Les diaporamas ne sont pas prêts de disparaître. Malgré des années de soupirs dans les entreprises, des listes à puces surchargées, et ce fameux « ça aurait pu être un e-mail », les présentations restent au centre de la façon dont les organisations alignent les gens autour d’idées. Et désormais, l’IA investit de plein fouet ce flux de travail.
Dans cet épisode, Galen s’entretient avec Morgan Cornelius, Chief of Staff chez Decky et fondatrice de mrcantile, pour décrypter pourquoi les présentations gardent leur importance, là où la plupart des diapos générées par IA échouent, et comment les équipes peuvent utiliser l’IA comme un partenaire de réflexion collaboratif plutôt qu’une simple machine à produire en masse. Ils explorent la véritable raison d’être des slides — pas transmettre l’information, mais créer une résonance — et analysent ce qu’il se passe quand l’IA lève le goulot d’étranglement de la production tout en laissant aux humains le rôle de réfléchir.
Ce que vous apprendrez
- Pourquoi les présentations dominent encore la communication au travail malgré l’exaspération généralisée face aux diaporamas
- La différence entre communiquer de l’information et créer une résonance avec un public
- Pourquoi la plupart des présentations générées par IA échouent au test de la « confiance humaine »
- Comment utiliser l’IA comme partenaire collaboratif plutôt qu’un raccourci « embellir en un clic »
- La taxe cachée de la présentation que paient les travailleurs du savoir chaque année
- Ce qui se passe lorsque l’IA laisse plus de temps aux équipes pour se concentrer sur la narration, la stratégie et la livraison
- Pourquoi la communication réfléchie — et non le design des slides — devient un vrai facteur de différenciation dans un environnement de travail dopé à l’IA
Points clés à retenir
- Un bon diaporama ne se joue pas au volume. Tout est question d’alignement. Les dirigeants n’ont que rarement besoin d’une thèse complète : ils attendent la version simplifiée qui met tout le monde sur la même longueur d’onde.
- Les slides générées par IA échouent dès qu’elles privilégient l’esthétique à la clarté. Un design « vallée de l’étrange » se repère immédiatement, et dès que le public soupçonne un diaporama d’avoir été fait par une IA, il arrête d’écouter le présentateur.
- Les meilleurs flux de travail avec l’IA imitent la collaboration humaine de qualité. Ce n’est pas le bouton « générer » qui fait la magie, mais les allers-retours : affiner le récit, valider les hypothèses, adapter au public, et façonner l’histoire au fil de l’eau.
- L’uniformité de la marque est plus importante que ce que la plupart des outils IA veulent bien admettre. Les modèles génériques suffisent à des entreprises sans charte graphique, mais les organisations avancées ont besoin d’outils qui s’adaptent à leurs bibliothèques de slides et à leurs modes de communication existants.
- Le travail de présentation est un gouffre opérationnel caché. Morgan a calculé avoir passé l’équivalent de plus de 21 semaines de travail à bâtir des diaporamas rien que durant son passage chez Yelp. Le plus grand intérêt de l’IA est peut-être simplement de rendre ce temps aux équipes.
- L’avenir des présentations n’est sans doute pas moins de slides, mais moins de mauvaises slides. À mesure que l’IA gomme les frictions de mise en forme, la qualité de la réflexion, de la narration et de la prestation devient beaucoup plus visible.
- La vraie valeur de l’IA pour les présentations ne consiste pas à remplacer la communication humaine. Elle réside dans la possibilité de libérer du temps pour répéter la prise de parole, affiner les idées, et mieux connaître son public plutôt que de déplacer des boîtes de texte à l’infini.
Chapitres
- 00:00 — Pourquoi les slides comptent toujours
- 02:56 — Présentation de Morgan Cornelius
- 04:27 — PowerPoint est-il en train de mourir ?
- 07:06 — Résonance plutôt qu’information
- 10:04 — Qu’est-ce qu’un bon diaporama ?
- 12:25 — IA « slop » et mauvaises slides
- 18:13 — Utiliser l’IA pour créer des diaporamas
- 22:03 — Présentations internes et externes
- 29:27 — La collaboration humaine compte
- 35:33 — Réutiliser les diaporamas avec l’IA
- 37:54 — Faire des rétrospectives des diapos pour les dirigeants
- 42:01 — Conseils pour de meilleurs slides IA
- 44:13 — La taxe de la présentation
- 45:33 — L’avenir de la présentation
- 48:29 — Les diaporamas les plus longs à réaliser
- 51:17 — Où retrouver Morgan
Découvrez notre invitée

Morgan Cornelius est la directrice de cabinet chez Decky et la fondatrice de mrcantile, où elle se consacre à la mise en place de systèmes, d’opérations et d’initiatives stratégiques permettant aux organisations de se développer avec clarté et intention. Avec une expérience couvrant les opérations commerciales, les partenariats, la création de communautés et l’entrepreneuriat créatif, Morgan adopte une approche réfléchie et centrée sur l’humain dans la direction et l’exécution. Elle est passionnée par l’accompagnement des équipes afin qu’elles travaillent plus efficacement à l’intersection de la stratégie, de la culture et de l’innovation, tout en défendant une croissance durable et une collaboration significative au sein des organisations modernes.
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Galen Low : Les présentations ne servent pas à transférer mécaniquement de l’information dans l’esprit des gens. Elles servent à faire résonner un concept. C’est d’ailleurs ce que la majorité des gens comprennent mal lorsqu’ils tentent d’externaliser leurs supports de présentation à l’IA et sont déçus par les résultats. Franchement, c’est aussi ce que les personnes se trompent lorsque qu’elles demandent à leurs équipes de design de simplement rendre les slides plus jolies.
Mais, à mesure qu’il devient crucial de faire adhérer les gens à une idée plutôt que de les condamner à mourir d’ennui devant un PowerPoint, l’IA pourrait bien être la seule chose capable de nous faire avancer au rythme qu’on exige de nous. Alors, comment utiliser l’IA pour optimiser la manière dont on crée des présentations efficaces, sans tomber dans le piège de la soupe IA qui trahit la confiance de notre audience et empêche notre message d’atteindre sa cible ?
De plus, est-ce que les supports de présentation auront encore de l’importance dans quelques années ? Pour répondre à cette question, j’ai invité une experte en communication, ancienne cheffe de projet, aujourd’hui en première ligne du développement d’un outil IA nouvelle génération de création de présentations. Nous allons plonger dans la bonne façon d’utiliser l’IA pour les présentations, comment éviter la vallée dérangeante qui fait fuir les gens, et à quoi ressemblera peut-être notre futur quand on économisera des centaines d’heures en préparation de slides. Bonne écoute de l’épisode !
Bienvenue sur le podcast The Digital Project Manager—le show qui aide les responsables de la livraison à travailler plus intelligemment, à fluidifier l’exécution, et à guider leurs équipes avec assurance à l’ère de l’IA. Je suis Galen, et chaque semaine on décortique des stratégies concrètes, des tendances émergentes, des cadres de référence éprouvés, et parfois quelques anecdotes de terrain. Que vous menez d’importantes transformations, que vous gériez des workflows IA, ou que vous essayiez juste de garder le chaos sous contrôle, vous êtes au bon endroit. Allons-y.
Aujourd’hui on va parler de deux de mes sujets préférés : les supports de présentation, et l’IA. Mais alors que je pense et je rêve en PowerPoint, la majorité des gens détestent créer des présentations, sont mauvais pour en faire, ne supportent pas celles des autres, ou tout ça à la fois.
On va donc discuter de l’aide que peut apporter l’IA. On va couvrir comment elle peut se révéler un partenaire conceptuel efficace pour vous épargner la corvée de création de slides, comment les humains peuvent éviter de générer des présentations IA bâclées, et pourquoi la mort par PowerPoint disparaîtra peut-être du paysage. Avec moi aujourd’hui, Morgan Cornelius, Chief of Staff chez Decky et fondatrice du cabinet de conseil en marketing B2B, mrcantile.
Morgan défend les petites entreprises, construit des communautés, et dirige des produits marketing depuis 15 ans. Elle a été recrutée par Yelp, Instagram et Twitter pour lancer leurs communautés TPE, pilotant la stratégie, l’exécution et la gestion de projet de bout en bout. Après avoir passé des années à développer et soutenir les entrepreneurs sur certaines des plus grandes plateformes au monde, elle a lancé sa propre agence marketing, mrcantile.
Récemment, elle a apporté cette expertise à Decky, constructeur de présentations IA, où elle pilote la stratégie go-to-market en tant que Chief of Staff. C’est le genre de personne qui ne se contente pas de bâtir une stratégie : elle exécute, coordonne, veille à la livraison, et s’assure que le support a de l’allure au moment de présenter. Ah, et elle fait un pain au levain exceptionnel.
Morgan, merci d’être avec moi aujourd’hui.
Morgan Cornelius : Ravie d’être là, Galen ! Je sens qu’on partage une passion commune pour les supports de présentation. C’est un vrai plaisir d’être ici.
Galen Low : Oui, on va entrer sérieusement dans le sujet des slides, désolé (ou de rien !) aux auditeurs !
Franchement, c’est un sujet qui me tient vraiment à cœur. Je le disais plus tôt : j’adore les slides, PowerPoint, Keynote, Google Slides… c’est mon terrain de jeu. C’est ma façon de transformer le travail quotidien en espèces de petits livres pour enfants farceurs. Mais pour la plupart, c’est une corvée.
Souvent, on passe un temps fou à créer une présentation puis à l’adapter pour une autre audience, puis à la mettre à jour, etc. Je suis donc impatient de discuter de l’état des supports de présentation en entreprise, et aussi de les regarder sous l’angle de l’IA.
J’espère qu’on abordera plein de sujets, mais au cas où, voici le plan que j’ai prévu : d’abord, je veux t’envoyer une grosse question poilue (celle que mes auditeurs veulent que tu traites !), puis on élargira pour parler de trois points :
Premièrement, je voulais aborder pourquoi les présentations sont encore importantes aujourd’hui, et pourquoi certaines sont meilleures que d’autres. Ensuite, j’aimerais étudier un cas d’usage où on utilise l’IA pour construire ou adapter une présentation sans qu’elle devienne insipide—où est l’équilibre entre l’expertise humaine et l’efficacité de l’IA ?
Et enfin, j’aimerais avoir ton avis : est-ce que les supports de présentation auront encore de l’importance d’ici trois à cinq ans, ou seront-ils juste présentés par des robots à d’autres robots ? Ça te va ?
Morgan Cornelius : Parfait, allons-y !
Galen Low : Super. Je commence directement par la fameuse question :
La plupart des gens trouvent la création et le visionnage de slides insupportables. Pourtant, c’est le moyen prédominant de présenter de l’information dans la majorité des entreprises que j’ai croisées. Avec l’IA dans la boucle, j’observe que certaines entreprises progressistes s’en éloignent, au profit de formats plus « compatibles LLM » comme Markdown ou Notion.
Alors je te pose la question : est-ce que PowerPoint vit ses derniers jours comme moyen de communiquer des idées au travail ?
Morgan Cornelius : Excellente question. Je dirais non, pas vraiment, et principalement parce que même si les documents Markdown ou Notion sont utiles, la présentation demeure l’outil visuel n°1 pour garder l’attention d’un public pendant vingt minutes de discours.
Notre analyse du marché des outils de présentation a révélé que PowerPoint et Google Slides occupent à eux seuls 90 % du marché américain. Ça ne va donc pas disparaître : c’est là pour durer !
En réalité, il faut savoir comment intégrer l’IA dessus pour qu’elle travaille plus vite et plus intelligemment pour nous.
Galen Low : J’aime l’aspect support visuel. Honnêtement, si tu m’envoies un document Notion à rallonge, mes yeux décrochent. Je me dis : « Est-ce que je ne pourrais pas en faire un diaporama et me le faire lire ? » Encore ce côté livre pour enfants du travail quotidien…
Morgan Cornelius : Ou bien, si tu es chef de projet et que tu partages quelque chose à la direction, les dirigeants n’ont besoin que des informations clés, pas tout le roman sur ce qui se passe !
Donc … avoir une version en slides qu’on peut distribuer à ceux qui ont juste le « besoin de savoir », ça fait toute la différence, et c’est une raison de plus.
Galen Low : C’est l’art de l’épure ! Dans une grande société de conseil, on nous apprenait « cool, 40 slides ? Tu dois synthétiser ça en deux, dont une à présenter au PDG client. » Et on devait faire avec…
Morgan Cornelius : Il faut peser chaque mot et chaque visuel, vraiment !
Galen Low : Carrément un art ! Zoomons un peu : tu as eu beaucoup de rôles où il fallait communiquer de façon claire et efficace.
Au départ, tu étais cheffe de projet, et aujourd’hui, Chief of Staff—deux fonctions qui parlent à mon public de « gros doers ». Pourquoi les supports de présentation sont-ils importants dans ton travail ? Quelle est leur véritable utilité, et pourquoi ne pas simplement envoyer un mail ?
On en a déjà parlé, mais je t’écoute.
Morgan Cornelius : Tout au long de ma carrière, que je pilotais un projet ou que je dirigeais une communauté auprès d’équipes internes et externes, la façon de transmettre ce que tu veux réaliser, ce dont tu as besoin pour embarquer tout le monde, ça passe par une communication captivante pour que les gens aient cette réaction de « ok, j’ai compris, ça me parle, ça m’est utile ».
Assez tôt, j’ai eu la chance de découvrir le livre « Resonate » de Nancy Duarte : il traite de l’importance des slides et de l’articulation du discours avec une illustration visuelle qui parle directement à l’audience (Galen, l’équipe commerciale, ou la direction).
Savoir être versatile là-dessus, l’ajuster selon le contexte et l’auditoire, c’est ce qui m’a permis de passer de chef de projet débutante à Chief of Staff dans une start-up.
Galen Low : Le concept de « résonance » est top ! Certains savent écrire le message parfait… Mais obtenir l’alignement de la salle (des gens qui hochent la tête), c’est une forme différente de communication que la lecture ou l’image seule.
C’est une cohésion : ce qui fait d’ailleurs avancer notre carrière. Si les messages résonnent, si on pense à l’audience, si on distille l’essentiel sans noyer les gens sous l’info, tout change. Beaucoup arrosent encore à l’excès, mais ce n’est pas le but !
L’objectif c’est cette résonance qui fait que les gens se sentent concernés, qu’ils sont d’accord, ou au moins qu’on leur donne droit de parole. La fameuse mort par PowerPoint, c’est « les questions à la fin, désolé on n’a plus le temps car on a déroulé tout ce que vous auriez pu lire… »
Morgan Cornelius : Exactement ! En créant la résonance, tu embarques les gens dans la vision. C’est un feedback non-verbal qui dit qu’ils comprennent (par les hochements de tête), ce qui serait impossible par mail (sauf à, hum, espionner la caméra de leur ordi, là ce serait inquiétant…). Le support visuel puissant, c’est un grand avantage !
Galen Low : Tellement vrai ! Tu sais, les vidéos où des gens réagissent à des vidéos ?
Morgan Cornelius : Oui !
Galen Low : On pourrait avoir la version « Je réagis à ton mail ». Meh…
Morgan Cornelius : Exactement !
Galen Low : Bon, c’est une bonne transition. Pour toi, c’est quoi une bonne présentation ? Et après, j’inverserai la question !
Morgan Cornelius : Plusieurs choses font une bonne présentation : ce que tu dis doit être soutenu haut niveau par le visuel. Les slides ne doivent PAS être un bloc de texte d’un bout à l’autre : ça fait décrocher. Trop de graphismes, de couleurs hors charte, ou un style trop chargé font perdre les gens. Les designers s’agaçent vite aussi !
Il faut donc rester épuré, fidèle à la marque. Du texte succinct, l’essentiel. L’idéal, c’est la version « direction » adaptée à l’auditoire. Les visuels forts aident, mais rien d’encombrant. À l’inverse, ce qui rend un support mauvais, c’est la complexité inutile.
Beaucoup d’outils IA de présentation tombent dans ce piège : une photo, un fond cryptique, une couleur de marque bizarre… Au final, on ne sait plus où regarder, ni suivre le propos. C’est du bruit, et c’est tout l’inverse d’une bonne présentation.
Galen Low : Je ressens souvent ça avec certains outils IA : le côté « soyez absolument créatifs et drôles », sauf que ça ne colle pas toujours… J’ai vu d’excellentes présentations avec des memes hilarants bien placés, mais tout est une question de curation ! Comme tu l’as dit, il faut adapter le message à l’auditoire.
Parfois, c’est mon manque de briefing ou d’informations sur l’audience qui pose souci, et certains outils ne demandent même pas pour qui c’est. Juste « embellis-moi ça » : c’est souvent décevant.—Au fond, le template de la charte graphique reste très bien…
Morgan Cornelius : Oui, et c’est là que ça coince : ChatGPT, Claude, etc., sont d’excellents partenaires pour esquisser la structure d’un support. Mais une fois converti en slides, tout se perd dès qu’on clique « Générer ». Le vrai plus, c’est l’intervention humaine tout au long du processus, et c’est le parti pris de Decky.
On vous propose d’importer le template marque, on vous montre les grandes lignes, vous pouvez intervenir, approuver ou contester les données, puis finaliser sur un support totalement éditable.
On a le meilleur des deux mondes : continuité de la marque ET contrôle de la qualité à toutes les étapes, pas juste du « rends ceci joli » sans savoir à quoi s’attendre !
Galen Low : Complètement d’accord. Ces outils miment un dysfonctionnement classique du design en entreprise : « Tu penses que c’est fini ? File ça à l’équipe design, dis “rends ça joli”, et hop ! ». Mais ce n’est pas un partenariat. Dans les agences ou grandes structures, c’est souvent : « Le support est prêt, mais moche. Embellis-le, on le présente demain ».
En fait, le design, c’est un langage qui doit toucher une audience précieuse, et ça ne se fait pas en un clic. C’est un art, tout comme le pitch ou la présentation elle-même. L’imitation de la vie réelle par l’IA, parfois, c’est frappant : le bouton « rends plus joli », c’est exactement l’attente injuste envers les designers !
Morgan Cornelius : Oui ! L’adoption des outils IA a explosé dernièrement, surtout en entreprise. Mais on ne prend jamais un livrable IA tel quel sans retouche avant de le présenter. L’humain le détecte immédiatement, c’est aussi vrai pour les slides !
Les éléments visuels disent tout : on voit tout de suite si on a affaire à une présentation IA ou non. Et il faut que ça paraisse humain, sinon l’auditoire décroche et ne vous écoute plus : « Ah, Galen n’a pas passé beaucoup de temps là-dessus… »
Galen Low : Exactement : la vallée dérangeante qui casse la confiance. Tout le monde utilise la technologie, tout le monde y est poussé, mais dès qu’elle transparaît, on décroche. Mal écrit, mal orthographié—c’est fini, la confiance. Comme dans un film aux mauvais effets spéciaux : l’immersion s’effondre !
Et comme tu as dit, ce n’est pas l’art qui disparaît, il reste ! Ce n’est pas fini quand la machine te renvoie le support. C’est une partie du processus, pas une corvée supplémentaire.
Je suis curieux de Decky, dédié à ce secteur : il existe d’autres outils (Miro IA, Figma, Canva), mais tous ne convainquent pas. Souvent, ce n’est pas la techno qui manque, c’est la pédagogie sur le bon usage.
La mauvaise relation avec les designers a formaté notre façon d’aborder l’IA dans la création de support. Peux-tu me montrer la bonne méthode pour utiliser l’IA dans ce contexte ? Exemples, avantages, freins ?
Morgan Cornelius : Laisse-moi d’abord rebondir sur le fait que beaucoup de générateurs IA partent du postulat « on va vous créer un support si vous n’avez pas de charte de marque ». Cela fonctionne quand on n’a aucune identité graphique définie. Pour ceux (comme Decky) qui veulent respecter la charte et accélérer la création tout en gardant le contrôle humain à chaque étape, on a retourné la logique.
Je peux te montrer concrètement : admettons que tu veux transformer une présentation interne en pitch externe pour un partenariat entre The Digital Project Manager (toi) et CMX (une communauté mondiale de pros du community management). Je prends ton support de référence, je le téléverse dans ta bibliothèque Decky, et je lance la requête « transforme ce business case interne en pitch externe pour CMX ».
L’IA recherche infos sur les deux structures, puis t’interroge sur l’audience cible, l’angle, l’action attendue, la longueur souhaitée du support, etc. Rien que ce processus d’interview avec suggestions est une co-construction.
Ensuite, Decky te propose d’approuver les sources/faits qu’elle va intégrer (chiffres du Talent Gap PMI, etc.). Tu peux valider, modifier, détailler chaque data. Tu peux aussi éditer le résultat final dans Google Slides ou PowerPoint, rien n’est figé ! Et la présentation respecte ta marque (polices, couleurs…).
Galen Low : Très impressionnant—on parle vraiment d’accompagnement et non de simple génération automatique ! J’aime beaucoup le fait que l’IA analyste ton historique de slides pour coller à ta patte.
Morgan Cornelius : Absolument. En quinze minutes, tu as un beau support où tu gardes la main. Tu passes plus de temps sur le contenu stratégique et beaucoup moins sur la mise en forme.
Galen Low : La vraie réponse au « comment éviter les slides IA bâclées » ? Collaborer véritablement ! Le processus de feedback humain est au cœur. Et pouvoir éditer dans ton outil préféré est essentiel.
Morgan Cornelius : Sinon les retours sont vite frustrants, et tu finis par te dire : « tant pis, ça suffit comme ça »… c’est là où la médiocrité arrive—notamment à cause d’un process trop contraignant.
Galen Low : Exactement : au final, tu abandonnes ou recommences toi-même… D’où l’intérêt d’avoir l’humain au centre !
Morgan Cornelius : Chez Decky, on commence toujours par un support de référence, d’où la qualité du rendu. On peut ensuite traiter des cas comme transformer un pitch en brief interne ou en restitution post-rétro, toujours via quelques questions pour coller à l’audience concernée.
Par exemple, pour un compte-rendu de rétro : Decky extrait les notes brutes, propose une synthèse claire avec éléments graphiques adaptés, et cite les sources si besoin.
Galen Low : C’est fidélisé à ma façon de procéder—le traffic light, les syntèses, la déclinaison vers différents publics… C’est exactement la réalité du quotidien : produire, adapter, reformuler pour des stakeholders internes ou externes. Ça économise clairement des heures !
Morgan Cornelius : On peut même charger tes templates fun (pirate, etc.) pour des usages internes ludiques… puis garder des versions sérieuses pour la direction !
Galen Low : La bibliothèque pirate Decky… J’adore !
Morgan Cornelius : C’est globalement ça les use-cases principaux pour ton audience : passage interne/externe, synthèse rétro…
Galen Low : Pour les gens qui veulent tenter eux-mêmes l’IA avec d’autres outils, quels conseils : questions à se poser, écueils à éviter ?
Morgan Cornelius : En dehors de Decky, attention premièrement au respect de la charte graphique (couleurs, polices, thèmes). Occupez-vous d'être très spécifique dans la consigne : « rendre joli » ne suffit jamais. Précisez l’audience, l’objectif final, les présentateurs, le type de data à inclure. Plus vous êtes précis, plus le rendu initial sera qualitatif, même si des retouches seront de toute façon nécessaires !
Galen Low : J’ai le même constat : prompts et feedback humain sont nécessaires, mais parfois c’est la marque qui coince et on doit tout refaire. Bref, on n’a pas encore tous les réflexes, mais c’est en pratiquant et en choisissant les bons outils qu’on y arrivera.
Morgan Cornelius : Complètement d’accord. D’ailleurs, si je fais le calcul, rien qu’à Yelp, quatre prez par mois x quatre ans x quatre heures… ça fait plus de 860 heures, soit 21 semaines ! Le futur de l’IA va faire disparaître ce « deck tax ». Il ne restera plus d’excuse pour des présentations vite faites. Toute la valeur sera dans la réflexion et la pertinence du contenu. C’est un tournant passionnant pour notre métier.
Galen Low : Où investir ce temps gagné grâce à l’IA ?
Morgan Cornelius : L’idéal, c’est pouvoir consacrer 90 % du temps à la pertinence et à l’ajustement du contenu (au lieu de 60 % avant). L’avenir, ce ne sont pas moins de slides, mais plus aucune mauvaise slide ! Et des messages qui résonnent encore mieux.
Galen Low : C’est la fin de la friction, mais l’humain reste l’élément stratégique. La communication persuasive est un art qui progresse sans cesse.
Morgan Cornelius : Tout à fait ! Et du coup tu gagnes du temps pour répéter et te concentrer sur la prise de parole, ce qui fait souvent défaut à cause du stress des slides jusqu’à la dernière minute…
Galen Low : Complètement d’accord.
Morgan Cornelius : Oui, c’est ainsi que je vois évoluer notre métier !
Galen Low : Merci Morgan pour ta disponibilité. J’ai adoré notre échange ! À ton tour, une question pour moi ?
Morgan Cornelius : Oui ! En faisant mes calculs, je me demande : quel est le plus long temps que tu as passé à construire une seule présentation ?
Galen Low : Ohlala… Si on compte une conférence, j’ai déjà passé quasiment trois semaines pleines sur une seule présentation, sans compter la gestation avant les slides proprement dits ! Cent heures, facile. C’est un processus très solitaire, parfois même angoissant avant la conférence, car on finit les répétitions à la dernière minute, au détriment de la préparation à l’oral… ça peut représenter une part immense du temps professionnel, aux côtés des réunions !
Morgan Cornelius : Merci de le partager, je m’y retrouve complètement !
Galen Low : Pour ceux et celles qui veulent en savoir plus sur toi, Decky ou mrcantile : où peut-on te retrouver ?
Morgan Cornelius : Le plus simple c’est LinkedIn (Morgan R. Cornelius), même pseudo sur Instagram. Si vous souhaitez tester Decky Pro un mois gratuitement, utilisez le code promo deckydpm sur decky.ai.
Galen Low : Super merci ! J’ajouterai les liens et le code promo dans les notes de l’épisode. Merci pour tout, c’était très sympa !
Morgan Cornelius : Merci à toi Galen !
Galen Low : C’est la fin de cet épisode du Podcast The Digital Project Manager. Si vous avez apprécié, abonnez-vous sur la plateforme de votre choix. Pour plus de conseils pratiques ou de cas concrets, créez un compte gratuit sur thedigitalprojectmanager.com.
À bientôt, merci de votre écoute.
