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En tant que chef de projet, vous savez que le changement fait intrinsèquement partie de votre travail. Que vous soyez confronté à de légers ajustements ou à des transformations majeures à l’échelle de l’organisation, assurer des transitions en douceur est essentiel pour réussir. 

Mais qu’est-ce que la gestion du changement exactement ? Et que faire si vous ne disposez pas de tous les outils et informations nécessaires pour prendre des décisions éclairées ?

Heureusement, ce guide est là pour vous ! Dans cet article, je vais aborder différents types de modèles de gestion du changement et explorer des conseils pour mettre en œuvre ces changements au sein de votre organisation. 

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À la fin de cet article, les chefs de projet disposeront d’un guide ultime pour gérer les différents niveaux et approches des projets de changement couronnés de succès. Continuez votre lecture pour découvrir des conseils puissants sur la prise de décision stratégique, et faciliter ainsi la transformation organisationnelle efficace !

Qu’est-ce que la gestion du changement ?

La gestion du changement est une composante essentielle de la gestion de projet en entreprise, car elle contribue à garantir une transition sans heurts lors de l’organisation ou de l’exécution de tout changement organisationnel ou lié à un projet. Le changement peut prendre de nombreuses formes, notamment :

  • Changements provoqués par la réalisation d’un projet, comme la mise en œuvre d’un nouveau système
  • Changements entraînés par la révision du périmètre du projet, ce qui change le plan de projet
  • Changements organisationnels non motivés par des projets spécifiques que vous gérez

Cet article porte sur la gestion du changement en général, car le changement est un processus prévisible et les humains réagissent de manière similaire à tout changement, peu importe son type.

Le changement se manifeste partout, tout le temps. Plus nous savons comment diriger, gérer et nous adapter au changement, plus nous serons efficaces (et heureux !) dans l’ensemble. 

Les modèles de gestion du changement sont essentiels pour garantir que tous les acteurs clés concernés comprennent clairement les changements et leurs processus associés. 

En l’absence d’une gestion efficace du changement, les chefs de projet peuvent être confrontés à des problèmes inattendus et des obstacles (souvent dus à une mauvaise adoption), qui perturbent les délais et les budgets.

Pour réussir en tant que chef de projet et gestionnaire de changement, il est crucial de bien maîtriser les méthodologies de gestion du changement afin d’obtenir des résultats positifs.

Changement organisationnel vs changement lié au projet

Lorsque vous engagez un changement dans une entreprise ou un projet, il est important de distinguer le changement organisationnel du changement lié au projet. Les deux impliquent des transformations majeures dans le fonctionnement quotidien, mais ce sont des concepts distincts.

  • Changement organisationnel : désigne toute modification majeure à l’échelle de l’entreprise, qu’il s’agisse de la façon dont les informations sont traitées, ou de changements de culture et de philosophie de l’organisation. 
  • Changement lié au projet : concerne la modification d’aspects spécifiques d’un projet donné, comme l’ajout d’échéances ou de ressources pour terminer certaines tâches.

Comprendre ces distinctions aidera les chefs de projet à mettre en place des plans de gestion du changement adaptés à leurs projets et à leurs organisations pour garantir des transitions plus souples lorsqu’ils lancent de nouvelles initiatives, en particulier lorsque la réalisation d’un projet implique un changement de processus ou de culture organisationnelle.

Pourquoi la gestion du changement est-elle importante ?

La gestion du changement est importante pour plusieurs raisons, la plupart d’entre elles tournant autour de l’adaptation à l’environnement et de l’évolution de nos pratiques pour rester compétitifs. Vous vous souvenez de Kodak, l’entreprise d’appareils photo ? Certains d’entre vous s’en rappellent probablement, d’autres non !

Ceux d’entre vous qui s’en souviennent pensent sûrement aux appareils photo argentiques. Malheureusement, Kodak n’a pas opéré la transition vers le numérique assez rapidement pour rester leader sur le marché. L’incapacité de Kodak à changer rapidement et à innover a entraîné la chute de l’entreprise. Assurons-nous de ne pas connaitre le même sort. 

Voici quelques raisons inédites pour lesquelles la gestion du changement est essentielle à la réussite à long terme de votre organisation :

  • Le changement est une constante dans l'environnement commercial effréné d'aujourd'hui. Les organisations qui n'arrivent pas à s'adapter à l'évolution des conditions du marché risquent de se retrouver à la traîne derrière leurs concurrents. Une gestion efficace du changement aide les organisations à rester agiles et réactives face aux besoins changeants des clients, aux nouvelles technologies et aux tendances émergentes (souvenez-vous de Kodak).
  • La gestion du changement permet de limiter l'impact négatif des changements sur les employés et les parties prenantes. Les changements peuvent être perturbants et déstabilisants, ce qui peut entraîner résistance ou même sabotage. Des stratégies de gestion du changement efficaces aident à communiquer les raisons du changement, à répondre aux préoccupations et à engranger du soutien et de l'adhésion auprès des parties prenantes tout en minimisant le chaos (vous souhaitez vraiment minimiser le chaos, croyez-moi).
  • La gestion du changement encourage la mise en œuvre des changements de manière structurée et contrôlée. Cela réduit les risques d’erreurs ou d’omissions pouvant engendrer des interruptions coûteuses ou d’autres conséquences négatives.
  • Une gestion efficace du changement peut améliorer l’engagement et le moral des employés en impliquant les collaborateurs dans le processus de mise en œuvre des changements (et encore une fois, en minimisant le chaos). Lorsque les employés ont le sentiment de pouvoir s’exprimer sur la façon dont les changements sont apportés, ils sont plus enclins à les adopter et à œuvrer à leur réussite. Les gens recherchent du contrôle, et lorsqu’ils sentent qu’ils ont de l’influence, ils se sentent maîtres de la situation et sont bien plus enclins à coopérer, même dans l’adversité. 

La gestion du changement peut aider les organisations à atteindre leurs objectifs stratégiques en s’assurant que les changements sont alignés sur les objectifs globaux de l’entreprise. En adoptant une approche holistique qui tient compte à la fois des aspects techniques et des facteurs humains, les organisations maximisent leurs chances de réussite.

Vous ne me croyez pas ? Pensez à presque n'importe quel plan de licenciement qui a eu des impacts négatifs à long terme que l’organisation n’avait pas anticipés. Dans chacun de ces exemples, une mauvaise gestion du changement est probablement la cause (désolé si cet exemple est trop parlant, il l’est pour moi aussi).

La gestion du changement est essentielle car elle permet aux organisations de s’adapter à l’évolution du marché tout en limitant les perturbations et en maximisant l’engagement des parties prenantes. 

En mettant en place des changements de manière structurée et contrôlée, dans le respect des objectifs globaux de l’entreprise, les organisations peuvent assurer leur succès à long terme dans un environnement en constante évolution (et éviter de tomber dans l’oubli comme Kodak).

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Les 7 R de la gestion du changement

Les sept R de la gestion du changement.

L’un des modèles de gestion du changement les plus connus provient des Seven Rs de l’ITIL, qui peuvent être utilisés pour structurer tout projet de changement. 

Chaque élément, ou chacun des sept R, est essentiel pour comprendre et planifier le changement, et chaque point peut être présenté sous forme de question afin de nourrir la réflexion dans la planification du changement. 

  1. Qui a remonté le besoin de changement ? Assurez-vous de savoir d’où vient la demande de changement et qui la motive dès le départ. Au fil du processus, il sera important de pouvoir répondre à la question « De qui vient cette idée, au juste ? ». La personne à l’initiative du changement doit être impliquée dans le processus comme ressource et accompagnateur lors de la mise en œuvre. Astuce : consignez toujours l’auteur de la demande. Si possible, utilisez un formulaire d’entrée homogène et récoltez ces informations de manière systématique.
  2. Quelle est la raison de ce changement ? Est-ce que la raison évoquée tient la route ? Si ce n’est pas le cas, discutez-en avec la personne à l’origine du changement afin d’identifier la cause sous-jacente ou la raison qui a conduit à cette suggestion. Comprenez pourquoi la demande de changement a été remontée et récoltez des éléments pour étayer cette proposition, car vous en aurez certainement besoin pour convaincre les personnes concernées par le changement. 
  3. Quel retour est attendu suite à ce changement ? Quel résultat vise-t-on une fois le changement mis en place ? Quels avantages ou résultats positifs sont escomptés ? Le bénéfice est-il supérieur au coût ? Le retour attendu doit influencer la priorité attribuée au changement. 
  4. Quels sont les risques associés à ce changement ? Tout changement implique une part de risque. Les risques peuvent avoir un impact négatif ou positif, et tous ne se valent pas en termes de probabilité.
Voici une façon simple de réfléchir à la probabilité et à l’impact d’un risque.

Les risques ne se valent pas tous. Certains ne sont que de petits désagréments, alors que d’autres peuvent tout bloquer. La probabilité et l’impact d’un risque déterminent sa véritable importance. 

Des matrices de risques comme celle-ci peuvent vous aider à classer les risques et à élaborer des plans d’atténuation adaptés.

Une matrice de risque permet d’évaluer la probabilité qu’un risque se réalise et son impact potentiel. Les risques à faible impact et faible probabilité se gèrent différemment de ceux à fort impact et forte probabilité. 

5. Quelles ressources sont nécessaires pour mettre en œuvre le changement ? Tout changement nécessite des ressources ! Déterminez s'il y a suffisamment de ressources disponibles pour accompagner le changement. Si les ressources ne sont pas encore accessibles, travaillez avec la personne à l’origine de la demande de changement, l’équipe de direction de l’organisation et l’équipe de gestion du changement pour déterminer si le changement est urgent, et, dans ce cas, comment le soutenir efficacement en utilisant des méthodes d’allocation des ressources.

6. Qui est responsable de la partie « construire, tester et mettre en œuvre » du changement ? La question de la responsabilité est ancienne pour les chefs de projet, en particulier dans les organisations où les projets manquent souvent de ressources. Assurez-vous que le changement dispose de ressources appropriées pour permettre de désigner une personne ou une équipe responsable des tâches majeures du projet ou du changement. Si tout le monde est responsable, alors personne ne l'est ! Soyez clair sur ce point et envisagez d’utiliser un tableau RACI pour documenter les responsabilités au sein de l’équipe.

7. Quelle est la relation entre ce changement et les autres changements ? Tenez compte de la relation entre le changement considéré et d’autres changements en cours tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’organisation concernée. Par exemple, pensez à l’expérience des responsables de projets immobiliers qui devaient déplacer des employés d’un bureau à un autre en mars 2020 — imaginez comment cela s’est passé pour eux ?

Il est essentiel de prendre en compte le contexte ainsi que l’environnement interne et externe qui influencent votre changement. Si vous négligez cet aspect, vous pourriez mener votre changement, mais vous serez perçu comme insensible et déconnecté des besoins des autres, ce qui limitera votre impact positif ou votre réussite à l’avenir. 

Les 7 R peuvent sembler simples, mais il ne faut pas les négliger ! En identifiant chaque « R » comme un obstacle ou un atout potentiel pouvant influencer les résultats du projet, puis en les gérant en conséquence, les chefs de projet peuvent mieux anticiper les risques et garantir une transition plus fluide pour les équipes tout au long du processus de changement.

Types de gestion du changement

Différents types de changements interviennent selon les organisations. Trois types de changement sont le plus souvent évoqués :

  1. Changement à l’échelle de l’organisation : La gestion du changement organisationnel est un terme global qui fait référence à tout type de changement impactant l’ensemble de l’organisation. Cela inclut la restructuration, le changement d’image, des modifications des opérations et processus, l’ajout de nouveaux processus, ou même des fusions et acquisitions.
  2. Changement transformationnel : Le changement transformationnel concerne des modifications fondamentales de la structure, de la culture et des flux de travail d’une organisation. Il s’agit généralement de la mise en œuvre à grande échelle de stratégies, de processus ou de technologies innovantes visant à éloigner l’organisation de ses méthodes traditionnelles.
  3. Changement développemental : Le changement développemental est plus progressif et vise à améliorer les processus existants plutôt qu’à les transformer entièrement. Il concerne généralement de petits ajustements comme l’adoption de nouveaux outils, l’adaptation ou le perfectionnement de systèmes existants, ou la modification des structures de flux de travail. L’itération peut être considérée comme un changement développemental, surtout si elle est appliquée de façon continue dans le temps. 
  4. Changement transitoire : Le changement transitoire vise à faire le lien entre les pratiques existantes et les nouvelles au sein d’une organisation. Il est souvent utilisé pendant les périodes de transition ou de transformation, mais aussi lorsqu’une organisation a besoin de gagner en efficacité ou d’actualiser ses capacités, sans être prête pour une refonte complète des systèmes en place. En d’autres termes, quand les conditions ne sont pas réunies pour un changement transformationnel, le changement transitoire peut servir à combler l’écart entre le statu quo et l’état futur.

Le processus de gestion du changement

La gestion du changement est un processus indispensable pour les chefs de projet, car elle leur permet de planifier et de conduire efficacement les changements au sein de leur organisation ou de leur projet.

D’ajustements opérationnels aux révisions de processus, un processus de gestion du changement cohérent et bien mené permet d’éviter les perturbations et d’assurer des transitions en douceur. 

De nombreux processus de gestion du changement sont utilisés à travers différents secteurs, mais la plupart partagent quelques éléments communs qui peuvent être résumés en un processus de gestion du changement simple en trois grandes étapes. 

D’abord, les leaders du changement et les agents du changement définissent et préparent le changement ; ensuite le changement est mis en œuvre et géré ; enfin, le changement est adopté et maintenu. Si ce modèle simplifié vous intéresse, découvrez-en davantage sur un processus efficace de gestion du changement en 3 étapes dans cet article !

Qu’est-ce qu’un modèle de gestion du changement ?

Les modèles de gestion du changement offrent aux chefs de projet des outils précieux pour mettre en œuvre avec succès les changements organisationnels et liés aux projets. Ces modèles comprennent des cadres qui les aident à identifier, évaluer et gérer les changements nécessaires ainsi que les ressources indispensables à la bonne réalisation des projets dont ils ont la responsabilité. 

Les modèles de gestion du changement offrent également aux chefs de projet des démarches permettant de comprendre le changement, d’établir des objectifs, de gérer les risques, de former les parties prenantes ainsi que les membres de l’équipe, d’optimiser les ressources, d’élaborer des plans d’action, de suivre l’avancement et les jalons tout au long du projet, et, in fine, d’atteindre le résultat souhaité. 

En utilisant ces modèles comme guide, les chefs de projet sont mieux préparés à gérer tout obstacle inattendu qui pourrait survenir lors de la phase d’exécution d’un projet.

Oui, il existe de NOMBREUX modèles de gestion du changement, certains étant plus utiles que d’autres. J’ai personnellement expérimenté de nombreux modèles dans des contextes et des projets organisationnels variés et je suis ravi de partager quelques-uns de mes favoris. 

Le modèle de changement de Lewin

Kurt Lewin, un théoricien très connu du changement, a introduit un modèle de changement en trois étapes qui est facile à comprendre.

Dans ce modèle, Lewin décrit un processus de changement en trois étapes, où la première consiste à "dégeler" ou à faire fondre le statu quo pour préparer le changement souhaité. Ensuite, à l’étape 2, le changement est mis en œuvre. 

Enfin, à l’étape 3, le contexte ou l’environnement est solidifié par un "regel", ce qui permet en théorie de recommencer le processus, en repartant par l’étape de dégèlement. 

  • Dégel : briser le statu quo et introduire un changement
  • Changement : mettre effectivement en œuvre le changement 
  • Règle : ancrer le changement comme nouvelle norme.

J’aime ce modèle pour sa simplicité, facile à comprendre, même pour les non-chefs de projet. C’est le principal modèle de gestion du changement intégré dans de nombreux programmes de ressources humaines, y compris les formations de préparation à la certification. 

Il paraît logique que l’on doive se préparer et décider de changer, changer, puis arrêter de changer. Aussi simple qu’une tarte ! Cela dit, personnellement je trouve que ce modèle n’aide pas vraiment à répondre à la question très courante : « que dois-je faire ensuite ?»

Modèle Prosci ADKAR

Le modèle ADKAR est un modèle populaire parmi les praticiens du changement, et il existe des certifications associées à ce modèle, qui a été créé par Jeffrey Hiatt. 

Le modèle ADKAR met l'accent sur les personnes impliquées dans le processus de changement et vise à obtenir leur adhésion pour garantir le succès du changement.

ADKAR est un acronyme, chaque lettre représentant une étape du modèle, et chaque élément constitue un objectif que l’on peut atteindre à tout moment ; l’exécution du modèle n’est pas nécessairement linéaire. 

Le modèle de changement ADKAR.

J’apprécie le modèle ADKAR car il est centré sur l’humain, alors que beaucoup d’autres modèles sont centrés sur le changement ou la gestion. 

En fait, on fait souvent référence au modèle ADKAR lorsque l’on souhaite impulser un changement ascendant, c’est-à-dire un changement émanant des niveaux inférieurs de l’organisation, plutôt que d’une direction imposant sa volonté par décret royal. 

ADKAR est l’un des modèles de changement les plus reconnus pour l’approche centrée sur la personne ou pour l’impulsion de changements ascendants, mais il néglige quelque peu la complexité d’un changement et la relation avec les objectifs stratégiques de haut niveau de l’organisation. 

Pour cette raison, ADKAR est sans doute plus adapté à des initiatives de changement de moindre ampleur, comme le passage de Scrum à Kanban au sein d'une petite équipe.

Courbe du changement de Kübler-Ross

La Courbe du Changement de Kübler-Ross est sans conteste l’un de mes modèles de changement favoris, car elle parvient en général à prédire la réaction d’une personne face au changement.

Ce modèle a d’abord été conçu comme un modèle de traitement du deuil, mais il est directement appliqué à la gestion du changement dans de nombreux contextes, car malheureusement, quelle que soit la nature du changement, il sera toujours perçu comme négatif par quelqu’un qui fait le deuil du statu quo ou de « l’ancienne manière » de faire.

Une fois que l’on comprend la réaction des gens face au changement, on peut alors trouver des solutions pour leur permettre de réussir ou de franchir l’étape suivante du changement.

Illustration du modèle de changement de Kübler-Ross.

J’aime ce modèle parce qu’il décrit très bien comment les individus réagissent au changement sur le plan émotionnel. C’est le versant humain du changement ; nous sommes tous humains (du moins, espérons-le), ce qui veut dire que nous réagissons toujours émotionnellement au changement ; c’est incontrôlable ! 

Si ce modèle est un excellent prédicteur de réponse, il ne précise pas nécessairement quoi faire ensuite dans le contexte d’une organisation ou d’un changement piloté par projet ; il peut donc être utile de l’associer à une autre approche plus technique de la gestion du changement. 

Le modèle de changement de Satir

Le modèle de changement de Satir est l’un des modèles les plus universellement utiles que j’ai rencontrés : il fusionne la réponse émotionnelle décrite par la courbe de Kübler-Ross avec les différentes étapes du changement. 

Virginia Satir est connue comme la mère de ce que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de psychothérapie. Elle a créé son cadre de gestion du changement après avoir observé la manière dont des familles et des individus faisaient face à toute une gamme de changements.

Satir s'est concentrée sur la manière dont les individus traversent le changement, essaient de s'adapter, et l'impact du changement sur les relations humaines avec les autres. 

Le modèle de changement de Satir (source).

J'aime ce modèle parce qu'il mélange l'art et la science de la gestion du changement et la gestion des réactions humaines face au changement. Dans le livre de Satir, The Satir Model, chaque étape est présentée avec des interventions pour aider à passer à l'étape suivante, ainsi que des exemples et des histoires issues de sa pratique de la mise en œuvre et du test du modèle. 

Certains praticiens très techniques du changement n'apprécient peut-être pas ce modèle car il est fondé sur des pratiques de psychothérapie, mais je vous assure que ce modèle a fait ses preuves et est rodé après de nombreux combats.

Quand je conduis le changement, c'est le modèle à l'échelle macro que j'utilise pour expliquer où nous en sommes, ce qui se passe actuellement, où nous allons, et ce que nous devons faire pour atteindre cet objectif. 

La théorie du changement de Kotter

Je suis pratiquement sûr qu'il serait impensable de rédiger un guide de gestion du changement sans mentionner le professeur de la Harvard Business School John Kotter, car il a écrit la majorité des livres fondamentaux en gestion du changement auxquels de nombreux consultants en changement se réfèrent aujourd'hui. 

Kotter a étudié le changement à travers de nombreux prismes, mais son modèle en 8 étapes est le plus populaire dans la littérature spécialisée. 

Contrairement à certains modèles évoqués ci-dessus, le modèle de Kotter est un guide étape par étape pour conduire le changement et se concentre sur les actions à entreprendre plutôt que sur les réactions ou ressentis individuels.

Pour cette raison, le modèle de Kotter est souvent utilisé par des groupes très orientés processus qui souhaitent une feuille de route pour mener le changement à son terme. 

Le modèle de changement en 8 étapes de Kotter.

J'aime utiliser le modèle de Kotter comme outil pratique avec les nouveaux praticiens du changement parce qu'il fournit un guide sur les actions à mener. Je superpose cependant généralement le modèle de Satir par-dessus celui de Kotter, comme une vue d'ensemble macro de la façon dont les gens vont réagir au fil du temps pendant la progression du changement. 

Exemple de gestion consciente du changement

Un ami à moi a un jour travaillé dans une agence de conception web chargée de refondre la présence en ligne d’un grand détaillant. L’agence disposait d’une équipe talentueuse de designers et de développeurs ravis de relever le défi, mais ils se sont rapidement rendu compte que l’équipe interne du client était réticente au changement. 

L’équipe du détaillant gérait leur site web depuis des années et avait ses habitudes bien ancrées. Elle hésitait à adopter de nouvelles idées ou approches, même si cela signifiait améliorer l’expérience utilisateur et augmenter les ventes. 

Pour être franc, le site du détaillant fonctionnait sur une infrastructure si dépassée qu’ils ne pouvaient même plus ajouter d’articles au catalogue. Un changement était clairement nécessaire, mais les employés du détaillant avaient tellement résisté au changement qu’ils avaient atteint une limite physique qui le rendait incontournable. 

L’agence savait qu’une gestion habile du changement serait cruciale pour la réussite du projet. Elle a commencé par instaurer des relations avec les parties prenantes clés de l’organisation du détaillant. Elle a écouté leurs préoccupations et idées, puis a élaboré de façon collaborative un plan qui tiendrait compte des besoins de tous.

Comme on peut l’imaginer, le démarrage a été plus lent que prévu tant les employés du détaillant refusaient ce changement ! Celui-ci leur était imposé et leur travail acharné était maintenant remis en cause.

L’agence a dû être très prudente dans la façon de critiquer le site existant et a su guider les employés du détaillant à travers une activité visant à identifier les changements nécessaires. 

Ensuite, elle s’est concentrée sur la communication. L’agence a veillé à ce que toutes les parties concernées soient informées de ce qui se passait à chaque étape du projet, y compris les évolutions et modifications. Cela a permis d’instaurer la confiance et la transparence entre les deux équipes. 

Comme pour l’équipe web du détaillant, certains responsables étaient également très attachés à la façon dont le site devait apparaître et fonctionner ; l’équipe de l’agence a donc dû travailler main dans la main avec la direction pour faire avancer les choses. 

L’agence a également assuré la formation et le support tout au long du processus, s’assurant que tout le monde comprenne comment utiliser les nouvelles fonctionnalités et outils du site.

Cela a non seulement permis d’atténuer les peurs liées au changement, mais aussi de responsabiliser les employés, qui ont découvert de nouvelles façons de s’approprier leur travail. Les employés du détaillant ont commencé à maintenir et à ajouter des sections au nouveau site, et enfin, ils ont peu à peu commencé à voir le changement comme une possibilité, peut-être même une opportunité positive.

Au fil du projet, il est devenu évident que les efforts de gestion du changement de l’agence portaient leurs fruits. L’équipe du détaillant a commencé à s’impliquer davantage dans le processus et à contribuer activement à sa réussite. Et au moment du lancement, tout le monde était enthousiaste à l’idée de présenter ensemble leur nouveau site web.

Grâce à une gestion du changement efficace facilitée par l'agence, ce projet de refonte de site web a dépassé les attentes. Il n’a pas seulement amélioré l’expérience utilisateur, mais a également augmenté les ventes pour le détaillant et permis à leur catalogue de se développer en ligne. 

Plus important encore, cela a démontré comment la collaboration et une volonté délibérée de guider et d’influencer à l’aide de méthodes éprouvées de gestion du changement peuvent conduire à des résultats remarquables pour les entreprises, grandes et petites.

Lisez d'autres exemples de gestion du changement ici.

Gestion du changement vs leadership du changement

La gestion du changement et le leadership du changement sont deux concepts distincts qui sont souvent utilisés de manière interchangeable, mais ils ont des significations différentes.

La gestion du changement fait référence aux processus, outils et techniques utilisés pour gérer le changement. Elle implique la planification, la mise en œuvre, le suivi et la direction des changements dans la structure, les processus ou la technologie d’une organisation.

La gestion du changement vise généralement à minimiser la résistance au changement et à s’assurer que les changements soient mis en œuvre sans encombre.

Le leadership du changement consiste à impulser la transformation organisationnelle en inspirant et en motivant les individus à accepter le changement. Le leadership du changement implique de créer une vision stratégique de la transformation, de la communiquer efficacement aux parties prenantes et de leur donner les moyens de s’approprier le processus de changement.

Contrairement à la gestion du changement, qui se concentre sur la gestion de la résistance au changement, le leadership du changement cherche à instaurer une culture d’innovation, d’adaptation et d’amélioration continue.

En bref, la gestion du changement concerne les aspects techniques de la mise en œuvre des changements alors que le leadership du changement vise à inspirer les personnes afin qu’elles portent ces changements et adoptent de nouveaux comportements. Après tout, le changement est un apprentissage, et apprendre c’est changer de comportement. 

Dr. Liz Lockhart Lance

En savoir plus

Le champ du neuroleadership s’intéresse également à aider les chefs de projet et responsables d’équipe à mieux conduire le changement.

Logiciels de gestion du changement

Les chefs de projet ne devraient pas s’attaquer seuls au changement, et surtout pas sans outils ! De bons outils sont essentiels pour une gestion de projet et une planification du changement efficaces (car, bien entendu, ces deux tâches ont énormément en commun !). 

Voici quelques raisons pour lesquelles vous devriez envisager d’utiliser un logiciel de gestion du changement :

  • Un logiciel de gestion du changement peut aider à rationaliser votre processus de gestion du changement en offrant un espace pour gérer tous les aspects du processus au fil du temps, y compris le suivi des 7 R, des changements, des communications, et plus encore. 
  • Un logiciel de gestion du changement peut améliorer la collaboration entre les membres de l’équipe et les parties prenantes. En offrant une plateforme commune pour la communication et la documentation (comme les plans de communication), tous les participants au processus de gestion du changement peuvent rester synchronisés et travailler ensemble plus efficacement.
  • Un logiciel de gestion du changement peut aider à garantir la conformité aux exigences réglementaires ou aux normes sectorielles. De nombreux secteurs sont soumis à des réglementations strictes concernant la gestion, la documentation et l’approbation des changements. Un logiciel dédié peut fournir une traçabilité vérifiable de toutes les modifications apportées aux systèmes ou processus, un point essentiel lors de contrôles de conformité.
  • L’adoption d’un logiciel de gestion du changement permet de gagner du temps et de réduire les erreurs associées aux processus manuels. Le suivi manuel des changements sur des tableurs ou dans des chaînes d’e-mails prend du temps et comporte des risques d’erreurs. Le logiciel automatise de nombreuses tâches, permettant aux chefs de projet de se concentrer sur des missions à plus forte valeur ajoutée.
  • Le logiciel de gestion du changement fournit des analyses précieuses qui peuvent servir à améliorer les démarches futures. En exploitant les données et mesures, comme les taux de succès des changements précédents ou les domaines où la résistance a été la plus forte, les chefs de projet peuvent identifier des axes d’amélioration pour leur approche de la gestion du changement organisationnel.

L’adoption d’un logiciel de gestion du changement permet aux chefs de projet d’optimiser le processus, d’améliorer la collaboration entre les membres de l’équipe et les parties prenantes, d’assurer la conformité réglementaire ou sectorielle, de gagner du temps, de réduire les erreurs liées aux processus manuels et d’obtenir des analyses informant les améliorations futures. 

Si ces avantages ne vous semblent pas pertinents pour votre organisation ou en tant que chef de projet, a) je suis impressionné car cela signifie que vous faites tout cela manuellement et avec précision, b) vous travaillez sûrement trop et vous méritez des vacances. 

Pensez à ces outils de gestion du changement et de gestion de projet pour vous simplifier la vie :

Préparez-vous au changement !

Que vous mettiez en œuvre une nouvelle technologie ou que vous réorganisiez votre structure, une gestion efficace du changement peut faire la différence entre le succès et l'échec.

En comprenant les différents modèles de gestion du changement et en utilisant des outils logiciels pour automatiser et rationaliser le processus, les chefs de projet peuvent s'assurer que les changements sont mis en œuvre de façon fluide et efficace.

À vous de jouer maintenant — quels sont vos modèles de gestion du changement préférés ou les plus efficaces ?

J’ai partagé les miens, maintenant j’aimerais en découvrir de votre part ! Faites-le-moi savoir en commentaire ci-dessous et n’oubliez pas de vous abonner à la newsletter The Digital Project Manager pour rester informé(e) de toute l’actualité sur la gestion de projet digital et le changement.