile… Jusqu’où le PM garde-t-il la main sur ce qui est présenté, est-ce qu’on ne risque pas d’exposer tout le “linge sale”, même si c’est exact ?
Devin Mahoney : À propos, il y a eu une étude sur l’open-source qui montrait la corrélation entre l’usage de jurons dans le code et la qualité. Apparemment, il y a un lien positif !
Galen Low : J’adore !
Devin Mahoney : C’est plutôt sain de lâcher prise ! QTalo est votre vue. Les dirigeants ne voient que ce que vous leur montrez. À vous de juger ce que vous exposez ou non, d’abréger les informations, ou d’en garder quelques-unes pour montrer la camaraderie de l’équipe. Tout est personnalisable, exactement comme dans la vraie vie, où le chef de projet décide du contenu du rapport.
Galen Low : Mais la réalité, c’est que tout peut arriver sur un projet, et il y a des centaines de types de communications. Comment formez-vous votre solution à gérer tous ces scénarios ?
D’ailleurs, sans parler du modèle, quid de la confidentialité ? Est-ce que le fait d’apprendre sur tout ce qu’on dit dans les outils ne va pas brider la spontanéité des échanges ?
Devin Mahoney : Premièrement, sur la confidentialité : avec QTalo, vous voyez seulement ce que vous pouvez voir en tant qu’employé. Pas d’accès à la messagerie ou aux infos de l’équipe dirigeante ou des collaborateurs, sauf si c’est visible naturellement. On compte sur les droits d’accès natifs des outils. Est-ce que ça bridera la spontanéité ? Slack ne le fait pas, pourtant tout est enregistré. Les emails non plus. Donc je doute que ce soit un frein réel.
Pour la gestion des différents scénarios, on propose une gamme de personas intégrées : direction, comité de pilotage, équipe dev, fonctions transverses… Les messages sont adaptés à chaque public. Et surtout, vous pouvez alimenter l’outil avec vos propres exemples de communication, pour personnaliser encore plus finement la synthèse produite.
En plus, l’utilisateur peut modifier à la main si jamais ce n’est pas encore parfait : “sois plus formel”, “fais plus court”… Avec ça, on crée des personas à votre image, pour produire des communications adaptées à chaque cible.
Galen Low : J’adore. D’ailleurs, avec ChatGPT, la plupart des gens n’utilisent pas ce côté “entraînement” sur le ton, la voix, etc. Pour beaucoup, c’est comme Google. Ils posent une question, prennent la réponse, et basta, sans investir dans la personnalisation. Peut-être par doute ou méfiance sur la capacité de l’outil à vraiment imiter leur style.
D’autres sont hésitants, se disant que “si le logiciel apprend à faire comme moi en quelques jours, qu’est-ce que ça dit de mon unicité ?” Il y a une forme de résistance, mais l’idée, c’est bien de se faciliter la tâche, pas d’être remplacé !
Devin Mahoney : Et ce que tu soulignes est intéressant : si l’IA produit tout, quel est notre nouveau rôle ? A quoi servons-nous ? Pour moi, l’IA est déjà là, qu’on le veuille ou non. Autant l’embrasser : elle va faciliter plein de choses.
Plus concrètement, elle va nous permettre d’élever la qualité de nos échanges avec les parties prenantes. À nous de valider/ajuster le résumé généré et d’anticiper les besoins spécifiques des différents publics, de poser des questions plus fines, pour mieux piloter et faire avancer l’entreprise. On va redevenir leaders, depuis notre place au cœur du projet.
Exemples : demander “Qui a déjà rencontré tel problème dans la société ?” On va trouver une réponse d’il y a un an dans une autre équipe et mobiliser cette ressource. Ou bien interroger “Que prévoyions-nous sur ce livrable ? Où a-t-on divergé ?” On pose des questions approfondies, basées sur l’histoire réelle, pas juste la mémoire, et on devient plus pertinent.
C’est tout un monde de communication et de compétences nouvelles qui s’ouvre grâce à l’IA s’occupant du basique.
Galen Low : Ce que j’aime, c’est ton approche vraiment communicationnelle. On parlait il y a deux ans d’estimation “data-driven”. Mais on disait : il fallait avoir de très bonnes données sur les précédents projets, pour comparer : livraison à temps ? Respect du budget ? Scope ?
Or tu viens de le dire, les discussions, les ressentis, ça existe déjà — dans tous les outils. Plutôt que de tout scorer, on questionne, on analyse le langage naturel, la tonalité... On retrouve les conversations, pas seulement des chiffres, et on tire des enseignements. Pas besoin de nettoyer des colonnes de tableur depuis des mois, l’information qualitative existe déjà, il faut juste savoir où la chercher. C’est vraiment très riche !
Devin Mahoney : C’est un terreau fertile pour l’intelligence, et je suis vraiment enthousiaste sur la suite.
Galen Low : Tu as évoqué un point intéressant : “si le robot fait tout, que fera-t-on de notre temps ?” Mais en attendant, il restera quand même à valider, personnaliser, ajuster. Certains diront : “Quand l’outil sera 100% autonome, là je m’en occuperai plus, mais sinon, je vais pas y passer mon temps.” Qu’est-ce que tu répondrais sur le bénéfice réel apporté par QTalo, même s’il reste un effort d’ajustement ?
Devin Mahoney : Pour remettre en perspective : toi, moi, on a de l’expérience. Mais un jeune chef de projet, ou quelqu’un qui débute, il va forcément faire des erreurs au début. Il ne saura pas où chercher l’info, ni comment s’adresser à chaque public. On doit tous passer par là, mais là, QTalo sert de tuteur. Notre communauté est précieuse pour s’entraider à monter en compétences. Donc je pense qu’on a la volonté de progresser, mais aussi l’outil réduit considérablement l’effort nécessaire !
Parce que le temps passé sur un rapport, tu l’aurais de toute façon passé à écrire un mail ou un PowerPoint. Là, on expose juste ce que tu as déjà écrit à l’IA pour s’améliorer lundi prochain.
Galen Low : J’aime ce retournement : ce n’est pas “perdre du temps à former la machine”, mais la machine qui te forme ! Je pense à la crise sanitaire et au télétravail : ce qui manque aux débutants, c’est souvent la possibilité de voir un manager opérer, écouter les échanges informels à la cafétéria ou dans le bureau à côté, pour absorber la façon de faire.
Mais là, on peut capter, classer, et réutiliser les modèles de communication qui ont fait leurs preuves, même à distance. C’est super enrichissant ! Je n’avais pas vu les choses ainsi avant.
Devin Mahoney : Oui, c’est ça ! Bientôt, un nouveau PM va pouvoir se dire : “Comment Galen ferait-il dans cette situation ?” Parce que l’outil aura capté assez de ton style pour offrir un modèle. J’adorerais offrir ce genre de mentoring à grande échelle.
Galen Low : C’est génial, cette notion d’exposer le mentor à travers la vraie pratique ! Bon, je n’exposerais pas tout mon dossier “éléments envoyés”, mais il y a sûrement des cas où je suis content de montrer “voilà comment je communiquerais avec cette personne”. Si on l’intègre dans le workflow, c’est vraiment puissant.
Devin Mahoney : Laisse-moi un peu de temps pour l’intégrer !
Galen Low : (Rires) J’ajoute ça au backlog ! Au-delà, les nuances dans le reporting sont parfois stratégiques. On peut brandir un drapeau rouge pour “alerter” un stakeholder qui n’écoute jamais rien. Même si objectivement ce n’est pas si catastrophique, parfois on va volontairement exagérer. Le logiciel pourrait-il apprendre ce genre de pratique, ou est-ce toujours réservé à ton jugement ?
Devin Mahoney : Tu amènes la discussion sur deux sujets. Primo, il y a vraiment 50 nuances sur l’échelle rouge, orange, vert, et ce n’est jamais complètement tranché. Second point, il y a quand même une “vérité terrain”, et l’IA peut y aider. Mais c’est TOUJOURS au chef de projet de décider quelle couleur appliquer, selon son expérience.
L’IA fournit la base, l’information pure, mais c’est à l’humain de tirer la conclusion finale. Si tu veux mettre “rouge” pour être sûr d’avoir l’attention, pourquoi pas, mais c’est peut-être masquer un problème de communication plus profond. Et si tu n’étais pas occupé à récupérer toutes les données, tu pourrais avoir une conversation honnête avec la personne — ce que l’IA peut permettre en te faisant gagner du temps.
Galen Low : Ça me rappelle ce moment où j’avais mis un mail en “urgent” dans Outlook, en copie à 20 personnes, parce qu’un haut dirigeant ne me répondait pas. Et j’ai appris à mes dépens qu’il valait mieux régler le problème de communication à la source !
Devin Mahoney : Tu as appris quelque chose...
Galen Low : Oui ! Je comprends, le jugement du PM reste central, l’IA apporte juste une aide. Mais pour pousser plus loin : une IA qui générerait automatiquement tous les rapports, c’est souhaitable, ou risque-t-on de perdre quelque chose en route ?
Devin Mahoney : Tiens, je parlais hier avec une 201e chef de projet, et elle me disait que chaque bogue rencontré venait d’un problème de communication : interface mal comprise, attente non transmise… Tout est lié à la communication. Du côté développement, il y a toujours eu des bogues, ils viennent TOUJOURS de la communication. Ce n’est pas près de changer. Mais là où l’IA aide, c’est qu’en produisant un rapport partagé, elle offre un socle commun de compréhension du projet. Elle libère de l’espace temps pour mieux communiquer. On ne sera jamais parfaits, mais si on considère que le premier rôle du chef de projet, c’est de piloter la communication pour la réussite du projet, cet espace, l’IA nous l’offre !
Galen Low : Excellente perspective ! Avant de conclure, un dernier message pour nos auditeurs sur les rapports d’avancement, la communication, les fausses notes, et le pilotage projet ?
Devin Mahoney : Oui, j’ai échangé avec beaucoup de managers et de profils non-PM. Une chose essentielle : les chefs de projet sont là pour permettre la réussite des équipes.
Mais qui soutient CEUX qui soutiennent les autres ? Les chefs de projet passent sous les radars tant que tout va bien, ils n’ont donc pas toujours les outils pour être efficaces. Je suis convaincu que l’IA peut révolutionner les outils à leur disposition. Investir dans un outil efficace pour les chefs de projet, c’est investir dans la réussite de toutes les équipes.
Galen Low : Je suis tellement d’accord. Beaucoup de nos réussites, en tant que chefs de projet, sont invisibles, et donc on manque de soutien. On parle souvent du “PM pompier” qui gère les crises et est valorisé, mais celui qui mène son projet sans bruit, en prévention, passe totalement inaperçu... Pouvoir mieux raconter notre valeur, c’est fondamental !
Sur la roadmap, tu peux ajouter un “bot agent de communication” ? Qu’il vante nos mérites sur le canal Slack de l’entreprise !
Devin Mahoney : On en a tous besoin !
Galen Low : Merci beaucoup Devin pour cet échange. Je trouve ton projet passionnant et je te remercie d’être venu partager tout cela.
Devin Mahoney : Merci à toi, Galen. J’ai adoré échanger sur ce sujet.
Galen Low : Voilà, chers auditeurs, vous avez tout ! Comme toujours, si vous voulez rejoindre la conversation avec plus de mille champions de la gestion de projet, rejoignez notre collectif ! Rendez-vous sur thedigitalprojectmanager.com/membership pour en savoir plus. Si cet épisode vous a plu, abonnez-vous et gardez le contact sur thedigitalprojectmanager.com.
À la prochaine et merci de votre écoute.
